Les « pĂšres fondateurs » de l’Europe, comme ils disent, pour imiter ceux des États-Unis, avaient adoptĂ© une mĂ©thode simple consistant Ă  utiliser l’économie et surtout la finance pour « ancrer la paix », nous rĂ©pĂšte-t-on Ă  longueur de temps, dans des collaborations Ă©conomiques concrĂštes. Aujourd’hui, on sait la rĂ©alitĂ© de cette « richesse » promise. L’Europe est ainsi nĂ©e dans le charbon et l’acier, puis dans la politique agricole commune.

L’Europe s’est ensuite dĂ©veloppĂ©e, si ce n’est emballĂ©e, toute seule et sans l’avis des peuples, si ce n’est contre les peuples. Les plus anciens se souviennent des rĂ©ticences des uns et des autres, puis de leurs abandons Ă  commencer par Jacques Chirac dans son cĂ©lĂšbre « Appel de Cochin » (Ă©crit, en fait, par Pierre Juillet et Marie-France Garaud) contre le parti de l’étranger et qui se termina quelques annĂ©es plus tard par sa lamentable soumission et par son effrayante exigence d’abandon des racines chrĂ©tiennes de l’Europe pour ne pas dĂ©plaire Ă  la Turquie.

Jacques Chirac est un des rares politiques ayant retournĂ© sa veste d’une maniĂšre aussi honteuse. MĂȘme Nicolas Sarkozy n’arrive pas Ă  ses chevilles et pourtant ! Jacques Dutronc et son « opportuniste » est l’exemple typique de ce qu’a Ă©tĂ© Jacques Chirac le « prĂ©fĂ©ré » des Français. Rappelons pour mĂ©moire l’idĂ©e et l’esprit de cet « Appel de Cochin » en 1978 : tout nous conduit Ă  penser que, derriĂšre le masque des mots et le jargon des technocrates, on prĂ©pare l’infĂ©odation de la France, on consent Ă  l’idĂ©e de son abaissement. En ce qui nous concerne nous devons dire NON.

Ce fut un discours Ă©minemment gaulliste s’il en est. Un discours que les partis de droite classique occultent en permanence. Les mĂ©dias l’ont enfoui dans leurs archives et Ă©vitent de le ressortir Ă  Alain JuppĂ©, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et mĂȘme le seul rĂ©fĂ©rent gaulliste qui existe encore au sein des RĂ©publicains, Yves Guaino.

Un discours qui en 1978 Ă©tait prĂ©monitoire : « [
] une Europe fĂ©dĂ©rale ne manquerait pas d’ĂȘtre dominĂ©e par les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains. C’est dire que les votes de majoritĂ©, au sein des institutions europĂ©ennes, en paralysant la volontĂ© de la France, ne serviront ni les intĂ©rĂȘts français, ni bien entendu, les intĂ©rĂȘts europĂ©ens. »

Que veulent faire les Britanniques si ce n’est finalement appliquer la politique du gĂ©nĂ©ral De Gaulle : retrouver leur indĂ©pendance, leur souverainetĂ©, appliquer les lois anglaises, et assurer la volontĂ© du peuple.

« Tout systÚme qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République » (1963).

« On peut faire des discours sur l’Europe supra nationale, ce n’est pas difficile : Il est facile d’ĂȘtre un jean-foutre ! » (10 juin 1965).

« Le capitalisme porte en lui-mĂȘme les motifs d’une insatisfaction massive et perpĂ©tuelle. »

Charles De Gaulle est et reste le plus moderne de tous ces politiques actuels, de France et de Navarre. Il fut un grand visionnaire, ils ne sont que des myopes aux petits bras.

Par mĂ©fiance et pour des raisons historiques, le gĂ©nĂ©ral De Gaulle ne voulait pas du Royaume-Uni dans la communautĂ© europĂ©enne, une communautĂ© qui n’avait pas encore la prĂ©tention de devenir une Union EuropĂ©enne Ă  finalitĂ© fĂ©dĂ©rale. Le Royaume-Uni lui rĂ©pond aujourd’hui, en devenant le pays le plus gaulliste d’Europe.

Croire que le Royaume-Uni va s’effondrer du fait qu’il sorte du carcan europĂ©en (bien moins serrĂ© qu’en France), est une manipulation de base, une intoxication magistrale.

Dire que le Royaume-Uni va redevenir « une petite nation » est d’une stupiditĂ© phĂ©nomĂ©nale digne d’un ancien cadre de la banque Rothschild dĂ©fendant les intĂ©rĂȘts bancaires de son ancienne maison.

Les grands intĂ©rĂȘts, les capitaux sortent les canons y compris en Angleterre contre cette sortie du Royaume-Uni : des patrons importants montent au crĂ©neau, des centaines de milliers de livres versĂ©es par une banque amĂ©ricaine aux proeuropĂ©ens, le secteur automobile britannique inquiet pour ses emplois : les grandes entreprises passent Ă  la vitesse supĂ©rieure pour que le Royaume-Uni reste dans l’Union europĂ©enne.

C’est clair, limpide comme de l’eau de roche. Nous savons tous, au moins pour ceux qui s’intĂ©ressent un tant soit peu Ă  la politique europĂ©enne, que les États-Unis sont pleinement partie prenante de cette Europe liberticide qui devient une sorte d’URSS de l’Ouest Ă  la solde des intĂ©rĂȘts amĂ©ricains. L’Europe est devenue le prĂ© carrĂ© des États-Unis, une Europe noyĂ©e peu Ă  peu par des dĂ©serteurs du Moyen-Orient, par des migrants avides d’allocations qui seront naturalisĂ©s rapidement et priveront Ă  terme, les peuples de souche d’ĂȘtre chez eux. Les Anglais ont compris que l’Angleterre ne survivra pas Ă  cette inondation programmĂ©e par les États-Unis et Bruxelles Ă  travers Eurabia.

Que faut-il penser de ces coups de canons des entreprises contre le Brexit ? De ce grand patronat qui n’a pas grand-chose Ă  voir avec les TPE, PME et autres artisans ? L’Union EuropĂ©enne n’aime pas les peuples, elle s’en mĂ©fie, elle dĂ©teste la dĂ©mocratie et adore la finance et le quant Ă  soi dans les salons feutrĂ©s de Bruxelles. Il faut rappeler sans cesse que cette Union EuropĂ©enne Ă©vite rĂ©guliĂšrement de demander l’avis des peuples et que lorsque cela a pu se faire, ce fut une dĂ©fiance totale de ceux-ci comme en Hollande (2005, 2016) et en France (2005). Souvenons-nous des propos de l’ineffable Daniel Cohn-Bendit qui a pu dire qu’en cas de refus des peuples, il fallait faire revoter jusqu’à ce que les peuples disent oui !

Notons au passage, que les Anglais ont su évoluer sans passer par la case révolution, ses milliers de morts décapités sur nos places publiques et un génocide, celui des Vendéens. Ils ont su faire évoluer leur systÚme politique sans avoir eu à changer de régime.

EspĂ©rons que cette Angleterre nous montrera l’exemple Ă  suivre comme elle a su le faire lors des deux derniĂšres guerres mondiales. Que la France ira, elle aussi, vers une sortie de cette Europe liberticide et qu’elle sera une militante gaulliste dĂ©sirant une Europe des Nations souveraines partageant et s’unissant sur des intĂ©rĂȘts communs et gĂ©nĂ©raux pour les peuples et non uniquement pour la finance.

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