1 octobre 2023

La disparition d’Émile : de la difficulté d’être victimes !

Par Franck Buleux

NDA : le terme « victimes » employé au pluriel s’entend, outre à l’endroit du jeune garçon, à l’ensemble des proches de ce dernier et plus particulièrement ses parents, prostrés dans la douleur face à l’immonde qui se profile.

Les Alpes-de-Haute-Provence, anciennes Basses-Alpes, sont-elles une terre criminogène et une terre chargée de mystères ? Un département où l’on tuerait sans raison et avec une sauvagerie rare ? La très célèbre affaire Dominici l’été 1952, l’effroyable tuerie de Valensole en décembre 1928, les nombreux assassinats de Lurs, la disparition de Yannis en mai 1989, le meurtre de la « petite Céline » en juillet 1988, le meurtre par un client de la gérante du Café du Moulin, Jeannette Grosos, au Vernet même en 2008… et les mystères qui entourent ce département : l’installation de la secte du Mandarom à Castellane, la rencontre du 3e type à Valensole en 1965 avec l’observation par un cultivateur provençal d’un engin de type soucoupe volante dans un champ de lavande et deux passagers humanoïdes, le crash de l’avion allemand provoqué par son propre pilote en mars 2015 entrainant la mort de 150 personnes… D’ailleurs, combien d’illuminés ou de simples hippies en quête d’un autre niveau de conscience quittent le monde urbain pour s’agréger à des communautés de vie dans les Alpes-de-Haute Provence ?

Le Vernet… On n’y passe peu même si certaines victimes du crash de la Germanwings sont enterrées dans le cimetière de la commune. Le village accueille en effet une stèle à la mémoire des victimes du pilote Andreas Lubitz, entrainant aussi un peu de tourisme « mémoriel ». Or, en ce mois de juillet 2023, Le Vernet est au centre de l’actualité. Un fait divers comme un autre, prétendront certains, une enquête, en tout cas, qui a démarré de bien étrange façon entre un procureur hésitant dans ses décisions et un maire, édile depuis 46 ans et avocat parisien, tout-puissant.

Au Vernet, Émile, jeune garçon de deux ans et demi, domicilié chez ses parents à La Bouilladisse (Bouches-du-Rhône), à 30 minutes de Marseille et 170 kilomètres du lieu du drame, aurait été aperçu pour la dernière fois par deux témoins samedi 8 juillet 2023, à 17h15, seul, dans une rue du minuscule hameau du Haut-Vernet où résident toute l’année le nombre fort limité de 25 habitants. L’enfant n’a pas réapparu, ni lui, ni son corps, au moment où je rédige ses quelques lignes.

Frontière entre la vallée de la Blanche et la vallée du Bès, Le Vernet est une commune rurale forestière par excellence de 125 âmes perchée sur un plateau à 1 200 m d’altitude et dominé par des sommets dépassant les 2 000 m d’altitude.

Les trente maisons que compose le Haut-Vernet ont été fouillées, tous les habitants interrogés et tous les véhicules visités à partir du dimanche 9 juillet. Près de cent hectares de champs, de bois ou de terrains escarpés ont été minutieusement inspectés, a précisé M. Rémy Avon, procureur de la République de Digne-les-Bains (04) au cours des recherches, parlant d’« une des plus importantes opérations de ratissage judiciaire jamais conduite. »

Mais toutes ces opérations – les deux premiers jours sous forme de battues citoyennes avec l’aide de centaines de volontaires, puis par des gendarmes – n’ont donc pas permis de retrouver la trace de l’enfant, pas plus que les chiens de recherche spécialisés.

