La mochetĂ© morale de la campagne des prĂ©sidentielles (et ce sera pire lors des lĂ©gislatives suivantes) ne fait que rĂ©vĂ©ler la profondeur de notre dĂ©chĂ©ance : la Nation française, submergĂ©e d’inutiles alluvions d’origine extra-europĂ©enne, est aveulie, vulgaire, minable.

Cela n’est nullement une nouveautĂ© dans l’histoire de la France. L’époque des ultimes MĂ©rovingiens, puis celle des derniers Carolingiens, la guerre de Cent Ans, le rĂšgne du lamentable Louis XVI, les annĂ©es 1899-1912, la triste dĂ©cennie 1931 sq. furent des exemples de dĂ©pression de la volontĂ© nationale et de vie vĂ©gĂ©tative, suivies d’un extraordinaire regain d’activitĂ©, souvent brouillonne, mais pleine d’énergie et de gloire, donnant naissance Ă  ces mythes historiques qui soudent la collectivitĂ©.

L’on se moque des turpitudes et des crimes d’un Charlemagne ou d’un Philippe II (devenu Auguste, soit : un roi qui se voulait l’égal de l’Empereur germanique, aprĂšs la victoire de Bouvines) ; l’on n’a rien Ă  faire des guillotinĂ©s de la Terreur et des agissements des soudards de 1792 Ă  1805, des offensives stupides et criminelles d’un Joffre ou d’un Foch, ou encore de l’énorme part de supercherie des « épopĂ©es » gaulliste et de la RĂ©sistance.

Il suffit que ces actions aient fait rĂȘver la Nation et, qu’en dĂ©pit de leurs Ă©checs apparents, de leurs erreurs et/ou de leurs imperfections, une Jeanne d’Arc, un NapolĂ©on, le PĂ©tain des annĂ©es 1914-1918 et de l’An 40, le de Gaulle du 18 juin 1940 et quelques hĂ©ros qui ont laissĂ© une trace dans l’histoire nationale, servent d’exemples (ou d’archĂ©types, comme disent les savants).

Tout (ou presque) est faux dans l’histoire telle qu’elle est racontĂ©e par les aĂšdes officiels des universitĂ©s et des mĂ©dias, mais cette narration fortement idĂ©alisĂ©e est indispensable Ă  la vie d’une Nation : elle soude la collectivitĂ© et enseigne les vertus de noblesse et d’abnĂ©gation au service de la collectivitĂ©, du dĂ©vouement Ă  l’État lorsque ses chefs en paraissent dignes, Ă©ventuellement du sacrifice suprĂȘme pour la grande cause.

De fait, rien n’est enthousiasmant, ni mĂȘme beau dans la Ve RĂ©publique agonisant dans les malversations et l’absence de fiertĂ© nationale, parce que ses soi-disant Ă©lites se sont vendues aux multinationales, se vautrant avec dĂ©lices dans le monde du fric aisĂ©ment gagnĂ© et du mensonge de propagande. On veut bien reconnaĂźtre que l’un ou l’autre des candidats inconnus est sincĂšre et prononce des paroles qui ne sont pas sottes, mais qui va suivre des cuistres de sous-prĂ©fecture ?

Ce n’est pas d’un PrĂ©sident de la Ripoublique, comme elle en a trop vu, dont la Nation a besoin, mais d’une grande aventure – que l’on peut nommer « projet politique », si l’on n’est pas trop Ă©cƓurĂ© par l’adjectif, dĂ©naturĂ© par des milliers d’élus inefficaces, ineptes et trop souvent malhonnĂȘtes.

Comment croire que ces guignols qui se succĂšdent Ă  l’ÉlysĂ©e depuis quelques dĂ©cennies pour faire tous la mĂȘme politique du chien crevĂ© dĂ©rivant au fil de l’eau – une politique qui leur est dictĂ©e par le Pouvoir Ă©conomique – pensent, ne serait-ce qu’une seconde, Ă  l’intĂ©rĂȘt de la Nation française ?

En favorisant l’avortement de complaisance des Françaises de souche europĂ©enne et en important plus de dix millions d’Africains et de Proche- et Moyen-Orientaux ? En implantant l’islam djihadiste et en laissant s’implanter deux mille citĂ©s de non-droit sur le sol national ? En laissant se dĂ©truire l’industrie française et en bradant l’agriculture aux multinationales de la distribution ? En amusant la galerie avec de faux problĂšmes de soi-disant Ă©cologie, qui servent Ă  mieux vendre d’onĂ©reux produits de substitution ou Ă  taxer davantage les contribuables ?

Que les Ă©lecteurs veuillent bien mĂ©diter un instant sur leurs buts de vie et sur l’avenir de leurs enfants. Que, surtout, ils veuillent bien penser par eux-mĂȘmes, en faisant abstraction du bourrage de crĂąnes des mĂ©dias tĂ©lĂ©visĂ©s, tous – mĂȘme les chaĂźnes financĂ©es avec l’argent public – aux ordres du Pouvoir Ă©conomique.

Le bon gouvernement est celui qui s’occupe exclusivement du Bien commun
 et l’on ne peut guĂšre attendre d’un affairiste qu’il se consacre Ă  la communautĂ©. La propagande actuelle est de type individualiste, car, en persuadant chacun qu’il est un petit roi ou une jolie princesse, cette propagande permet de noyer les vĂ©ritables problĂšmes de fond sous une avalanche de petits besoins et de jouissances au quotidien.

L’avenir de la France, l’avenir du continent europĂ©en – Ă©tendu de l’Islande Ă  Vladivostok – sont en passe d’échapper Ă  leurs maĂźtres lĂ©gitimes. Il est temps d’ouvrir les yeux et de se poser les bonnes questions : celle de l’adĂ©quation d’un continent et de son peuplement, celle du but d’un État et d’un gouvernement. Par le peuple, pour le peuple
 ou le nĂ©ant.

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Philippe Randa,
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