18 avril 2020

Le signe indien du quinquennat

Par Georges Feltin-Tracol

Expression d’origine anglaise, le « signe indien » désigne une malédiction, un maléfice, un mauvais sort que des chamanes amérindiens auraient jeté contre les colons européens au moment de la conquête de l’Ouest américain. Vaincu en 1811 par les Étatsuniens à la bataille de Tippecanoe, le chef shawnee Tecumseh, futur allié des Britanniques, aurait formulé une incantation hostile au président des États-Unis : chaque président élu une année se terminant par le chiffre zéro décéderait de manière brutale avant la fin de son mandat renouvelé ou non.

En 1841 meurt de pleurésie le neuvième président William Henry Harrison. Abraham Lincoln est assassiné en 1865. En 1881 voit l’assassinat du vingtième président, James Abraham Garfield. Le vingt-neuvième président, Warren Gamaliel Harding succombe en 1923 d’une apoplexie. Enfin, en 1963, tombe à Dallas John Fitzgerald Kennedy. Quarantième président des États-Unis, Ronald Reagan semble avoir vaincu le signe indien en survivant à l’attentat du 30 mars 1981. Élu en 2000, George W. Bush resta huit ans à la Maison Blanche pour le plus grand malheur de l’Afghanistan, de l’Irak, de l’Iran et du Venezuela.

Lancée par l’ancien chef de l’État français Valéry Giscard d’Estaing, reprise par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin et accepté après une nouvelle volte-face de l’insignifiant Jacques Chirac, la réforme du quinquennat présidentiel est soumise au référendum, le 24 septembre 2000. Si 73,21 % approuvent cette détestable mesure, cet assentiment ne représente que 7 407 697 oui contre 2 710 651 non. Outre 1 940 340 bulletins blancs et nuls, l’abstention s’élève à 69, 81 %, soit 27 880 073 électeurs. Un record ! Dans bien des pays, une si forte abstention aurait provoqué l’annulation du scrutin, pas en France, grande donneuse de leçons démocratiques au monde entier. Le quinquennat imposé aux Français à leur corps défendant n’aurait-il pas suscité à son tour une sorte de « signe indien » ?

En dix-huit ans de pratique quinquennale, force est de constater la brièveté du séjour des élus à l’Élysée. Premier à étrenner le mandat de cinq ans en 2002, Jacques Chirac, malade de ses excès nasaux empoudrés, ne se représente pas en 2007. Son successeur, Nicolas Sarközy, ne fait heureusement qu’un seul mandat, car il perd en 2012. François « Flamby » Hollande renonce à l’automne 2016 à solliciter un nouveau mandat en raison d’une impopularité record largement justifiée. Quant à Emmanuel Macron, quelques commentateurs politiques hardis avancent dès à présent qu’il ne briguerait pas un second mandat en 2022 ou qu’il serait vaincu dès le premier tour… Ces hypothèses audacieuses méritent néanmoins d’être étayées dans les prochains mois.

À cette liste, il faut y adjoindre Georges Pompidou. Le deuxième président de la Ve République décéda au cours de sa présidence alors qu’il s’approchait d’un quinquennat en 1974. D’ailleurs, un an plus tôt, lors d’un message lu au Parlement, il avait suggéré un mandat de cinq ans. Le texte a beau avoir été adopté par les deux chambres, Pompidou renonce finalement à convoquer le Congrès, craignant de ne pas obtenir la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Cette révision constitutionnelle avortée révèle une nouvelle fois Georges Pompidou en vrai « anti-de Gaulle »…

Si le septennat avait été maintenu, la crise économique de 2008 aurait sévi dans les dernières années de la présidence Chirac. Le social-libéral Dominique Strauss-Kahn aurait probablement accédé à la présidence sans connaître le moindre problème hôtelier…

En choisissant cinq ans au lieu de sept ans, les politicards ont grappillé quatre ans, soit un quasi-mandat élyséen. Le quinquennat favorise une rotation plus rapide des titulaires, ce qui tend vers toujours plus d’incompétence et de médiocrité. Le raccourcissement de la durée du mandat du président de la République dévalorise sa fonction, ce que comprennent les Français prêts à user sans modération du « siège éjectable » de l’élection–reine du cirque hexagonal. Dans ces conditions, Emmanuel Macron parviendra-t-il à briser le « signe indien » du quinquennat ? On ne le souhaite vraiment pas.

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