25 juin 2016

La réaction de Nicolas Bonnal au Brexit

Par Nicolas Bonnal

 

N’ayant ni internet ni la télé, je reçois un SMS matinal. Les Anglais sortent de l’Europe, dit-on. J’aurais préféré qu’ils y restent ou bien qu’ils sortent de l’Otan.

Je connais ce système et, plus je le connais, plus je le respecte. Car pour se maintenir, on voit bien qu’il ne recule plus devant rien : exécutions (à quand le feu au parlement européen ?) attentats, menaces d’attentats, guerre continentale contre les Russes, terrorisme financier… On va voir à quelle sauce les électeurs anglais se feront manger. Puis à quelle sauce nous nous ferons manger, nous. Nous quitterons Charybde pour tomber dans le néant de l’autre monstre bien connu.

Ne jamais oublier une chose : dans ce système, le mécontentement populaire sert des desseins et des agendas bien précis qui se retournent contre les peuples. Ces Anglais qui râlent, ces Espagnols, ces Italiens, ces Français qui râlent, eh bien ! dites-vous que les banksters et les politiques vont se les aligner un jour.

On les mijotera aux petits obus, disait Céline.

Les Anglais sont sortis. Pourquoi étaient-ils entrés ? De Gaulle ne nous avait-il pas prévenus que le vieux pays nuisible nommé Angleterre n’était plus qu’un « satellite américain » ? Aujourd’hui qu’il a imposé sa langue et son satané libéralisme avec des agents répugnants comme Britan ou Sutherland, sans oublier son satané atlantisme à l’Europe, on quitterait en douce le navire ??? Quand coule-t-il, ce navire, avec nous dedans ?

Vite, camarades, achetez de l’or, un bateau, et naviguez vers la Patagonie en direction des rêves de notre ami Jean Raspail (car en Asie aussi ça va péter, demandez à Hillary Clinton) ! Et faites sauter le GPS.

De Gaulle donc. Voici ce qu’il dit des Anglais et de leur Europe en 1963 : « Ce que veulent les Anglo-saxons, c’est une Europe sans frontières ; l’Europe des Américains, l’Europe des multinationales. Une Europe qui serait placée sous une inexorable hégémonie américaine. Une Europe où chaque pays européen perdrait son âme. » (1)

De Gaulle prévoit le destin réifié et bureaucratique de cette « grande surface » grise en gestation : « Si l’Europe des peuples est confiée à quelques organismes technocratiques, l’Europe sera limitée et sans avenir. Ce sont les Américains qui en profiteront pour imposer leur hégémonie… »

Il concluait logiquement : « L’Europe ne doit pas avoir d’alliés. Elle doit être indépendante. »

Le Brexit ne me plaît donc pas pour les raisons suivantes :

– Les rats quittent le navire après l’avoir saboté, comme dans un bon de film de commando britannique (où l’on ne fait pas la guerre, seulement du sabotage). James Bond débande.

– Ne croyez pas que la France relèvera la tête l’an prochain avec Alain Juppé au pouvoir. Imaginez comment les marchés puniraient une sortie française ! Je ne veux pas dire par là que je ne le désire pas ; je veux dire par là que nous ne sommes pas prêts ; on n’est pas au temps du citoyen-général Bonaparte. On a eu Poincaré-Mollet depuis.

– La guerre continue contre la Russie car, disait toujours De Gaulle, cette idée européenne a progressé grâce à la menace russe ! La menace russe disparue, on la recrée pour favoriser cette New Europe baltico-polonaise et le pouvoir américain !

– L’important reste la désintégration de l’Empire américain (pas des États-Unis bien sûr). Là, Donald Trump, vrai ami de l’Europe des peuples, peut nous aider, si on n’organise pas son assassinat ou un assassinat pour le culpabiliser lui et son électorat.

Note

  • C’était de Gaulle, Tome I, pp. 366-367.
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    Philippe Randa,
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