Émile venait de commencer ses vacances d’été chez ses grands-parents maternels quand il a disparu. À ce moment-là, plusieurs autres membres de la famille étaient également présents dans cette maison, où la mère d’Émile passait ses vacances depuis une vingtaine d’années, mais aucun des deux parents de l’enfant n’était là…

La focalisation sur les victimes ou le syndrome Grégory

Chacun se souvient du texte de Marguerite Duras sur la mère de Grégory, « Sublime, forcément sublime Christine V. » publié le 17 juillet 1985 dans le quotidien Libération, huit mois après le début de l’affaire, ce texte présenté comme une fiction littéraire (pour éviter toute procédure judiciaire dans le cadre du non-respect de la présomption d’innocence), dresse le portrait de la mère de l’enfant comme coupable, mais magnifique et tragique, dans un texte de trois pages qui scandalisa la France.

La présomption d’innocence de Christine Vuillemin fut bafouée par une partie de la presse qui couvre cette affaire et voit dans la mère du petit Grégory la coupable idéale. Christine V. est la version rurale et populaire de l’infanticide Médée. Le 5 juillet précédent, il est vrai que la mère de Grégory avait été inculpée (terme utilisé à l’époque) et écrouée en détention préventive à la prison de Metz. Libérée sous contrôle judiciaire le 10 juillet 1985, puis innocentée, l’écrivain proche du président d’alors, François Mitterrand, en rajoute dans l’abjection, sous couvert de prose littéraire. La haine de la famille traditionnelle (ordinaire ?) est un des fondements des progressistes et leur venin face au couple Vuillemin se retrouve dans l’affaire qui nous préoccupe contre la famille S.

En effet, en juillet 2023, c’est la famille du petit Émile qui est victime de la presse mainstream. Qu’on en juge : toute la droite nationale est citée, pour ne pas écrire impliquée dans l’affaire. Toute… Le grand-père paternel du garçon est trésorier de Chrétienté-Solidarité, mouvement nationaliste et catholique, fondé par Bernard Antony en 1982, ancien député européen et membre du bureau politique du Front national (FN) et toujours directeur de la revue mensuelle d’inspiration national-catholique Reconquête. Cette association métapolitique défend les valeurs spirituelles, morales et artistiques de notre civilisation gréco-latine et chrétienne et a pour devise : « Dieu-famille-patrie ». Engagée dans le soutien aux chrétiens menacés dans le monde, il est inutile de vous rappeler qu’elle est constamment mise en cause pour son « obscurantisme religieux », notamment par Charlie-Hebdo, Libération et Le Monde.

Outre le grand-père d’Émile, son père Colomban S., âgé de 26 ans, était candidat aux dernières élections régionales en 2021, en 4e position dans les Bouches-du-Rhône, sur la liste « Zou » menée par l’ancienne élue régionale FN, Valérie Laupies, dont le but était de promouvoir la candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle de 2022 tout en nous « débarrassant du système ». Cette liste était soutenue par Jacques Bompard, ancien député FN (entre 1986 et 1988) et maire d’Orange (Vaucluse) et la Ligue du Sud. Évidemment, pour les médias, une liste située médiatiquement à la droite du Rassemblement national (RN) ne peut pas comporter de personnes raisonnables. Pire encore, s’il on peut dire, Colomban S. aurait été un membre actif du mouvement Bastion social, dissout en 2019, et de L’Action française (AF). Son engagement au sein du Bastion social lui aurait même valu une comparution devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, mais il bénéficia d’une relaxe, donc son casier judiciaire est vierge.

Devant cet étalage politique issu de la branche paternelle, l’essentiel est sauf : le jeune garçon était chez ses grands-parents maternels !

Pourtant, bien évidemment, la mère d’Émile, Marie V., n’échappe pas à ce hourvari : présentée comme une dévote, aînée d’une famille nombreuse de 10 enfants (catholiques, forcément catholiques), elle est proche de son futur époux politiquement et invoque les « pouvoirs » d’une voyante locale, Benoîte Rencurel, témoin d’apparition mariale en 1664, pour retrouver son fils.

L’appel permanent aux prières (chrétiennes) pour retrouver son fils choque, bien évidemment, les progressistes de tout poil qui s’abattent sur des pratiques qu’il considère d’un autre âge.

