Officier bavarois qui s’est distingué au service du roi de Prusse, durant la Guerre de Sept ans, Nicolas de Luckner (1722-1794) passe au service du roi de France en 1763, avec le grade de lieutenant général ; il est créé baron en 1778.

Commandant les troupes de Lorraine, il fait serment de fidélité à l’Assemblée Constituante (l’avatar des États Généraux) en juillet 1791, après la ridicule équipée de Varennes. Élevé à la dignité de maréchal de France le 28 novembre 1791, il est nommé commandant de l’armée du Rhin à la déclaration de guerre et le monarchiste Claude Rouget « de Lisle » lui dédie, en avril 1792, son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui sera renommé Marseillaise, durant l’été, après la chute de la monarchie.

Nommé chef de l’armée du Nord, en mai, il vient avec La Fayette assurer les députés de l’Assemblée Législative de la fidélité des troupes à la personne du roi, en juillet 1792, ce qui le rend suspect, alors même qu’il remporte deux victoires en août face aux Autrichiens. Rappelé à Paris, il est nommé, le 1er septembre 1792, commandant du camp de Châlons, où l’on instruit l’armée de réserve, puis placé en non-activité. Jugé par le Tribunal Révolutionnaire, sans autre raison que ses origines étrangères et aristocratiques, il est guillotiné le 4 janvier 1794.

Son arrière-petit-fils, Felix (1881-1966), sera le plus brillant commandant de navires corsaires allemands durant la Grande Guerre.