C’est toujours de cette façon que meurt un rĂ©gime politique, voire une civilisation : lorsqu’un petit groupe d’agitĂ©s, aussi motivĂ©s qu’efficaces, s’empare de la force publique, profitant de la passivitĂ© du troupeau humain.

masques rome ancienne

Les minoritĂ©s commencent par saper l’autoritĂ© du Pouvoir en place, sous les applaudissements d’une partie des rejetons veules, incapables et moralement dĂ©ficients de l’élite de la richesse et de la culture. C’est la phase nĂ©cessaire, gĂ©nĂ©ralement longue de plusieurs dĂ©cennies, que des observateurs aussi lucides qu’impuissants nomment parfois, d’une façon fort intelligente : miner une sociĂ©tĂ©.

On y parvient grĂące Ă  l’hystĂ©rie et Ă  l’arrogance, par l’usage des confusions sĂ©mantiques et du trompe-l’Ɠil, et encore plus facilement si l’on adopte un statut victimaire. Les sexagĂ©naires actuels ne peuvent oublier comment ont agi, puis triomphĂ©, les agitateurs des annĂ©es 1965 sq. en Occident.

L’hystĂ©rie du comportement, l’arrogance du discours exercent une extraordinaire fascination sur le bourgeois, l’ouvrier, le commerçant ou le paysan calmes et travailleurs. Car, pour des ĂȘtres qui s’ennuient Ă  force de routine, d’application et de conformisme, il persiste toujours un espoir de divertissement hors normes. Les dĂ©traquĂ©(e)s et les crĂ©tins fascinent les ĂȘtres de bon sens, au mĂȘme titre qu’ils se jettent, avant de s’endormir ou lors de leurs vacances, sur des thrillers dĂ©goulinant de joie de nuire, de malfaisance, de sang et d’horreur.

La bonne propagande est celle qui fait passer l’exception pour la rĂšgle, qui parvient Ă  faire adhĂ©rer aux plus gros mensonges, par le mĂ©canisme de l’information, tronquĂ©e parce que partielle et partisane, ainsi que par la rĂ©pĂ©tition jusqu’à satiĂ©tĂ© des mĂȘmes bobards. Les images et les films truquĂ©s valent infiniment mieux que n’importe quel discours dĂ©magogique, tout le monde le sait depuis plus d’un siĂšcle. Mais le succĂšs va toujours Ă  celui qui promet la lune sans effort ou, mieux encore, le paradis, soit terrestre, mais dans un avenir indĂ©terminĂ©, soit post-mortem – et personne n’est jamais revenu d’outre-tombe pour dĂ©tromper les bonimenteurs.

Au bout du compte, l’universitaire se retrouve aux cĂŽtĂ©s de l’analphabĂšte, vaincu par les mĂȘmes mensonges ou les mĂȘmes demi-vĂ©ritĂ©s, seule varie la prĂ©sentation
 encore a-t-on vu en 1968 de soi-disant brillants cerveaux beugler des slogans d’un merveilleux crĂ©tinisme.

La reconnaissance par les mĂ©dias – partant par l’opinion publique qu’il est devenu si aisĂ© de formater grĂące Ă  la propagande tĂ©lĂ©visĂ©e, puis aux blogs et aux sites Ă  prĂ©tentions historiques du Net – du statut de victime personnelle, familiale ou communautaire, permet d’exiger une protection juridique particuliĂšre, une attĂ©nuation du discours mĂ©diatique en cas de dĂ©viance personnelle ou communautaire, et d’espĂ©rer un afflux d’hommages publics et privĂ©s, ainsi que de subventions d’origine Ă©tatique.

Être reconnu descendant d’un peuple de « victimes perpĂ©tuelles de persĂ©cutions » permet de s’intĂ©grer Ă  ces « minoritĂ©s qui font la loi ». Se rĂ©clamer du judaĂŻsme victimaire, se poser en lointain descendant d’esclaves, en victime de discrimination sexiste ou « homophobe », en rĂ©sidu d’inceste ou de viol Ă  l’ñge prĂ©pubĂšre font de n’importe quel minus, voire d’un authentique dĂ©linquant, un sujet hautement protĂ©gĂ© par les mĂ©dias, l’administration publique et les directeurs des relations humaines du secteur public et du privĂ©. La posture victimaire bien exploitĂ©e autorise la revendication permanente et tous azimuts.