L’alerte enlèvement : une procédure inappliquée

Ce dispositif officiel et très médiatique (d’où son intérêt) est mis en place par le procureur de la République territorialement compétent, c’est-à-dire ici Rémy Avon, déjà cité. Cet outil d’enquête a été mis en place en 2006 en cas d’enlèvement d’enfant et donne satisfaction compte tenu de la diffusion massive et rapide de messages destinés au grand public, messages pouvant également s’avérer stressants pour le ravisseur. Ce déclenchement reste du pouvoir discrétionnaire du procureur de la République qui s’appuie sur quatre critères cumulatifs : la victime est mineure (ce qui est le cas en l’espèce), la vie ou l’intégrité physique du mineur est en danger (ce qui est probable compte tenu de l’âge de l’enfant), le procureur dispose d’informations dont la diffusion peut permettre la localisation de l’enfant ou de son ravisseur (la dernière localisation est le moment où les deux témoins ont aperçu l’enfant seul vers 17h le samedi 8 juillet) et il s’agit d’un enlèvement avéré et non d’une disparition inquiétante. Ce procédé, mis en place une trentaine de fois, peut être contesté sur le contexte d’une disparition inquiétante et non d’un enlèvement par un tiers par l’âge de la victime potentielle et les difficultés géographiques du terrain auraient pu laisser penser que le procureur de la République prenne au sérieux cette affaire.

Le contexte familial a-t-il joué, laissant penser qu’il s’agissait d’une querelle familiale sans qu’il y ait besoin de mettre en place une opération d’envergure nationale, voire au-delà, comme l’a prouvé un récent enlèvement d’un enfant par un père indélicat, originaire de Tunisie ? On peut se poser la question toujours en se fondant sur « la jurisprudence Grégory ». S’il s’agit d’une affaire familiale, a fortiori dans une famille « de droite », pourquoi s’en mêler ? Toujours est-il que le dispositif « alerte enlèvement » ne sera pas mis en place, contestant par là même toute éventualité criminelle. L’accident a toujours été privilégié. Au nom de quoi ?

Une justice hésitante

L’enquête de flagrance ouverte le 9 juillet au soir par le Parquet pour « recherche des causes d’une disparition inquiétante » ne pouvant durer plus de huit jours, est devenue le lundi 17 juillet une enquête préliminaire, toujours pour le même motif. Le procureur de la République, en faisant ce choix, a réduit considérablement et en toute conscience juridique (du moins, il faut l’espérer !) le pouvoir des enquêteurs ! Par exemple, les conditions de perquisitions sous le régime de l’enquête préliminaire sont plus strictes que lors de l’enquête de flagrance. Elles doivent en effet se dérouler avec l’accord des personnes chez qui l’opération a lieu, ce qui ne favorise pas l’effet de surprise de l’opération policière.

Pourquoi le juge n’ouvre-t-il pas alors une information judiciaire qui aurait été confiée à un juge d’instruction ? On peut se poser la question même si cette enquête préliminaire ne durera guère plus que deux journées.

Sans doute a-t-il été rappelé à l’ordre par le Garde des Sceaux ou a-t-il estimé s’être trompé ? Errare humanum est. Quelques jours après, le procureur hésitant ouvre une information judiciaire en nommant deux juges d’instruction du pôle d’Aix-en-Provence. Enfin ! Cette procédure permet de donner aux enquêteurs la possibilité de prouver l’existence de l’infraction. Dix jours après la disparition du jeune garçon, la justice commencerait-elle à prendre au sérieux l’évènement, de quelque nature qu’il soit !

Une commune marquée à gauche

Sous la Révolution française, la commune compta une société patriotique créée en 1792.

Sans remonter à la Terreur, dans la commune du Vernet, le grand public a compris que le maire est le chef !

