22 juin 2016

L’UE responsable du refroidissement des relations avec la Russie

Par Hans Joachim Froh

 

Rappelons que depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, la Russie connaît la plus longue période de marasme économique, dû pour l’essentiel à la baisse du prix du pétrole, mais aussi aux sanctions économiques de l’Union européenne.

Lors du Forum économique du 17 juin à Saint-Pétersbourg, le Président russe n’a pas manqué de rappeler qu’il « n’avait pas oublié comment tout a commencé » et de redire que « ce n’est pas la Russie qui a provoqué l’actuel effondrement économique ». Vladimir Poutine estime cependant ne pas être rancunier et être prêt à coopérer avec tous les partenaires européens. « Le marché européen est prêt à coopérer avec notre pays. Les hommes politiques européens doivent se tourner vers le commerce, se montrer raisonnables, ouverts d’esprit et flexibles », a-t-il déclaré.

S’agissant des sanctions en cours de l’Union européenne, il n’est pas inutile de rappeler, qu’en plus du tort majeur infligé aux agriculteurs européens et aux entreprises de l’UE, en réaction la Russie avait imposé un embargo sur une série de produits alimentaires en provenance de l’Union européenne en août 2014.

Pour l’heure, il semblerait, selon des sources bruxelloises, que les sanctions économiques arrêtées à la suite de la révolte des pro-russes dans la partie orientale de l’Ukraine et qui ont eu pour effet de déstabiliser le secteur financier russe, pourraient être prolongées par l’Union européenne bien avant la fin de juillet, alors que les sanctions devaient pourtant prendre fin à cette date. C’est pendant le discours du président russe, le 17 juin, que le renouvellement et la prolongation des sanctions pour une année ont été annoncés.

En prononçant son discours, Vladimir Poutine a aussi rappelé qu’il avait pu constater que les hommes d’affaires français et allemands souhaitaient coopérer avec son pays et que la dégradation des relations n’était pas le fait de ce dernier.

Par ailleurs, tout en s’opposant à toute forme de nouvelle « guerre froide », il a reconnu que si les négociations actuelles n’étaient pas faciles, c’était la seule façon de parvenir à une solution acceptable.

Toujours à propos des sanctions, le Premier ministre italien a insisté sur le fait que l’engrenage de représailles a eu des conséquences importantes pour les producteurs européens et qu’avec les sanctions, elles ont eu un impact négatif pour toutes les parties. La veille du discours de Vladimir Poutine, Jean-Claude Juncker a cependant rappelé que les sanctions économiques ne seraient pas levées tant que la Russie n’aurait pas mis en œuvre un accord mettant fin au conflit dans l’Est de l’Ukraine, condamné par l’UE. Il considère que « c’est le seul moyen de reprendre les discussions et de lever les sanctions économiques qui ont été imposées. »

Certains observateurs estiment cependant que la première rencontre entre Jean-Claude Juncker et Vladimir Poutine en Russie, depuis la mise en place des sanctions, permet d’entrevoir un espoir de retrouver des relations commerciales habituelles avec l’UE. Lors de ces manifestations enfin, le président russe a confirmé que la Russie avait surmonté le pire de la crise économique et qu’il avait l’intention de se concentrer sur une reprise de la croissance « excédant les 4 %. »

Rappelons cependant que le PIB russe a chuté de 3,7 % en 2015 et le FMI prévoit que l’économie russe se contractera encore de 1,5 %, avant de connaître une légère reprise en 2017.

Enfin, à propos de la Syrie, le président russe considère qu’il n’est pas souhaitable de remplacer un régime totalitaire par un autre et qu’il convient d’agir par des moyens démocratiques. Si toute procédure de sortie du conflit apparait comme difficile, il considère cependant que le président Assad devait également être impliqué dans la procédure politique, la rédaction d’une nouvelle constitution et la mise en œuvre d’élections parlementaires. Il semblerait que Bachar el Assad y ait consenti, mais sous la protection de l’ONU.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertés n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontés aussi dévouées soient elles… Sa promotion, son développement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nécessitent une équipe de collaborateurs compétents et disponibles et donc des ressources financières, même si EuroLibertés n’a pas de vocation commerciale… C’est pourquoi, je lance un appel à nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prêts à nous aider ; il faut dire qu’ils sont très sollicités par les medias institutionnels… et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertés et eux, c’est assez incompatible !… En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Partager :