À la fin du processus de pourrissement de la sociĂ©tĂ©, s’impose l’une des minoritĂ©s. Qu’elle soit composĂ©e d’une communautĂ© d’affairistes, d’intellectuels, de professionnels de la manipulation d’opinion publique (depuis les journalistes et les politiciens « fous de dieu » jusqu’aux simples courtiers en assurance vie Ă©ternelle) ou encore de guerriers ne fait rien Ă  l’affaire. D’ailleurs, bien souvent, comme ce fut le cas en France l’An 1789, Ă  Petrograd en 1917 ou Ă  TĂ©hĂ©ran l’An 1979, on trouve associĂ©s des membres de ces quatre composantes.

DĂšs qu’une minoritĂ© a triomphĂ©, raflant le Pouvoir – soit la puissance policiĂšre et militaire, la justice, les mĂ©dias, le droit d’user de l’argent public et, pour les nullitĂ©s plus ou moins dĂ©coratives, l’accĂšs aux sinĂ©cures dorĂ©es –, dĂ©butent les querelles de Divas. La lutte est sans merci, mais pas forcĂ©ment sanglante. Puis se crĂ©e une sociĂ©tĂ© nouvelle, dont la durabilitĂ© dĂ©pend de bien trop de paramĂštres, dont le plus puissant demeure sa sacrĂ©e majestĂ© le hasard, pour qu’on puisse Ă©noncer une thĂ©orie Ă  ce propos.

Il n’est pas besoin de « complot » (variante Ă  la sauce romantique : de « conjuration ») pour expliquer la victoire d’une minoritĂ©.

Les minoritĂ©s qui ont triomphĂ© ces derniers millĂ©naires jouissaient presque toutes d’un chef, parfois gĂ©nial (tels Jules CĂ©sar et son neveu Octave devenu Auguste), souvent mĂ©diocre (un François Mitterrand a incarnĂ© l’espoir du changement en France Ă  l’aube des annĂ©es 1980).

De façon obligatoire, elles sont riches de propagandistes efficaces, ceux qui savent « colĂ©rer » la populace, suivant le principe fondamental : « Plus c’est gros, plus c’est con, mieux ça passe. »

Mais, pour triompher, elles doivent nĂ©cessairement enthousiasmer des militants prĂȘts Ă  tout sacrifier pour la cause. Une minoritĂ© qui gagne n’est pas celle qui pleurniche ou intente des actions en justice pour enrichir ses membres ou faire parler d’eux. Une minoritĂ© qui emporte le morceau est celle qui parvient Ă  noyauter l’infrastructure de l’État, non pas les hauts fonctionnaires vĂ©naux et opportunistes, mais des centaines de petits agents mus par l’idĂ©al ou l’ambition – et la combinaison de ces deux motivations s’est toujours avĂ©rĂ©e particuliĂšrement efficace.

Dans la France soixante-huitarde, les fĂȘtards alcoolo-tabagiques et les grandes gueules marxistes de toutes les chapelles (trotskistes et maoĂŻstes s’avĂ©rant les plus nocifs) ont obtenu ce qu’ils voulaient : l’abolition de l’État napolĂ©onien, la fĂ©minisation de la sociĂ©tĂ© – gage d’une plus grande efficacitĂ© de la propagande pleurnicharde et dĂ©magogique –, le brassage des races et des cultures. Ils n’ont fait que dĂ©truire, tenter de dissoudre l’esprit national. Ils y sont presque parvenus grĂące Ă  la globalo-mondialisation.

Le rĂ©sultat est effarant, au point que le seul (et lamentable) mouvement populiste français est objectivement devenu le premier parti du pays
 au moment oĂč il n’a plus ni chef, ni doctrine, ni Ă©lan, ni militantisme actif.

Au milieu des ruines, il reste l’espĂ©rance. Celle du triomphe d’une aristocratie du courage et de la droiture, au service du Bien commun et de la Nation, elle-mĂȘme pleinement intĂ©grĂ©e Ă  la race europĂ©enne.

Mais pour obtenir ce rĂ©sultat, il faut attendre que les Français – et d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale les EuropĂ©ens – souffrent davantage qu’actuellement, pour qu’enfin ils se rĂ©voltent. Ils ne le feront que le jour oĂč une puissante minoritĂ© active aura compris que la globalo-mondialisation menace directement la survie de leurs descendants.

Car, si la plupart des minoritĂ©s triomphantes s’avĂšrent malfaisantes, corrompues, tyranniques, voire sanguinaires, il en est de bienfaisantes – celle qui instaura l’Empire romain, par exemple.

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A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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