La coalition fédérale actuelle, dirigée par le libéral francophone Charles Michel, issue des élections législatives du 25 mai 2014, associe les libéraux francophones (MR) à trois partis néerlandophones : le parti chrétien-démocrate (CD & V), le parti libéral (Open VLD) et… le parti séparatiste de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA).

Ainsi, Jan Jambon, du N-VA, est Vice-Premier ministre, ministre de l’intérieur, des grandes villes et de la régie des bâtiments ; d’autres membres du parti sont ministres ou secrétaires d’État fédéraux. Cette coalition de droite a renvoyé, pour la première fois, le PS francophone dans l’opposition.

Enfin, le parti flamand concurrent en perte de vitesse électorale, le Vlaams Belang (VB) n’a jamais été considéré comme un parti favorable à la construction européenne. Sa campagne, lors des élections législatives de 2014, reprend un slogan popularisé par l’ex-premier ministre britannique, Margaret Thatcher, plus connue par son « euroscepticisme » que son intérêt pour la construction européenne, qui lançait d’ailleurs aux institutions européennes : « I want my money back » (s’agissant, bien évidemment, de l’argent versé par les Britanniques à la Communauté européenne).

Le VB, sur cette ligne eurosceptique, communique sur le thème « Rendez-nous notre argent » (en flamand dans le texte) s’adressant à la fois aux contributions flamandes à la politique d’immigration et à la crise de l’euro vis-à-vis de l’Union européenne, ou encore les transferts vers la Wallonie. Or, la position « flamingante » de la N-VA n’exclut pas, au contraire, le souhait du maintien dans l’Union.

Pour Bart de Wever, le bourgmestre d’Anvers et toujours dirigeant du N-VA, aucun doute n’est plus permis : « Les Flamands ont fait le choix du changement » et quel changement évoque-t-il ? Celui d’une « Belgique confédérale », c’est-à-dire d’une confédération de plusieurs États souverains et non plus d’une fédération d’entités territoriales dénuées de la souveraineté étatique.

Bart de Wever ne remet nullement en cause le caractère européen de l’entité belge, confédérée ou non. Pour lui, la Belgique va disparaître de manière naturelle, laissant ses pouvoirs à la fois à l’Union européenne et aux États fédérés la constituant.

La question du maintien de la royauté, qui ne se pose pas en Écosse, se posera également puisque le VB, comme la N-VA, prônent l’instauration d’une république flamande. Ce positionnement entraîne, de facto, l’opposition du nouveau Roi Philippe, monté sur le trône le 21 juillet dernier, date de la fête nationale Belge, à la suite de l’abdication de son père Albert II, qui participa, au-delà de son rôle symbolique constitutionnel, à la formation d’une coalition excluant la N-VA.

Le Roi reste, pour les Belges attachés à l’union, le symbole du refus de l’éclatement territorial, de son « évaporation » naturelle, pour reprendre un slogan cher au leader de la N-VA, Bart de Wever.

Outre la représentation par la distinction linguistique et une histoire somme toute récente, la Flandre s’identifie aussi, et surtout, à travers son volet économique comme nous l’avons précédemment indiqué. Les transferts financiers, de la Flandre vers la Wallonie, sont estimés, par de nombreux citoyens flamands, comme trop élevés et l’on retrouve, ici, l’antagonisme économique entre régions riches et régions appauvris, que l’on a rencontré entre l’Écosse et l’Angleterre et surtout entre l’Italie du nord et le Mezzogiorno, et que l’on retrouvera, de manière flagrante, en Espagne.

Meilleures performances économiques et allégement de la fiscalité ne sont-ils pas les meilleures valeurs des séparatismes et, par là même, les vecteurs essentiels de leurs réussites électorales respectives ?

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