Le 18 mars, la Russie a réélu Vladimir Poutine pour la quatriÚme fois, non consécutive, à la Présidence de la Fédération de Russie. Avec plus de 75 % des voix et une participation de prÚs de 70 %.

Si son Ă©lection Ă©tait prĂ©visible, un faible taux de participation Ă©tait attendu comme le symbole espĂ©rĂ© d’un dĂ©saveu. Les commentateurs ont Ă©tĂ© encore déçus.

Vladimir Poutine s'adresse à ses partisans à l'extérieur du Kremlin.

Vladimir Poutine s’adresse Ă  ses partisans Ă  l’extĂ©rieur du Kremlin.

D’ailleurs que n’a-t-on pas entendu de la part de l’ensemble de ces commentateurs français unanimes : candidats « fantoches » d’aprĂšs le Huffington Post, Ă©lections truquĂ©es, mĂ©thodes « à la soviĂ©tique », dictature grossiĂšrement camouflĂ©e, tous nos intellectuels, officines de politologues, professeurs Ă  Sciences Po, chercheurs au CNRS, autant d’opinions objectives comme chacun sait, se sont dĂ©chaĂźnĂ©s sur toutes les ondes radios et les chaĂźnes d’information, BFM en tĂȘte. Aucune analyse mĂȘme un peu diffĂ©rente n’a Ă©tĂ© exprimĂ©e. LibertĂ© d’expression donc.

D’autant que cette Ă©lection s’est dĂ©roulĂ©e sur le fond de l’affaire de l’empoisonnement au Novitchok, substance mystĂ©rieuse, de l’ancien agent russe Serguei Skripal Ă  Londres. Et de nous rappeler qu’il est le quatorziĂšme en dix ans Ă©liminĂ© de maniĂšre suspecte Ă  Londres, aprĂšs entre autres Alexander Litvinenko, un autre transfuge du KGB, empoisonnĂ©, lui, au polonium.

Cette affaire opportune a permis de relancer une nouvelle campagne anti-Poutine. Cet environnement de retour Ă  une guerre froide larvĂ©e n’a certainement pas Ă©tĂ© Ă©tranger Ă  la mobilisation des Ă©lecteurs pro-Poutine, exaspĂ©rĂ©s par les attaques incessantes de l’Occident contre la Russie. RĂ©flexe national et identitaire somme toute bien comprĂ©hensible. Notons que le vote des Russes Ă  l’étranger, et notamment en France, a Ă©tĂ© encore plus massivement favorable Ă  Poutine. De quoi inquiĂ©ter les esprits chagrins !

AprĂšs la GĂ©orgie, la TchĂ©tchĂ©nie, la lutte des russophones d’Ukraine, la rĂ©intĂ©gration de la CrimĂ©e dans le giron russe – dont c’était d’ailleurs l’anniversaire le 18 mars – le soutien Ă  la Syrie, la Russie est mise au ban de la bonne conscience dĂ©mocratique occidentale.

La Russie lutte contre l’islamisme, tente de retrouver son rĂŽle de nation majeure dans le monde en rĂ©Ă©quilibrant les rapports de force jusqu’alors au bĂ©nĂ©fice exclusif de l’Occident, autant de positions inadmissibles pour les bonnes consciences. Les mĂȘmes bonnes consciences qui ont mis Ă  feu et Ă  sang l’Irak, la Libye, la Tunisie, fait ou laissĂ© assassiner leurs chefs d’État, relancer la poudriĂšre israĂ©lo-palestinienne, pour des raisons bien peu glorieuses et bien peu
 dĂ©mocratiques. Mais, lĂ , en toute impunitĂ©. Finalement l’Occident n’a rien Ă  envier Ă  la Russie


Quant au mépris du score de Poutine, de « république bananiÚre » a-t-on pu entendre de la part de nos grands intellectuels, Macron a bien été élu avec 66 % des voix face aussi à des candidats « fantoches » ! Quant à la dénonciation des médias russes totalement inféodés à Poutine, non crédibles et diffuseurs de fake news permanentes, on pourrait sourire de parallÚles avec la France par exemple et ses médias dont le pluralisme des opinions saute aux yeux et la « compréhension » pour Macron est la ligne de conduite.

Il n’y a qu’à voir ou Ă©couter l’unanimisme des commentaires sur tous les sujets. Mais rien Ă  voir avec la Russie bien sĂ»r. Chez nous tout est plus « nuancé » dans la forme. DĂ©mocratique quoi


Alors on Ă©voque les vieux dĂ©mons de l’URSS, du parapluie bulgare aux empoisonnements d’agents qui ont trahi leur pays. On imagine que les « services » de l’Occident, CIA en tĂȘte, n’ont jamais procĂ©dĂ© Ă  des Ă©liminations physiques de traĂźtres, d’opposants ou de transfuges. C’est Ă©videmment impensable dans nos dĂ©mocraties.

Tout cela est d’une hypocrisie sans limite mais Ă  la finalitĂ© politique et surtout gĂ©opolitique bien claire. Alors l’Occident sanctionne avec des accents de moralitĂ© indignĂ©e.

Emmanuel Macron a boudĂ© jeudi 15 le pavillon officiel de la Russie, pays invitĂ© d’honneur du Salon du livre Ă  Paris. Sanction symbolique infantile. De minimis non curat praetor semble sourire Poutine.

Les États-Unis ont annoncĂ© ce mĂȘme jeudi 15 mars une sĂ©rie de sanctions contre la Russie mais en rĂ©ponse Ă  l’ingĂ©rence de Moscou dans l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2016 et plusieurs cyberattaques. Comme par hasard. On Ă©voque d’autres sanctions financiĂšres. Mais dimanche 18, Trump et Poutine Ă©changent par tĂ©lĂ©phone pendant 45 minutes. Pour dire quoi ? Va-t-on vers un nouvel Ă©quilibre mondial, une redistribution du jeu international, avec une Chine de plus en plus conquĂ©rante, exigeante et inquiĂ©tante ?

Le Kremlin annonce prĂ©parer « des mesures de reprĂ©sailles » proportionnelles. Quoi de plus normal dans un contexte d’agressions permanentes contre sa politique qui dĂ©cidĂ©ment dĂ©range le monopole europĂ©o-amĂ©ricain. Mais Trump, entre rodomontades anti-Poutine et discussions discrĂštes parallĂšles, a-t-il autre chose en tĂȘte ?
 À suivre.

Et dans cela, quid de notre « Union » europĂ©enne ? Une sorte de silence attentiste et relativement prudent finalement de la part des États qui tranche avec les cocoricos de l’UE et les dĂ©chaĂźnements agitĂ©s de Theresa May. Les relations Russie (ou Union soviĂ©tique) Grande Bretagne ont toujours Ă©tĂ© sulfureuses et Londres le champ des rĂšglements de compte entre agents secrets et de toutes les trahisons dans les deux sens (souvenons-nous des affaires Burgess, Mac Lean, Philby, Fuchs aux USA et combien d’autres moins connues
). Rappelons enfin plus rĂ©cemment l’affaire Snowden, rĂ©fugiĂ© Ă  Moscou et dans la ligne de mire de la CIA. Mais lĂ , c’est normal. C’est dĂ©mocratique


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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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