Issu d’une famille espagnole fixĂ©e en France, Antoine, François Momoro (1756-1794) est un fils d’immigrĂ©, naturalisĂ© sujet du roi de France. Il est maĂźtre-imprimeur et libraire parisien depuis 1787.

« Patriote » enthousiaste et dĂ©brouillard, ami de Guillaume Brune (typographe, rĂ©volutionnaire exaltĂ© et futur marĂ©chal d’empire), il obtient, l’étĂ© de 1789, le monopole de l’impression des actes de la nouvelle municipalitĂ© de Paris. Avec son ami Brune, il est l’un des membres fondateurs des « Cordeliers » en avril 1790 et l’un des plus actifs membres de l’assemblĂ©e de la section du ThĂ©Ăątre-Français (la 41e). C’est lui qui lance en 1791 le slogan : « LibertĂ©, ÉgalitĂ©, Fraternité ».

Il est arrĂȘtĂ© quelques jours en juillet 1791, aprĂšs la manifestation sanglante du 17, ce qui accroĂźt son prestige aux « Cordeliers ». Il est Ă©lu administrateur du dĂ©partement de la Seine, aprĂšs le 10 aoĂ»t 1792, mais ne parvient pas Ă  se faire Ă©lire dĂ©putĂ© Ă  la Convention Nationale. La Commune de Paris l’envoie en mission en Normandie (automne de 1792), puis en VendĂ©e (printemps-Ă©tĂ© de 1793).

C’est un « ultra-rĂ©volutionnaire » qui prĂŽne la « loi agraire » (la mise en commun des terres arables) et la dĂ©christianisation. Avec « Anaxagoras » Chaumette, il organise la cĂ©rĂ©monie (ou mascarade au grĂ© du lecteur) du 10 novembre 1793, Ă  Notre-Dame de Paris, oĂč sa belle Ă©pouse personnifie la dĂ©esse Raison. Elle reprend le rĂŽle dans quelques autres fĂȘtes rĂ©volutionnaires parisiennes jusqu’au coup d’arrĂȘt du printemps suivant : ces comĂ©dies dĂ©plaisent fort Ă  Robespierre.

Le 4 mars 1794, avec les ambitieux excitĂ©s Charles Ronsin, François Vincent, et Jacques HĂ©bert, il propose aux « Cordeliers » une nouvelle insurrection pour Ă©purer la Convention de ses « traĂźtres ». EffrayĂ© de sa propre audace, il se rĂ©tracte le 7, aprĂšs une semonce du ComitĂ© de Salut Public. ArrĂȘtĂ© dans la nuit du 13 au 14, comme les autres dirigeants des « Cordeliers », il est jugĂ© avec eux par le Tribunal RĂ©volutionnaire, du 21 au 23, et guillotinĂ© le 24 mars 1794.

Fort agitĂ©, il n’avait toutefois Ă©tĂ© violent qu’en paroles.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.