Durant les annĂ©es 1780 sq., l’on assista en France Ă  la dĂ©liquescence de l’État, mal administrĂ© par son chef, un excellent homme, cultivĂ©, pieux et bon, mais un ĂȘtre indĂ©cis, faible, vellĂ©itaire : Louis XVI, trop influencĂ© par une Ă©pouse idiote et inculte, futile et dĂ©pensiĂšre. Leur martyre, commencĂ© en aoĂ»t 1792, et celui, plus ignoble encore, de leurs enfants sont dignes de pitiĂ©, mais ne rachĂštent en rien les erreurs commises, que la Nation française paya au prix fort.

Un scĂ©nario identique fut jouĂ© en Russie, lors du rĂšgne dĂ©sastreux d’un tsar imbĂ©cile et inculte, mariĂ© Ă  une hystĂ©rique
 lĂ  aussi, les malheurs de despotes ineptes ne furent rien en comparaison des souffrances inouĂŻes endurĂ©es par le peuple, de 1917 aux annĂ©es 1990.

En dĂ©pit de la guĂ©rilla civile liĂ©e au rĂšglement hypocrite, machiavĂ©lique, de la question algĂ©rienne, oĂč l’une des rares victoires militaires en matiĂšre de guerre coloniale fut bradĂ©e pour des raisons politiciennes, la Ve RĂ©publique avait une certaine tenue lors des dix premiĂšres annĂ©es de son fonctionnement.

Le chef de l’État Ă©tait digne dans sa vie privĂ©e, s’il fut toute sa vie effroyablement sectaire, au point de ne jamais tenter d’unir la Nation. Ni en 1944, ni en 1958, ni en 1962, il ne se donna la peine d’essayer : le bon peuple Ă©tait priĂ© de vĂ©nĂ©rer le chef infaillible, point-barre. Toutefois, l’époque Ă©tait favorable : les progrĂšs techniques (en grande partie hĂ©ritĂ©s des annĂ©es 1940-1958) s’accumulaient, tandis que le chĂŽmage Ă©tait nul du fait d’une croissance économique continue.

Seule la finance cosmopolite tentait de miner l’État, surtout aprĂšs les commentaires dĂ©sabusĂ©s de son chef en 1967. De Gaulle, pour une fois clairvoyant, avait compris qu’à trop humilier les musulmans en soutenant l’État impĂ©rialiste d’IsraĂ«l, l’on risquait de les pousser Ă  utiliser le pĂ©trole comme une arme Ă©conomique : ce fut vĂ©rifiĂ© Ă  partir de 1973.

Entre-temps, la France avait durement payĂ© les prophĂ©ties de son chef. DĂšs la fin de 1967, l’on assistait Ă  une sourde offensive contre le franc, au moyen d’exportations massives de capitaux et de spĂ©culations monĂ©taires. Elles rĂ©vĂ©lĂšrent pleinement leur nocivitĂ© durant le second semestre de 1968, aprĂšs que l’État gĂ©rontocratique ait Ă©tĂ© secouĂ© par la chienlit du printemps.

De 1969 aux annĂ©es actuelles, l’État français a subi une dĂ©tĂ©rioration et dans la dignitĂ© personnelle des chefs dĂ©mocratiquement Ă©lus et dans l’efficacitĂ© gouvernementale. Avec Mitterrand, la France fut vendue au grand patronat multinational et l’État ex-gaullien, fier de son indĂ©pendance et de son originalitĂ©, devint un pion de l’économie globale, un petit Ă©lĂ©ment de la mondialisation de la vie politique et sous-culturelle.

Si Jacques Chirac ne s’est pas associĂ© Ă  la 2e guerre d’Irak, c’est parce que ses compromissions de chef de gouvernement avec Saddam Hussein l’en empĂȘchaient. Fort habilement, la propagande mĂ©diatique masqua une corruption par de beaux arguments humanistes, qui faisaient de la France, dĂ©jĂ  largement envahie de mahomĂ©tans, un pays officiellement sensible aux malheurs des Palestiniens
 chose fort utile, quand on courtise les Ă©mirs du pĂ©trole.

Depuis les annĂ©es 1980, l’État est mis en coupe rĂ©glĂ©e par des coteries qui s’intĂ©ressent davantage Ă  leur enrichissement personnel qu’au Bien commun. Et le phĂ©nomĂšne atteint de nos jours des sommets.

Alors que le chĂŽmage bat, d’annĂ©e en annĂ©e, des records qui ridiculisent par leur ampleur ce que l’on avait connu dans les annĂ©es trente de funeste mĂ©moire, alors que la France est envahie d’allogĂšnes violents au point que deux milliers de citĂ©s de non-droit dĂ©shonorent le sol français et que les trafics d’armes et de stupĂ©fiants n’ont jamais Ă©tĂ© aussi florissants, alors que les Français autochtones souffrent d’insĂ©curitĂ© permanente agrĂ©mentĂ©e d’attentats terroristes plus meurtriers que nos routes et autoroutes en un week-end chargĂ©, nos excellences affichent leurs scandales sexuels et financiers, se bornant, en contrepartie de trĂšs hauts revenus puisĂ©s dans les caisses de l’État, Ă  mener une politique dictĂ©e par les groupes multinationaux.

Plus que jamais, la politique française affiche une corruption diffuse, non seulement à Paris mais aussi en province, dans les partis de gouvernement comme dans la haute administration.

InefficacitĂ©, inaptitude Ă  gouverner, corruption et comportement de dĂ©bauchĂ©(e)s, la Ve RĂ©publique agonise dans la pourriture et l’ineptie. Le rĂ©gime se meurt, Ă  l’instar des monarchies française ou tsariste, des satrapies communistes et des dictatures du Tiers-Monde. Aux Français d’en tirer les conclusions logiques.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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