Il faut dĂ©construire le dĂ©constructivisme et dĂ©sarraisonner le monde europĂ©en de l’infernale mĂ©gamachine turbo-capitalistique. Le « grand ressourcement » que nos contributeurs appellent de leurs vƓux, non sans avoir fidĂšlement et mĂ©thodiquement empruntĂ© les sentiers creusĂ©s depuis HomĂšre et les sages antiques, est Ă  ce prix. Il importe de re-territorialiser – de rĂ©-enraciner, si l’on prĂ©fĂšre – nos plus fondamentales libertĂ©s, Ă  commencer par celle de demeurer fonciĂšrement ce que nous sommes, conformĂ©ment Ă  notre matrice ethno-culturelle et physiognomonique originale et originelle.

Il en rĂ©sulte, dĂšs lors, le droit, tout aussi essentiel et vital, pour ne pas dire viscĂ©ral de ne pas demeurer impuissants, impassibles et impavides face aux assauts, mĂȘmes lĂ©gaux, de ce que Renaud Camus, cette ultime grande conscience europĂ©enne – avec Alain de Benoist et quelques rares autres – appelait le « remplacisme global », consistant, Ă  un rythme industriel effrĂ©nĂ©, Ă  substituer les descendants de nos pĂšres par des peuplades antipodes aux mƓurs et aux coutumes orthogonales et antagonistes aux nĂŽtres.

Cette libertĂ© ontologique est proprement europĂ©enne, attendue, comme le souligne François Bousquet que « le grand rĂ©cit europĂ©en n’a pu fonctionner qu’au prix du refoulement de l’Autre, quel qu’il soit : aussi bien l’étranger que l’étrange. [
] Tout ce qui se trouve en position d’extĂ©rioritĂ© et d’extranĂ©itĂ©. Jusqu’à l’inconscient comme altĂ©ritĂ© de soi Ă  soi », le fameux « Je est un autre » rimbaldien.

À cette aune, ce que nous sommes est entiĂšrement irrĂ©ductible Ă  ce que nous rejetons d’instinct comme n’étant pas des nĂŽtres, non par xĂ©nophobie rabique et belligĂšne, mais, prosaĂŻquement, parce que « charitĂ©, c’est-Ă -dire, hĂ©rĂ©ditĂ© bien ordonnĂ©e commence par soi-mĂȘme. »

Dans l’ordre, les nĂŽtres avant les autres, ceux qui nous ont devancĂ©s, condition transcendantale de ceux qui nous succĂ©deront, condition historico-anthropologique de notre essence europĂ©enne. Bref, par l’antĂ©rioritĂ© de nos pĂšres europĂ©ens, ĂȘtre prioritairement ce que nous sommes et non ĂȘtre sommĂ©s du contraire. Parce que l’Europe est, tout Ă  la fois, une terre, une spiritualitĂ© et une civilisation.

Une terre que l’historien Dominique Venner dĂ©finissait comme n’étant « pas nĂ©e des traitĂ©s de la fin du XXe siĂšcle. Elle est issue de peuples frĂšres qui, entre la Baltique et l’ÉgĂ©e, sur quelques milliers d’annĂ©es, donnĂšrent naissance Ă  une communautĂ© de culture sans Ă©gale. L’Europe peut donc se dĂ©finir comme une tradition trĂšs ancienne, tirant sa richesse et son unicitĂ© de ses peuples constitutifs et de leur hĂ©ritage spirituel » (Histoire et tradition des EuropĂ©ens, Ă©ditions du Rocher 2002).

L’Europe c’est aussi une spiritualitĂ© par laquelle le prĂ©cieux ouvrage de l’Institut Iliade nous incite Ă  « renouer le fil secret de notre tradition perdue », suivant en cela le « viatique » tirĂ© par Dominique Venner de sa fructueuse et perpĂ©tuelle lecture d’HomĂšre : « La nature comme socle, l’excellence comme but, la beautĂ© comme horizon. »

L’Europe c’est encore une civilisation plurimillĂ©naire qui, des Indo-EuropĂ©ens Ă  HomĂšre, d’Aristote Ă  Dante et de Montaigne Ă  Nietzsche, continue de tisser dans l’ñme de nos peuples la trame structurante de leurs imaginaires mythiques, Ă©piques et lĂ©gendaires, qui les rend fiers de leur passĂ© et confiant dans l’a-venir. Et quelle plus belle dĂ©finition de l’Europe que celle que suggĂ©rait le grand historien Fernand Braudel Ă  propos de la civilisation, soit celle que l’on « n’atteint [
] que dans le temps long, la longue durĂ©e, en saisissant un fil qu’on ne finit plus de dĂ©rouler ; en fait, ce qu’au cours d’une histoire tumultueuse, souvent orageuse, un groupe d’hommes aura conservĂ© et transmis, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, comme son bien le plus prĂ©cieux » (Grammaire des civilisations, Flammarion, 1993).

Dans sa conception la plus haute, ĂȘtre EuropĂ©en, c’est ĂȘtre civilisĂ©.

Ce que nous sommes. Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne.

Ce que nous sommes. Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne.

Ce que nous sommes. Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne, sous la direction de Philippe Conrad, Ă©dition Institut Iliade/Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 199 p. 20 euros.

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