Expression d’origine anglaise, le « signe indien » dĂ©signe une malĂ©diction, un malĂ©fice, un mauvais sort que des chamanes amĂ©rindiens auraient jetĂ© contre les colons europĂ©ens au moment de la conquĂȘte de l’Ouest amĂ©ricain. Vaincu en 1811 par les Étatsuniens Ă  la bataille de Tippecanoe, le chef shawnee Tecumseh, futur alliĂ© des Britanniques, aurait formulĂ© une incantation hostile au prĂ©sident des États-Unis : chaque prĂ©sident Ă©lu une annĂ©e se terminant par le chiffre zĂ©ro dĂ©cĂ©derait de maniĂšre brutale avant la fin de son mandat renouvelĂ© ou non.

En 1841 meurt de pleurĂ©sie le neuviĂšme prĂ©sident William Henry Harrison. Abraham Lincoln est assassinĂ© en 1865. En 1881 voit l’assassinat du vingtiĂšme prĂ©sident, James Abraham Garfield. Le vingt-neuviĂšme prĂ©sident, Warren Gamaliel Harding succombe en 1923 d’une apoplexie. Enfin, en 1963, tombe Ă  Dallas John Fitzgerald Kennedy. QuarantiĂšme prĂ©sident des États-Unis, Ronald Reagan semble avoir vaincu le signe indien en survivant Ă  l’attentat du 30 mars 1981. Élu en 2000, George W. Bush resta huit ans Ă  la Maison Blanche pour le plus grand malheur de l’Afghanistan, de l’Irak, de l’Iran et du Venezuela.

LancĂ©e par l’ancien chef de l’État français ValĂ©ry Giscard d’Estaing, reprise par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin et acceptĂ© aprĂšs une nouvelle volte-face de l’insignifiant Jacques Chirac, la rĂ©forme du quinquennat prĂ©sidentiel est soumise au rĂ©fĂ©rendum, le 24 septembre 2000. Si 73,21 % approuvent cette dĂ©testable mesure, cet assentiment ne reprĂ©sente que 7 407 697 oui contre 2 710 651 non. Outre 1 940 340 bulletins blancs et nuls, l’abstention s’élĂšve Ă  69, 81 %, soit 27 880 073 Ă©lecteurs. Un record ! Dans bien des pays, une si forte abstention aurait provoquĂ© l’annulation du scrutin, pas en France, grande donneuse de leçons dĂ©mocratiques au monde entier. Le quinquennat imposĂ© aux Français Ă  leur corps dĂ©fendant n’aurait-il pas suscitĂ© Ă  son tour une sorte de « signe indien » ?

En dix-huit ans de pratique quinquennale, force est de constater la briĂšvetĂ© du sĂ©jour des Ă©lus à l’ÉlysĂ©e. Premier Ă  Ă©trenner le mandat de cinq ans en 2002, Jacques Chirac, malade de ses excĂšs nasaux empoudrĂ©s, ne se reprĂ©sente pas en 2007. Son successeur, Nicolas Sarközy, ne fait heureusement qu’un seul mandat, car il perd en 2012. François « Flamby » Hollande renonce Ă  l’automne 2016 Ă  solliciter un nouveau mandat en raison d’une impopularitĂ© record largement justifiĂ©e. Quant Ă  Emmanuel Macron, quelques commentateurs politiques hardis avancent dĂšs Ă  prĂ©sent qu’il ne briguerait pas un second mandat en 2022 ou qu’il serait vaincu dĂšs le premier tour
 Ces hypothĂšses audacieuses mĂ©ritent nĂ©anmoins d’ĂȘtre Ă©tayĂ©es dans les prochains mois.

À cette liste, il faut y adjoindre Georges Pompidou. Le deuxiĂšme prĂ©sident de la Ve RĂ©publique dĂ©cĂ©da au cours de sa prĂ©sidence alors qu’il s’approchait d’un quinquennat en 1974. D’ailleurs, un an plus tĂŽt, lors d’un message lu au Parlement, il avait suggĂ©rĂ© un mandat de cinq ans. Le texte a beau avoir Ă©tĂ© adoptĂ© par les deux chambres, Pompidou renonce finalement Ă  convoquer le CongrĂšs, craignant de ne pas obtenir la majoritĂ© qualifiĂ©e des trois cinquiĂšmes. Cette rĂ©vision constitutionnelle avortĂ©e rĂ©vĂšle une nouvelle fois Georges Pompidou en vrai « anti-de Gaulle » 

Si le septennat avait été maintenu, la crise économique de 2008 aurait sévi dans les derniÚres années de la présidence Chirac. Le social-libéral Dominique Strauss-Kahn aurait probablement accédé à la présidence sans connaßtre le moindre problÚme hÎtelier


En choisissant cinq ans au lieu de sept ans, les politicards ont grappillé quatre ans, soit un quasi-mandat Ă©lysĂ©en. Le quinquennat favorise une rotation plus rapide des titulaires, ce qui tend vers toujours plus d’incompĂ©tence et de mĂ©diocritĂ©. Le raccourcissement de la durĂ©e du mandat du prĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©valorise sa fonction, ce que comprennent les Français prĂȘts Ă  user sans modĂ©ration du « siĂšge Ă©jectable » de l’élection–reine du cirque hexagonal. Dans ces conditions, Emmanuel Macron parviendra-t-il Ă  briser le « signe indien » du quinquennat ? On ne le souhaite vraiment pas.

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