22 février 2018

Une agitation révolutionnaire non contrôlée

Par Bernard Plouvier

En effet, est survenu à Saint-Pétersbourg le massacre du dimanche 22 janvier 1905 (dans le calendrier grégorien ; il faut décaler de 13 jours les dates russes du calendrier julien qui retarde d’autant). Un pope honnête, ému par la misère du peuple – et nullement indicateur de police, contrairement à la légende bolchevique –, Gueorgui Gapone organise une procession qui est en même temps une manifestation de revendication salariale. Il en a averti les autorités du ministère de l’Intérieur deux jours auparavant. Le tsar, mal informé, prend peur et ordonne d’interdire au cortège l’accès au Palais d’Hiver où il réside (Mousset, 1945). Ce jour, le sang coule : 170 morts et plusieurs milliers de blessés séparent définitivement le monde ouvrier du régime.

Un portrait du dernier tsar Nicolas II caché pendant 90 ans sous celui de Lénine.

Un portrait du dernier tsar Nicolas II caché pendant 90 ans sous celui de Lénine.

Pour exciter davantage encore le peuple, les marxistes fomentent, le 8 juillet, une mutinerie, pour un prétexte ridicule (de la viande avariée, comme on en sert quotidiennement, à cette époque, en toute armée, française comprise), sur le cuirassé Potemkine que les mutins font passer de Sébastopol à Constanza, en Roumanie. Les historiens ne citent jamais que cette mutinerie, alors qu’il y en eut près de 200, durant cette année 1905, dans la Flotte russe. En octobre, « Trotski »-Bronstein, encore Menchevik, tente d’organiser une grève générale. Le tout est tramé en une année de guerre extérieure très rude, ce qui est l’idéal pour obtenir une répression sanglante : le cycle terrorisme-répression-révolution est le grand classique marxiste.

On perçoit l’une des différences fondamentales entre Nicolas II et Louis XVI. Le Français répugnait à faire couler le sang de ses sujets, même agités. Le Russe, très complexé par sa stature ridicule, si on la compare à celle de ses oncles et cousins, a fait couler le sang, lorsqu’il a été physiquement confronté à une émotion populaire, soit parce qu’il a paniqué, soit pour faire croire qu’il est un dur, alors qu’il est d’une insigne faiblesse avec les véritables agitateurs.

Car, vis-à-vis des marxistes, socialistes et anarchistes de tous poils, les gouvernements tsaristes déportent en Sibérie bien plus qu’ils n’exécutent. On se contente, durant ce règne lamentable, d’exiler les 7 000 agitateurs, jugés et non convaincus d’acte terroriste ayant entraîné la mort, en une province très éloignée, où ils sont contraints aux travaux forcés durant cinq années… on est très loin des centaines de milliers d’assassinés lors des purges staliniennes et des millions de détenus de la chaleureuse administration dénommée Goulag.

En 1903, la plus grosse officine subversive, le Parti Social-démocrate, s’est scindée en bolcheviques (majoritaires, partisans de l’insurrection et d’un parti ne contenant qu’une « élite » des agitateurs, dirigés par Vladimir Oulianov- « Lénine ») et en mencheviks (minoritaires, dont tous les chefs sont juifs, dont « Trotski » et « Martov », qui voudraient en faire un parti de masse, in Liebman, 1967).

Les Juifs honnêtes, généralement oubliés des auteurs de lamentations communautaires, ont été fort bien traités par les tsars et par l’administration russe (Troyat, 1959). Un Juif converti à la religion orthodoxe, qui est religion d’État, peut être anobli s’il le mérite : contrairement à ce qui se passe en Grande-Bretagne ou en Italie, on n’achète pas de titre nobiliaire en Russie (pas plus que dans le Reich, d’ailleurs).

Nicolas II, comme son père, poursuit une politique de faiblesse extrême à l’égard des fous furieux. La tolérance vis-à-vis des terroristes est la pire erreur politique : l’exemple russe le démontre à l’évidence.

Plutôt que de continuer à gémir sur une soi-disant omniprésence des polices de l’Empire (comme le fait Marc Ferro, 1990), on ferait mieux de penser à ce que serait devenue la Russie sans les criminels bolcheviques. L’État se serait probablement mué, dès 1917, en une République de type présidentiel et autoritaire, puisque le peuple russe a toujours aimé se sentir dirigé. Au lieu de cette évolution bénéfique, les Slaves de l’Est connurent la plus féroce et la plus abjecte dictature de tous les temps : l’URSS, ridicule par ses prestations économiques, mais dont l’impérialisme et l’exemple contaminant firent le malheur de près de deux milliards d’humains au XXe siècle, occasionnant directement, en régimes communistes, entre 100 et 120 millions de morts… pas de quoi pavoiser !

