Princesse de la branche cadette de la famille royale de Piémont-Sardaigne, Marie-Thérèse Louise de Carignan-Savoie, princesse de Lamballe, (1749-1792) devient française par son mariage, en 1767, avec Louis-Alexandre de Bourbon-Lamballe (1747-1768), fils très débauché du très pieux et très charitable duc de Penthièvre, lui-même prince du sang, fils de Louis de Bourbon, comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV.

Le duc de Penthièvre, né en 1725, passera les années terribles sans être inquiété, étant protégé par l’affection et la vénération de ses paysans, jusqu’à sa mort par maladie, survenue le 4 mars 1793… les révolutionnaires profanèrent sa tombe le 29 novembre suivant.

La princesse de Lamballe devient veuve, non éplorée et sans descendance, un an après son mariage. Elle est nommée Surintendante de la Maison de la reine en 1775. Admise dans la Franc-maçonnerie en 1777, elle devient, l’année 1781, la Grande-maîtresse des « loges d’adoption » féminines, affiliées au Grand Orient… qui n’est pas encore l’officine athée, haineusement anticatholique, qu’elle deviendra sous la IIIe République.

Elle émigre en Allemagne et réside à Aix-la-Chapelle, durant l’été et l’automne de 1791, mais revient partager le sort de son amie, la reine. Emprisonnée à La Force, le 10 août 1792, elle refuse de calomnier le couple royal. Elle est assassinée le 3 septembre. Son cadavre est décapité et sa tête promenée au bout d’une pique, du Temple jusqu’au Palais Royal, mais pas cannibalisé comme le veut une légende : le corps et la tête sont amenés vers 19 heures à la section des Quinze-Vingts et enterrés, en début de nuit, au cimetière des Enfants trouvés (le procès-verbal, établi le lendemain, par le Comité civil et de police de la section est toujours consultable).

Les rumeurs malveillantes de la cour et de la ville la disaient lesbienne, la surnommant la « Sapho de Trianon », mais la propagande politique fut rarement plus calomniatrice et ignoble que durant les années du règne de Louis XVI.