par Roland Hélie, directeur de SynthÚse nationale

L’Europe a parlĂ© et elle a plutĂŽt bien parlĂ©. Les rĂ©sultats des Ă©lections europĂ©ennes du 26 mai sont sans Ă©quivoque, partout sur notre continent la prise de conscience identitaire pour laquelle nous militons devient une rĂ©alitĂ©. Sous des formes diffĂ©rentes certes, mais avec un objectif commun, celui de sauver nos nations et notre civilisation, les partis que l’on dit « populistes » font une percĂ©e historique. Le combat que nous menons depuis des dĂ©cennies finit par ĂȘtre entendu tant au niveau national qu’au niveau europĂ©en.

Élections europĂ©ennes 2019.

Élections europĂ©ennes 2019.

Nous l’avons rĂ©pĂ©tĂ© Ă  maintes reprises : tant que les peuples europĂ©ens ne prendront pas conscience au niveau continental des dangers qui menacent leur existence, rien ne sera vraiment possible. Or, ce Ă  quoi on assiste aujourd’hui, c’est justement aux prĂ©mices du rĂ©veil europĂ©en. En 1984, le Front national avait introduit l’immigration incontrĂŽlĂ©e dans les dĂ©bats bruxellois mais il Ă©tait bien le seul ou presque. Depuis, malgrĂ© quelques feux de paille ici ou lĂ , les choses n’avaient pas vraiment changĂ©. Au Parlement europĂ©en, les partis nationalistes, parfois pour des raisons historiques ou par crainte (ce qui est un comble) de heurter le « politiquement correct », Ă©taient divisĂ©s et leur impact restait donc rĂ©duit. Mais cela, espĂ©rons-le, c’était avant…

Le cas de la France

Aujourd’hui, dans pratiquement tous les pays membres de l’Union, des forces nouvelles ont Ă©mergĂ© et nous ne pouvons que nous en fĂ©liciter. Tablons que la raison l’emportera et que celles-ci sauront (dans un esprit de synthĂšse) travailler ensemble. Contre les diktats politico-Ă©conomiques de la Finance et face aux flux migratoires, il en va de l’avenir de la civilisation europĂ©enne…

Autre constat qu’il faut faire suite Ă  cette Ă©lection europĂ©enne, ce sont les rĂ©sultats obtenus par les patriotes en France. Certes, le Rassemblement national arrive en tĂȘte mais son score est en deçà des espĂ©rances de beaucoup vue la situation dramatique dans laquelle est plongĂ© notre pays. MalgrĂ© les difficultĂ©s du gouvernement et la crise des Gilets jaunes, ce score est sensiblement le mĂȘme que celui obtenu par le Front national lors de la prĂ©cĂ©dente consultation de ce type en 2014. Mais, ce qui est intĂ©ressant, c’est que celui-ci (tout de mĂȘme honorable) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par un jeune de 23 ans, inconnu jusque lĂ . Marine Le Pen, candidate inamovible depuis son accession Ă  la prĂ©sidence du FN en 2011, a en effet laissĂ©, par nĂ©cessitĂ© semble-t-il, la tĂȘte de liste Ă  Jordan Bardella et cela, visiblement, n’a pas Ă©tĂ© un frein pour le Rassemblement national. Bien au contraire, Bardella a Ă©galisĂ© sa prĂ©sidente et son talent personnel qui est indĂ©niable n’y est certainement pas pour rien. L’émergence de Jordan Bardella donnera-t-elle un Ă©lan nouveau au courant national ? L’avenir le dira…

Et le RN n’était pas le seul sur le crĂ©neau national et souverainiste. Il y avait bien-sĂ»r l’inĂ©vitable Dupont-Aignan qui, en bon gaulliste qu’il prĂ©tend ĂȘtre, s’est signalĂ© par une succession de reniements. Il y avait Asselineau et Philippot qui voient en l’Allemagne l’ennemi de toujours et qui s’accrochent dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  « la France seule ». Il y avait Renaud Camus qui s’est avĂ©rĂ© bien dĂ©cevant et il y avait aussi, pourquoi pas, une liste royaliste. Mais toutes ces initiatives qui regroupaient des gens certainement sincĂšres n’avaient pas, Ă  proprement parler, de vĂ©ritables crĂ©neaux.

