En 1529, l’empereur et le roi de France signĂšrent le traitĂ© de Cambrai, par lequel Charles Quint abandonnait la Bourgogne en dĂ©pit de ses droits incontestables sur cette province et du traitĂ© de Madrid de 1527. En Ă©change, François Ier renonçait Ă  toute prĂ©tention en Italie.

SitĂŽt de retour en France, ce dernier appliqua le proverbe « Si vis bellum, para bellum », et profita de la paix pour prĂ©parer la guerre, s’alliant au sultan, et aussi aux protestants allemands.

Ayant renoncĂ© Ă  l’Italie, oĂč François Ier alla-t-il faire la guerre ? On le devine : en Italie. Mais, pour changer, ce sont la Savoie et le PiĂ©mont qu’il envahit en 1536. Au cours de cette longue guerre, la victoire de CĂ©risoles (1544) ajouta Ă  la gloire inutile de l’armĂ©e française, tandis que la France se voyait envahie par la Provence et par le nord, les armĂ©es impĂ©riales avançant jusqu’à Épernay et ChĂąteau-Thierry. Les sujets de François Ier furent heureux, n’en doutons pas, de contribuer par leur misĂšre Ă  la gloire du roi, surtout en Provence oĂč l’on pratiqua la tactique de la terre brĂ»lĂ©e. Tout cela se termina par la paix blanche de CrĂ©py (1544).

En 1547, François Ier s’en alla rendre compte de ses exploits et de ses frasques Ă  son crĂ©ateur, dont on ne peut qu’espĂ©rer, pour le repos de son Ăąme, qu’il ait Ă©tĂ© aussi complaisant Ă  son Ă©gard que les historiens français. Il laissa la place Ă  Henri II, qui gardait une dent contre l’empereur depuis sa captivitĂ© en Espagne. Pour venger une telle rancune, la mort de quelques milliers de jeunes gens Ă©tait le moins qu’on pĂ»t exiger.

Henri II continua donc la politique de son pĂšre, et signa en 1550 avec les protestants un traitĂ© qui lui attribuait les trois Ă©vĂȘchĂ©s de Metz, Toul et Verdun, disant : « Il a Ă©tĂ© trouvĂ© Ă©quitable que le roi de France prenne possession des villes qui de tout temps ont appartenu Ă  l’empereur, bien que la langue allemande n’y soit pas en usage. » Curieuse conception de l’équitĂ©, mais idĂ©e gĂ©niale, car ces trois Ă©vĂȘchĂ©s Ă©tant enclavĂ©s dans l’empire, ils permettront de rĂ©clamer tout ce qui est autour, qui de tout temps a appartenu Ă  l’empereur et oĂč la langue française n’est pas en usage. Cette usurpation sera le fondement de la fumeuse thĂ©orie des « frontiĂšres naturelles », inventĂ©e par Richelieu et Ă©tendues jusqu’au Rhin, s’il vous plaĂźt.

L’empereur eut le front de protester contre ce vol pur et simple (1553). Sans succĂšs, d’ailleurs. Peu aprĂšs, Charles Quint, gagnĂ© par la lassitude, partagea son empire entre son frĂšre et son fils, et abdiqua. Mais Henri II, lui, n’était toujours pas fatiguĂ©. En 1557, il retourna (encore !) se mĂȘler des affaires de l’Italie, ce qui permit Ă  la France de subir une nouvelle invasion. La situation fut sauvĂ©e par le duc de Guise, qui, sans crier gare, dĂ©roba au passage Calais aux Anglais (1558) et occupa le Luxembourg.

Tout comme son pĂšre, Henri II avait violĂ© tous les traitĂ©s, sans exception. Pourquoi donc ne pas en signer un de plus ? Par celui du Cateau (1559), il renonça une nouvelle fois Ă  l’Italie (ça ne mange pas de pain), mais, heureusement, il conserva les trois Ă©vĂȘchĂ©s, et donc une pomme de discorde avec l’empire qui sera fort utile au siĂšcle suivant.
Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

 

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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