Fils du patriote corse qui avait vaincu les GĂ©nois en 1734 et Ă©tait devenu ministre des Finances du roi ThĂ©odore avant de finir ses jours exilĂ© Ă  Naples, Pascal Paoli (1725-1807) est officier de l’armĂ©e napolitaine quand, en 1755, les Corses, de nouveau rĂ©voltĂ©s contre la RĂ©publique de GĂȘnes, l’appellent Ă  leur tĂȘte.

Au terme d’une lutte de sept annĂ©es, Paoli, gĂ©nĂ©ral victorieux, donne Ă  ses compatriotes une Constitution fort dĂ©mocratique, fonde la ville de l’Île Rousse, puis dirige l’insurrection, de mai 1768 Ă  juin 1769, contre les forces françaises appelĂ©es au secours par les GĂ©nois. ÉcrasĂ©, il se rĂ©fugie en Grande-Bretagne, oĂč il rĂ©side, lorsqu’à l’automne de 1789, endoctrinĂ©s par HonorĂ© de Mirabeau, les dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e Constituante (l’avatar des États GĂ©nĂ©raux) veulent se faire pardonner « l’injuste conquĂȘte de l’üle » et le rappellent, forçant le roi Ă  en faire un lieutenant gĂ©nĂ©ral, commandant la 23e division militaire
 La repentance n’est pas nĂ©e aux XXe et XXIe siĂšcles !

Les Corses l’élisent gĂ©nĂ©ral de leur Garde Nationale et PrĂ©sident du Directoire dĂ©partemental. Il s’oppose aux « Jacobins » Christoforo Saliceti et Lucien Bonaparte, qui se sentent Français. Il se dit scandalisĂ© de l’exĂ©cution du roi, en janvier 1793, et sabote l’expĂ©dition de Sardaigne, en fĂ©vrier. Il est dĂ©crĂ©tĂ© d’arrestation par la Convention Nationale le 2 avril, puis mis hors la loi le 17 juillet 1793.

Élu « gĂ©nĂ©ralissime » par la Consulta de Corte, le 26 juin, il repousse le faible corps expĂ©ditionnaire dĂ©tachĂ© de l’armĂ©e du Var et, le 6 janvier 1794, il fait appel au gouvernement britannique. Le 21 juin 1794, George III, roi de Grande-Bretagne et d’Irlande devient Ă©galement roi de Corse
 dans les documents officiels, et jusqu’au TraitĂ© d’Amiens, il se proclame Ă©galement roi de France, les Britanniques n’ayant toujours pas digĂ©rĂ© leur dĂ©faite Ă  l’issue de la Guerre de Cent Ans.

Les Corses refusent la domination britannique, d’autant que l’occupant, Ă  juste titre mĂ©fiant, n’a pas octroyĂ© la vice-royautĂ© Ă  Paoli. ManipulĂ© par le clan Pozzo di Borgo, Paoli, symbole vivant beaucoup plus que meneur du jeu politique, sert d’alibi aux indĂ©pendantistes. En octobre 1795, l’armĂ©e française occupant la quasi-totalitĂ© de l’üle, le vieux gĂ©nĂ©ral se rĂ©fugie en Grande-Bretagne, oĂč il meurt en 1807.

Deux siĂšcles plus tard, la question de l’indĂ©pendance de la Corse demeure pendante.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.