L’ukase impérial du 30 octobre 1905 (calendrier grégorien) annonce l’élection au suffrage universel, à trois catégories d’électeurs, d’une Douma consultative. Le même jour, sont autorisés les partis politiques et sont octroyés les droits d’association et de réunion. De Witte devient, en novembre, ministre prépondérant avec le titre, inédit en Russie, de Premier ministre. Il est révoqué en mai 1906, lorsque le tsar dissout la première Douma où les députés passent leur temps à s’invectiver et à réclamer « une Constitution calquée sur celle de la Grande-Bretagne »… un pays où il n’y eut jamais de constitution écrite, en dehors de la Magna Carta du XIIIe siècle. Mais on ne peut exiger de députés qu’ils connaissent l’histoire.

La Douma de 1907 sera aussi houleuse et connaîtra le même sort, tandis que nombre de chefs communistes seront contraints à l’exil au lieu d’être éliminés : « Lénine », « Staline », « Zinoviev » et « Trotski » seront les plus sanguinaires. La Douma élue en 1908, très bien prise en mains par l’excellent Premier ministre Piotr Stolypine, approuve les lois de ce grand réformateur sur la propriété paysanne, l’effort industriel et l’enseignement primaire obligatoire et gratuit (Alexandrov, 1968 ; Mourousy, 1992). C’est Stolypine qui calme le jeu diplomatique et militaire avec la Grande-Bretagne, qui stimule la colonisation des terres vierges de Sibérie et du Turkestan (Riasanovsky, 2010-2). En 1914, grâce aux lois et décrets de Stolypine, on constatera que 25 % des soldats sont alphabétisés (Liebman, 1967, dans un ouvrage de propagande marxiste).

Ce très grand ministre risque d’empêcher, par ses réformes bénéfiques au peuple, la révolution sanglante que médite le bon « Lénine », qui ordonne de l’assassiner. C’est fait le 14 septembre 1911 (toujours en calendrier grégorien), à Kiev, par un social-révolutionnaire juif Dimitri Bogrov, fils d’un millionnaire en roubles (Goulevitch, 1931 ; Mourousy, 1992 ; Mahoney, 2008 ; Riasanovsky, 2010-2 confirment tous quatre une judéité jugée contestable par Marc Ferro, 1990, sans argument valable). Le ministre agonise quelques jours, avant de mourir le 18 septembre des suites de son 8e attentat (Mahoney, 2008). S’ensuivent les pogroms ukrainiens, où les « Centuries noires » tuent indistinctement des Juifs et des Arméniens (Mourousy, 1992). Stolypine, ministre d’exception, représenta véritablement la dernière chance de la Russie tsariste. Les agents de la subversion sanglante ne s’y sont pas trompés.

La mort de Stolypine met fin aux réformes et renforce la germanophobie. Nicolas II laisse agir l’homme des financiers parisiens et de la City (Docherty, 2017) : Alexandre Iswolsky, le très vénal. La Douma élue en 1912 ne fait rien de notable, tandis que se multiplient les grèves politiques, fomentées par les bolcheviks (Riasanovsky, 2010-2).

Les années 1912-1913 vont être la grande époque de l’influence française sur la vie politique russe. En outre, le tsar choie ses alliés danubiens : le ridicule roitelet monténégrin est fait maréchal russe en 1912, l’année où les Russes encouragent les Serbes et les Bulgares à s’attaquer aux Turcs (Judet, 1925), tandis que les Britanniques poussent les Italiens à envahir Rhodes et le Dodécanèse (Docherty, 2017), pour contrer l’influence russe au débouché des Détroits. Les agitateurs serbes sont armés, encouragés, financés par l’ambassadeur russe et les attachés militaires en poste à Belgrade : l’attentat de Sarajevo, du 28 juin 1914, est une affaire russe.

Churchill, en lançant la très sanglante attaque des Dardanelles en 1915, voudra beaucoup moins raccourcir la durée de la guerre qu’empêcher les Russes d’arriver les premiers en Mer de Marmara.

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