Pas plus que son cousin et prĂ©dĂ©cesseur Charles VIII, Louis XII ne semblait avoir la moindre notion des fameuses et mythiques « frontiĂšres naturelles » de la France. Il n’avait pas l’air de se rendre compte que les Alpes pourraient en ĂȘtre une (qu’en effet elles n’avaient Ă©tĂ© ni pour les Gaulois, ni pour les Romains, ni pour Charlemagne, ni pour personne).

Et, comme Charles VIII avait connu des dĂ©boires de l’autre cĂŽtĂ© des Alpes, Louis XII n’eut rien de plus pressĂ© que d’aller en chercher Ă  son tour. Sa grand-mĂšre Ă©tant une Visconti, il se considĂ©rait comme l’hĂ©ritier du duchĂ© de Milan, qu’il conquit grĂące Ă  la victoire de Novare en 1499 et dont il fut reconnu souverain par l’empereur.

Le succĂšs de cette opĂ©ration rondement menĂ©e poussa Louis XII Ă  tenter de reprendre Naples. Il s’acoquina avec le roi d’Aragon et les deux compĂšres s’emparĂšrent de Naples sans difficultĂ© en 1500. Mais Ferdinand, qui n’avait pas l’intention de partager le magot, se retourna contre son alliĂ©, qu’il chassa d’Italie en 1504. Une indemnitĂ© de 900 000 florins permit de sauver la face.

On aurait pu en rester lĂ . Mais c’était sans compter sans Jules II, qui souhaitait rĂ©cupĂ©rer Ravenne, conquise par Venise, et rĂ©unit Ă  cet effet dans la ligue de Cambrai Florence, Louis XII, Maximilien d’Autriche et Ferdinand d’Aragon. La victoire d’Agnadel (1509) permit au pape de recouvrer Ravenne. Il rĂ©unit aussitĂŽt une nouvelle ligue, destinĂ©e cette fois Ă  chasser les Français. Battue en Italie, attaquĂ©e par les Suisses en Bourgogne, sur les PyrĂ©nĂ©es par les Espagnols et dans le Nord par les ImpĂ©riaux et les Anglais, la France ne dut son salut qu’à la dislocation de la ligue Ă  la mort de Jules II (1513).

Les historiens ne peuvent se rĂ©soudre Ă  avouer que ces expĂ©ditions n’eurent aucun bon rĂ©sultat. Ils affirment donc que les guerres d’Italie hĂątĂšrent l’introduction de la Renaissance en France. Cette affirmation prĂȘte Ă  rire. Croit-on vraiment que les Ɠuvres de PĂ©trarque ne pouvaient parvenir en France que dans les sacoches d’un soudard ? C’est d’autant plus douteux que la Renaissance est arrivĂ©e tout autant, sinon plus, par la Flandre que par l’Italie. Clouet est un Ă©mule d’Holbein et de Van Eck, pas de Michel-Ange.

Or, la Flandre, c’est une ancienne possession du duc de Bourgogne, dont la cour Ă©tait beaucoup plus brillante et raffinĂ©e que celle du roi de France. Établir un lien de cause Ă  effet entre les guerres d’Italie et la Renaissance française, c’est contribuer Ă  faire oublier la grandeur des ducs de Bourgogne. La Flandre et le Milanais Ă©taient les deux pĂŽles Ă©conomiques de l’Europe, grĂące aux riches drapiers (car la draperie Ă©tait alors la seule vĂ©ritable industrie). Pour se diffuser, ni les idĂ©es ni les arts n’ont jamais eu besoin des expĂ©ditions, dĂ©sastreuses ou non, de la soldatesque royale. Par contre, il est certain que l’interminable guerre de Cent Ans, continuĂ©e par Louis XI contre le duc de Bourgogne, avait retardĂ© la Renaissance.

Mais revenons Ă  Louis XII. En 1506, les Ă©tats gĂ©nĂ©raux de Tours, pas rancuniers malgrĂ© les dĂ©sastres italiens, lui dĂ©cernĂšrent le titre de « pĂšre du peuple ». Mais pourquoi donc ces Ă©tats s’étaient-ils rĂ©unis ?

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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