1 mai 2019

Macron et le couronnement de la génération Mitterrand

Par Nicolas Bonnal

Certains s’énervent après Emmanuel Macron, il n’y a pas de quoi. De toute manière si le système le remplace, on aura pire après (c’est le syndrome de Denys de Syracuse étudié ici). Personne ne veut de révolution parce que tout le monde a de quoi manger, cliquer et regarder la télé. Le système c’est nous, c’est tout.

Désolé, mais Macron n’est que la continuation de la génération Mitterrand. C’est du présent perpétuel sur trente ans, pas celui sur 200 que j’ai l’habitude de commenter, à coups de Nietzsche et de Dostoïevski, de Poe ou de Baudelaire. Autoritarisme (coup d’État permanent), haine du peuple et des pauvres, américanisme, inféodation à l’Allemagne, aux richissimes, monarchie culturelle, tout est déjà chez Mitterrand deuxième mouture chez qui Macron aura puisé son inspiration, y compris en recyclant les cathos zombies et les larves bureaucratiques de la droite folle ou molle.

Alors, un rappel…

Thierry Pfister fut mon éditeur chez Albin Michel et me publia la deuxième version du Mitterrand grand initié (réédition chez Dualpha). Ce grand professionnel était un gentilhomme et un homme de gauche convaincu qui avait rompu avec le mitterrandisme deuxième mouture des années 84-85 qui dégénérait alors en « tonton mania ». En 1989, il publia sa splendide Lettre à la génération Mitterrand qui se vendit à 300 000 exemplaires. Les années quatre-vingt-dix marquèrent l’agonie du mitterrandisme, revenu depuis à la mode dans ce pays sans mémoire et sans histoire.

Thierry Pfister.

Thierry Pfister.

Florilège (je n’ai pas le PDF et ma secrétaire est en vacances !) :

  • Sur les intellectuels juifs qui en énervent tant aujourd’hui, Thierry Pfister rappelle « une plaisanterie en yiddish qui fit rire tous les leaders de mai 68 ». Et d’ajouter que « Mai 68 fut pour un leader juif une révolution juive, un écho millénaire du messianisme hébraïque (p.39-40) ».
  • SOS racisme ? « Une association de défense de beurs peuplée de sionistes ravis d’avoir trouvé plus métèques qu’eux (p.71)… »
  • Europe allemande ? Pfister ajoute que déjà « la France se soumet de bonne grâce aux règles de la zone deutschemark où elle fait désormais figure de première sous-traitante».
  • Manipulation historique ? Sur la débilité des experts d’alors, il rappelle que « dénoncer l’horreur nazie ne justifie pas le dangereux matraquage d’approximations… (p.43) ».
  • Amusant : Pfister explique que le PS se situe à l’extrême droite de l’internationale socialiste et souligne la profonde imprégnation reaganienne du FN (ah ! Donald…)… qui lui-même fait grossièrement partie du système. En bref, Mitterrand avant Macron célèbre le « conformisme étatique et social » de la France pas très réformatrice.
  • Triomphe du communautarisme et fin du modèle intégrateur républicain ? « La civilisation US est celle du ghetto ; à chacun son quartier, à chacun sa piscine… »

On parle de Macron et des riches. On oublie Mitterrand et L’Oréal, Mitterrand et Bettencourt, Mitterrand qui fabriqua avec le Crédit Lyonnais les ultra-riches actuels comme Arnault et Pinault. Pfister écrit déjà « qu’on a une fiscalité qui touche les cadres possesseurs de leur appartement, mais épargne les dynasties qui se transmettent des collections d’objets d’art comme ceux qui se dissimulent derrière la notion floue d’outil de travail… » (p.94).

Et comme on n’aime pas le peuple qui vous porta au Pouvoir en 1981, « les socialistes se déchargent sur d’anciens ministres de droite du soin de négocier avec les syndicats » (p.96).

Abrutissement et aggiornamento ?  La télévision se limite à « la promotion des disques, des magazines et des myopathes », et les brillants oligarques de la gauche sociétale demandent à la gauche de « rompre avec le corpus poussiéreux qui la tenait prisonnière du siècle précédent » (Kouchner, Karmitz, Lévy, Minc, p.111).

Pfister ajoute que « les élites vont au peuple comme les dames patronnesses vont au peuple. »

Il remarque au cours d’un voyage en Bourgogne qu’un « haut fonctionnaire de la culture parle d’indigène typique en regardant le retraité qui arrose son jardin en bordure de voie »… Pfister souligne inutilement la monstruosité du propos (p.119) qui ne rassurera pas les gilets jaunes qui se font flinguer ou mutiler tous les dimanches.

On termine : notre auteur dénonce les jeunes bobos d’alors, « les baskets si sensibles à la pollution et à la protection de la nature… ». Il rappelle que, bien avant le navrant Hollande, Mitterrand et ses socialos se montrèrent de « parfaits porte-parole de l’OTAN », d’ailleurs régulièrement « pris à contre-pied » (p.155) par le revirement américain et soviétique d’alors.

Conclusion : « La gauche pue » ; certes, mais elle reste au pouvoir car elle pue comme ce pays, ni plus ni moins.

*
* .  *

J’oubliais Notre-Dame. On va en faire un musée-shopping centre-salle de spectacle, ce qu’elle est déjà. À propos de la profanation des grands travaux mitterrandiens, Pfister parle déjà de  « monarchie culturelle » et de cet « habillage administratif des foucades royales (façades, Louvre, Beaubourg, Orsay, Bastille, bibliothèque). »

Il ajoute que « le président s’est offert tous les symboles antiques de la gloire et de l’immortalité » (p.167), ce qui est un « aveu d’inquiétude pour un jeune chrétien » qui épatait Mauriac !

Et pour ceux qui se gonflent avec l’affaire Benalla, on recommandera cette perle : « La France socialiste supporte sans broncher les extravagances des vigiles de luxe de l’Élysée… »

Le pamphlet est un genre qui vieillit bien.

 

Sources

Thierry Pfister, Lettre ouverte à la génération Mitterrand qui marche à côté de ses pompes (Albin, Michel, 1989)

 

 

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