Le maire socialiste, François Balique, un avocat parisien installé professionnellement à Saint-Germain-des-Prés, élu depuis 1977 sans discontinuité (élu la première fois lors de la poussée de l’union de la gauche PS-PCF-MRG lors des municipales), connaît la famille de la jeune victime. Comme un certain nombre d’habitants de la commune, le maire a des idées préconçues sur la famille : ils chantent le dimanche à la messe… Voilà ce que l’on retient, outre le fait qu’il s’agisse d’une famille nombreuse, puisque Marie V. a neuf frères et sœurs.

Effectivement, dans une commune où la candidat Mélenchon approche les 25 % au premier tour de la dernière élection présidentielle (en tête devant Macron et Le Pen avec respectivement 20 et 19 %, soit moins que leurs moyennes nationales), il semble que la discrimination « sociale » reste encore en vigueur : certains locaux, relayés par les journalistes, vont jusqu’à critiquer le style vestimentaire du père d’Émile lors des battues. Il était trop bien habillé et même autoritaire dans sa façon de diriger les recherches…. Bien habillé et autoritaire, donc de droite mais surtout, on tient à relever l’absence d’empathie alors que son fils a disparu. « Il fait le beau », dirait-on dans nos campagnes s’il s’agissait de plaisanter, mais non, il s’agit d’ajouter du mépris à l’horreur, la perte éventuelle d’un enfant.

François Balique, avocat au sein d’un cabinet dans le Quartier latin, lui, préfère interdire tout accès au Haut-Vernet pendant plusieurs jours. Le Vernet comme terra incognito.

Non seulement l’élu interdit toute circulation, mais il oriente clairement l’enquête et définit le sens qu’elle doit prendre.

Le maire exclut l’hypothèse de l’enlèvement

Lorsque le maire de la commune du Vernet, François Balique, confie à France info, ne pas croire à l’hypothèse du kidnapping, en raison de la configuration du village, cela a son importance pour les enquêteurs : « Le Haut-Vernet, c’est un cul-de-sac, on voit tous les passages de voitures. Vous imaginez, on est en Haute-Provence, un petit village dans lequel il y a une vingtaine de maisons, on voit tout. Moi, je l’exclus. Après, qu’il est passé sur un chemin et que quelqu’un soit passé… On peut tout imaginer, mais c’est plus qu’improbable à mon avis. Ici, chaque voiture qui passe est auscultée, c’est comme ça, c’est la vie de village », déclarait-il.

Ainsi, le maire du Vernet pensait que le petit garçon était parti de son propre chef, sachant très bien marcher pour son âge. Donc, il a pu se perdre ou se cacher… Aucune inquiétude ne transparaissait dans les propos du maire au début de l’affaire. Et un maire élu pour la première fois avant la naissance du président Macron, on ne discute pas ses avis !

Un enlèvement comme évidence

Émile a disparu depuis samedi 8 juillet, mais, à ce jour, la thèse de l’accident est encore envisagée, voire celle d’un animal sauvage. Sans traces.

Seule la volonté humaine peut, à ce jour, enlever sans trace un individu. Le Vernet n’est qu’à 75 km de Valensole (affaire d’un OVNI en 1965 comme indiqué en introduction), mais il s’agit ici de garder les pieds sur terre et de raison garder face aux voyants et autres médiums présents sur le Net.

Le maire, né en 1949 et probablement étudiant en 1968, a retenu les slogans de ses pairs : « Il ne s’est rien passé ». Vous pensez, des victimes de droite, catholiques et surtout « bien habillés », vous n’y pensez pas ! Mais, au fait, monsieur le maire a son cabinet à Saint-Germain-des-Prés, dans le Paris mondain. Là-bas aussi, on est « bien habillés » et ce n’est pas pour cela, logiquement, que l’on ne respecte pas ses enfants.

Franck Buleux est titulaire de diplômes universitaires en lien avec la criminalité : DU Analyses des menaces criminelles contemporaines (Paris 2) et DU Psychologie criminelle (Toulouse 1 Capitole).

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