Union europĂ©enne. Les pierres de la maison occidentale tombent les unes aprĂšs les autres. La vague nationaliste qui dĂ©fie les dĂ©mocraties est dĂ©sormais si puissante qu’elle ressemble Ă  un tsunami qui s’apprĂȘte Ă  rayer de la carte l’ordre Ă©tabli.

AprĂšs la Hongrie de Viktor Orban et la Pologne du parti nationaliste Droit et Justice, aprĂšs le Brexit et l’élection de Donald Trump, la thĂ©orie des dominos est Ă  nouveau testĂ©e dimanche Ă  Rome et Ă  Vienne, deux anciennes capitales d’empires, deux pays au cƓur de l’Europe, au niveau politique ou gĂ©ographique.

D’est en ouest et des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique, la tendance est Ă  la renationalisation des politiques, au rĂ©tablissement des frontiĂšres, Ă  la rĂ©affirmation de l’identitĂ© nationale et au repli sur soi. Il s’accompagne partout d’un effritement des valeurs dĂ©mocratiques.

Autriche. Alexander Van der Bellen, vague Ă©colo, remporte une seconde victoire bien plus nette qu’il y a sept mois sur son concurrent du FPÖ Norbert Hofer : de 50,3 % des suffrages en sa faveur, il passerait Ă  53,3 %, selon les projections de la tĂ©lĂ©vision publique.

« La Heimat, c’est avoir des racines, c’est une petite famille. C’est un endroit auquel s’identifier. Ça fait partie des traditions qu’il faut transmettre aux enfants ». Les deux candidats Norbert Hofer et Alexander Van der Bellen s’en sont revendiquĂ©s l’un et l’autre. Le premier, le populiste du FPÖ, en a fait le thĂšme essentiel de sa campagne. Le deuxiĂšme, soutenu par les Verts, s’est battu pour ne pas paraĂźtre en retrait.

Allemagne. Angela Merkel a Ă©tĂ© rĂ©Ă©lue mardi prĂ©sidente de la CDU avec 89,5 % des voix. C’est moins qu’en 2014, lorsqu’elle avait Ă©tĂ© reconduite avec 96,7 %.

Alors que la question de l’islam s’immisce dans le dĂ©bat allemand, elle a clairement promis de dĂ©fendre « les valeurs de base » de l’Allemagne et de se battre contre les sociĂ©tĂ©s parallĂšles. « Notre droit l’emporte sur la charia », a-t-elle rappelĂ©. Puis, sur la crise migratoire, elle a renouvelĂ© son souhait que « la situation de 2015 ne se rĂ©pĂšte pas. »

Merkel a promis qu’elle ne permettrait pas un nouvel afflux massif de migrants et de rĂ©fugiĂ©s tel que celui connu par l’Allemagne en 2015. Elle a aussi affirmĂ© que le voile musulman intĂ©gral n’était pas compatible avec la culture allemande. En attendant, elle fait quoi avec le million de migrants ?

Le meurtre d’une jeune fille de 19 ans par un rĂ©fugiĂ© afghan de 17 ans a pris un retentissement national. En cause : le choix de la tĂ©lĂ©vision publique ARD de ne pas en parler dans son journal de 20 heures. Un silence interprĂ©tĂ© comme une volontĂ© de la « presse mensongĂšre » d’étouffer un crime qui, Ă  leurs yeux, illustre le danger que reprĂ©sente l’arrivĂ©e massive de rĂ©fugiĂ©s en Allemagne au cours des derniers mois.

Le prĂ©sident du SPD et ministre de l’économie et la chanceliĂšre sont montĂ©s au crĂ©neau, refusant de stigmatiser l’ensemble d’un groupe. Leur choix d’intervenir en dit long sur leur crainte de voir l’opinion publique basculer dans le sens d’un rejet des immigrĂ©s.

La question posĂ©e mercredi 7 dĂ©cembre Ă  la « une » de Bild : « Les rĂ©fugiĂ©s ont-ils un problĂšme avec les femmes ? » Une question qui a suscitĂ©, sur les rĂ©seaux sociaux, des rĂ©ponses d’une grande violence raciste. Avec, bien souvent, un lien Ă©tabli entre le cas de Maria L. et les agressions commises contre plus de 500 femmes Ă  Cologne, le 31 dĂ©cembre 2015.

Depuis l’élection de Trump, la Russie de Poutine est devenue la coqueluche des investisseurs internationaux. C’est l’Allemagne qui mĂšne l’offensive la plus spectaculaire. Les principaux groupes allemands, de Daimler Ă  Henkel, et mĂȘme les ETI, investissent de plus en plus en Russie et parient sur un rapprochement entre l’Europe et la Russie. L’investissement direct allemand en Russie, totalement Ă  l’arrĂȘt en 2014, explose. Poutine semble gagner Ă  tous les coups.

Italie. Une crise politique extrĂȘmement pĂ©rilleuse et pouvant conduire au chaos institutionnel s’est ouverte avec la dĂ©mission de Matteo Renzi, dimanche 4 dĂ©cembre, moins d’une heure aprĂšs le cinglant revers subi au rĂ©fĂ©rendum constitutionnel.