LĂ  oĂč il y a une volontĂ©, il y a un chemin

En revanche, ce qui a retenu notre attention, c’est la prĂ©sence de la Liste de la ReconquĂȘte prĂ©sentĂ©e par La Dissidence française de Vincent Vauclin. Pour ĂȘtre tout a fait honnĂȘte, je dois reconnaĂźtre mon scepticisme lorsque Vincent, l’hiver dernier, me fit part de son ambition de monter une liste pour que les nationalistes rĂ©volutionnaires se fassent entendre lors de cette Ă©lection. PrĂ©senter une liste, pour une petite organisation comme la sienne, me semblait ĂȘtre un projet bien audacieux. Mais, force est de reconnaĂźtre qu’il avait raison puisqu’il a gagnĂ© son pari et que, mĂȘme si son score est modeste (sans bulletin de vote et sans profession de foi, il Ă©tait difficile qu’il en soit autrement), la DF a rĂ©alisĂ© un bon « coup de pub » Ă  moindre frais. Vauclin a aussi prouvĂ© qu’avec une petite structure militante homogĂšne et combative comme la sienne, il est possible de rĂ©aliser « l’impossible », ce qui est Ă  son honneur. Comme quoi, lĂ  oĂč il y a une volontĂ©, il y a un chemin. Il faudra dĂ©sormais compter avec lui…

La « macronie » est toujours debout

L’autre leçon que nous retiendrons, c’est que la « macronie » ne s’en tire pas si mal que cela. Et c’est ce qui est le plus inquiĂ©tant. Bien-sĂ»r, le pouvoir n’a pas lĂ©sinĂ© sur les moyens (et il en a beaucoup) car ce n’était pas gagnĂ© d’avance pour lui. MalgrĂ© son bilan dĂ©sastreux, malgrĂ© sa soumission aux dogmes mondialistes, malgrĂ© la rĂ©pulsion qu’inspirait sa candidate, la RĂ©publique en marche a rĂ©ussit Ă  limiter les dĂ©gĂąts. En se positionnant comme la seule alternative au « populisme », LREM a atomisĂ© ses concurrents potentiels et elle a dĂ©finit le cadre de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle. Le rĂȘve de Macron Ă©tant de se retrouver Ă  nouveau face Ă … Marine Le Pen qui, consciente des limites de la « victoire » du Rassemblement national, s’est subitement abstenue d’exiger la dĂ©mission du prĂ©sident de la RĂ©publique. Mais, Macron devrait le savoir, en politique on ne sait jamais de quoi demain sera fait…

Et maintenant ?

Alors maintenant, me direz-vous, en ce qui nous concerne nous autres nationalistes et identitaires, que faut-il faire ? « La vie commence toujours demain » dit souvent avec malice Jean-Marie Le Pen. Nous devons donc continuer et amplifier notre combat afin que ce « demain » soit celui que nous espĂ©rons. Nous n’avons plus vraiment le temps de faire les fines bouches. Chaque annĂ©e, des pans entiers de nos industries sont bradĂ©s aux multinationales apatrides. Chaque annĂ©e, des centaines de milliers de migrants viennent s’agglutiner sur notre continent, victimes qu’ils sont de l’illusion d’un avenir meilleur auquel ils n’accĂ©deront jamais. Ainsi est le monde que veulent nous imposer les mondialistes, qu’ils soient libĂ©raux ou sociaux-dĂ©mocrates…

Le combat que nous menons est un combat vital pour nos peuples europĂ©ens. C’est un combat que nous n’avons pas le droit de perdre. Ce n’est certainement pas au moment oĂč l’Europe se montre de plus en plus rĂ©ceptive Ă  nos idĂ©es que nous allons renoncer Ă  nous battre. VoilĂ  pourquoi nous vous fixons Ă  tous rendez-vous le 13 octobre prochain Ă  la treiziĂšme journĂ©e de SynthĂšse nationale à Rungis afin de prĂ©parer ensemble les nouvelles offensives qui nous mĂšneront Ă  la victoire finale.

Editorial du n°51 de SynthÚse nationale qui sortira en début de semaine prochaine.