par Olivier Bault.

Le gouvernement minoritaire de Mariano Rajoy remplacĂ© par le gouvernement ultra-minoritaire de Pedro SĂĄnchez, ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’Espagne. Et cela mĂȘme si Mariano Rajoy a prĂ©sidĂ© Ă  la transformation d’un Parti populaire (PP) libĂ©ral conservateur en parti libĂ©ral-libertaire, s’imaginant pouvoir ainsi s’étendre vers le centre. Avec les affaires de corruption qui minent le parti de Rajoy comme celui de SĂĄnchez, des concurrents ont vu le jour : le parti d’extrĂȘme gauche Podemos Ă  la gauche du parti socialiste (PSOE) de SĂĄnchez et le parti Ciudadanos (Citoyens) encore plus libertaire que le nouveau PP. Si le PP a obtenu une majoritĂ© relative aux derniĂšres Ă©lections de juin 2016, sans beaucoup amĂ©liorer sa majoritĂ© relative de dĂ©cembre 2015, c’est, selon les sondages, Ciudadanos qui remporterait haut la main les Ă©lections aujourd’hui. Rajoy aurait pu Ă©viter la motion de censure du 1er juin en dĂ©missionnant, mais il n’a pas voulu prendre le risque de voir le PP partenaire minoritaire d’un gouvernement dirigĂ© par Ciudadanos. Il a dĂ» se dire qu’ĂȘtre le premier parti d’opposition face Ă  un gouvernement en position de faiblesse serait plus avantageux pour son parti Ă  dĂ©faut de l’ĂȘtre pour son pays.

Ce sont les voix des nationalistes basques qui ont fait pencher la balance en faveur d’un changement de gouvernement, en Ă©change de la promesse qu’il n’y aurait pas de nouvelles Ă©lections et que les concessions du PP en faveur du Pays basque inscrites dans le projet de loi budgĂ©taire 2018, adoptĂ© fin mai par le CongrĂšs des dĂ©putĂ©s, seraient maintenues. Mais comme le PP dispose de la majoritĂ© absolue au SĂ©nat, il a dĂ©jĂ  annoncĂ©, Ă  titre de remerciement au PNV basque, qu’il allait apporter quelques « amĂ©liorations » Ă  son propre projet de budget, Ă  charge ensuite pour les socialistes et leurs nouveaux alliĂ©s de dĂ©fendre au CongrĂšs des dĂ©putĂ©s le budget contre lequel ils avaient votĂ© il y a si peu de temps.

Avec seulement 84 siĂšges sur 350 au CongrĂšs des dĂ©putĂ©s pour le PSOE (contre 134 pour le PP) et 67 pour l’alliance Podemos-communistes qui a promis de soutenir le nouveau gouvernement SĂĄnchez pour voter de nouvelles lois encore plus « progressistes », les socialistes auront aussi besoin des voix des nationalistes basques et catalans pour avoir la majoritĂ©. Les partis catalans qui ont votĂ© la motion de censure au parlement de Madrid sont les mĂȘmes qui, disposant d’une petite majoritĂ© grĂące Ă  l’appoint de l’extrĂȘme gauche nationaliste au parlement de Barcelone, contrĂŽlent le gouvernement de l’hispanophobe Quim Torra aprĂšs avoir tentĂ© une sĂ©cession de la Catalogne bloquĂ©e par le gouvernement de Mariano Rajoy.

Pour le moment, le nouveau Premier ministre cherche donc Ă  donner des gages aux uns et aux autres en choisissant ses ministres : Ă  Podemos, avec la crĂ©ation d’un ministĂšre de l’EgalitĂ© dont le chef aura le rang de n°2 du gouvernement, aux Espagnols et peut-ĂȘtre aussi Ă  Ciudadanos (qui soutenait le gouvernement Rajoy sans y participer), en nommant Ă  la tĂȘte des ministĂšres des Affaires Ă©trangĂšres et des Administrations territoriales des Catalans hostiles Ă  l’indĂ©pendance de leur rĂ©gion, et Ă  l’UE, en nommant des libĂ©raux europĂ©istes comme ministre de l’Economie et ministre des Finances.

RĂ©sumons : Pedro SĂĄnchez est aujourd’hui un Premier ministre sans majoritĂ©, nommĂ© sans programme de gouvernement et sans ĂȘtre passĂ© par des Ă©lections. Pas sĂ»r que les Espagnols apprĂ©cient la manƓuvre.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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