Le prĂ©sident du Conseil, dont la dĂ©mission sera effective dans quelques jours, n’avait nullement envisagĂ© un tel verdict : 59,1 % pour le non, contre 40,9 % pour le oui. Un Ă©cart de dix-neuf points renforcĂ© par une participation record pour un rĂ©fĂ©rendum, 65,47 % du corps Ă©lectoral.

D’ñpres batailles politiques se profilent. Avec le Mouvement 5 Ă©toiles de Beppe Grillo, prĂȘt Ă  constituer un programme et une Ă©quipe de gouvernement. Mais Ă©galement avec Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord qui exige des Ă©lections anticipĂ©es dĂšs avril 2017 et non pas en 2018. Tous deux en opposition avec le parti dĂ©mocrate et Forza Italia de Berlusconi.

Roumanie. Le Premier ministre, Dacian Ciolos (photo), risque gros lors des Ă©lections lĂ©gislatives du 11 dĂ©cembre. Partisan d’un assainissement des mƓurs politiques, il doit faire face au forcing populiste du Parti social-dĂ©mocrate, majoritaire dans l’AssemblĂ©e sortante et favori du scrutin.

Angleterre. Le scandale dĂ©passe l’entendement et secoue le monde du football britannique. Depuis trois semaines, les tĂ©moignages de joueurs accusant d’agressions sexuelles leurs anciens coachs, lorsqu’ils Ă©taient ados, se multiplient. Aujourd’hui, plus de 55 clubs de football amateurs et professionnels sont dans le radar d’une vingtaine de forces de police Ă  travers le pays.

« Le niveau de la menace est sans précédent. Le renseignement britannique et les services de sécurité ont déjoué 12 complots terroristes au Royaume-Uni depuis juin 2013 », a déclaré dans une rare rencontre avec la presse le chef du MI6, Alex Younger.

« On ne peut pas relever le pont-levis. Nous devons porter le combat chez l’ennemi, infiltrer les organisations terroristes en amont, ĂȘtre aussi proches que possible de la source », a expliquĂ© Alex Younger.

Le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger, soixante-treize ans, est devenu pÚre pour la huitiÚme fois jeudi. Il a eu un fils avec la danseuse américaine Melanie Hamrick, ùgée de trente ans. Une vraie banque du sperme à lui tout seul, ce bandant Mick.

McDonald’s a choisi de quitter le Luxembourg et d’installer son siĂšge fiscal Ă  Londres. Ce n’est pas anecdotique, c’est le signe d’une tendance forte : la Grande-Bretagne va devenir un vrai paradis fiscal, que le Brexit soit soft ou hard et les multinationales l’ont dĂ©jĂ  compris.

Pologne. La Cour suprĂȘme polonaise a confirmĂ© le rejet de la demande d’extradition du cinĂ©aste Roman Polanski vers les États-Unis, qui veulent le juger pour une relation sexuelle avec une mineure remontant Ă  1977. Cette dĂ©cision de la plus haute juridiction polonaise, qui avait Ă©tĂ© saisie par le parquet, ferme dĂ©finitivement la voie Ă  l’extradition du rĂ©alisateur.

Russie. Dans un document passĂ© inaperçu, l’Union europĂ©enne (UE) est accusĂ©e « d’expansion gĂ©opolitique » et de chercher, conjointement avec les Etats-Unis, Ă  « saper la stabilitĂ© rĂ©gionale et globale ».

Ont ainsi disparu certaines prioritĂ©s comme celle-ci : « Le but principal dans les relations avec l’UE, pour la Russie, qui fait partie intĂ©grante de la civilisation europĂ©enne, est de promouvoir la crĂ©ation d’un espace Ă©conomique et humain de l’Atlantique jusqu’au Pacifique. »

Plus d’intĂ©gration, plus d’espace commun, plaidait le document de 2013. À la place, la nouvelle doctrine Ă©voque des « problĂšmes systĂ©miques accumulĂ©s depuis un quart de siĂšcle ». Et en tĂȘte de ces derniers : « La volontĂ© des pays occidentaux de maintenir leur position en imposant leur point de vue sur les processus internationaux. »

La Russie n’accepte pas les « tentatives de pressions militaires, politiques et Ă©conomiques » exercĂ©es, selon elle, par Washington « en dehors du cadre du droit international », et elle « se  rĂ©serve le droit de rĂ©agir Ă  des actions hostiles, y compris par le renforcement de sa dĂ©fense nationale ainsi que par la prise de mesures symĂ©triques ou asymĂ©triques ».

La Russie, poursuit le document, considĂšre « le systĂšme anti-missiles amĂ©ricain [dĂ©ployĂ© en Europe de l’Est] comme une menace pour sa sĂ©curitĂ© nationale et se rĂ©serve le droit d’une rĂ©ponse adĂ©quate ». L’objectif de « donner un caractĂšre global » aux obligations nĂ©es du traitĂ© sur les forces nuclĂ©aires Ă  portĂ©e intermĂ©diaire, signĂ© en 1987, entre MikhaĂŻl Gorbatchev et Ronald Reagan, a disparu.

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Philippe Randa,
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