Lors de la campagne Ă©lectorale pour le renouvellement anticipĂ© du Parlement rĂ©gional de Catalogne, en 2012, Artur Mas n’hĂ©sita pas Ă  lancer Ă  la foule, lors d’un rassemblement, « Pour la premiĂšre fois depuis trois siĂšcles, le peuple de Catalogne va enfin pouvoir dĂ©cider de son futur. »

Le programme politique d’Artur Mas Ă©tait clair : il s’agissait pour la Catalogne « d’avoir son propre État dans le cadre de l’Europe » : un double positionnement clair, sĂ©paration de l’État national espagnol et intĂ©gration, ou plutĂŽt rĂ©intĂ©gration, au sein de l’Union europĂ©enne, selon le processus institutionnel indiquĂ© lors de notre Ă©tude sur l’Écosse.

Artur Mas, candidat de la coalition indépendantiste septembre 2015.

Artur Mas, candidat de la coalition indĂ©pendantiste – septembre 2015.

Nul extrĂ©misme politique, ou folklore identitaire, dans la gestion d’Artur Mas qui dirigea la Catalogne avec un parti libĂ©ral, Convergence dĂ©mocratique de la Catalogne (CDC) et des dĂ©mocrates-chrĂ©tiens, l’Union dĂ©mocratique de Catalogne (UDC) : ces deux partis alors fĂ©dĂ©rĂ©s au sein de la CiU.

Toutefois, en juin 2015, les divergences entre les deux partenaires de la coalition entraĂźnent la dissolution de celle-ci. L’UDC (que l’on pourrait qualifier d’« aile droite » de la coalition) se prĂ©sente seule aux Ă©lections au Parlement catalan du 27 septembre 2015 oĂč elle n’obtient que 2,51 % des voix et aucun Ă©lu. Il en est de mĂȘme lors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales du 20 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e. L’UDC, proche des partis conservateurs europĂ©ens, rejette, en effet, le dĂ©mantĂšlement de l’Espagne.

Au sein du Parlement europĂ©en, oĂč ils sont prĂ©sents depuis 1986, date de l’adhĂ©sion espagnole, les reprĂ©sentants de la CiU (qui n’existe plus, depuis le dĂ©part de l’UDC) siĂšgent avec les libĂ©raux europĂ©ens, au sein du groupe « Alliance des dĂ©mocrates et des libĂ©raux pour l’Europe », dont les membres sont trĂšs favorables Ă  la construction europĂ©enne et Ă  son dĂ©veloppement. Ses principaux alliĂ©s, au sein de ce groupe, sont les partis libĂ©raux en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni, mais aussi le Modem français et les nationalistes basques du Parti National Basque (PNV) dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ©. Signe distinctif, le seul Ă©lu UDC en 2014, qui a quittĂ© la coalition rĂ©gionale, siĂšge avec les Ă©lus du Parti populaire europĂ©en (PPE), avec les conservateurs espagnols du Parti populaire de l’actuel Premier ministre Rajoy.

La CiU a donc vĂ©cu. Le nouveau dirigeant de la province, Carles Puigdemont, s’appuie sur une coalition appelĂ©e « Ensemble pour le oui » (sous-entendu, « oui » Ă  l’indĂ©pendance) qui comprend, outre son propre mouvement, le CDC, l’ERC (la Gauche rĂ©publicaine de Catalogne). Pour parfaire ces mutations politiques, la CDC est devenue le Parti dĂ©mocrate europĂ©en catalan (PDECAT), parti catalan libĂ©ral et indĂ©pendantiste, crĂ©Ă© Ă  Barcelone le 10 juillet 2016.

Concernant la question migratoire, mĂȘme si les nombreux Marocains, ou personnes d’origine marocaine, vivant en Catalogne, soit une communautĂ© estimĂ©e Ă  250 000 personnes, sont courtisĂ©s par la coalition indĂ©pendantiste, ils restent partagĂ©s du fait de la revendication de souverainetĂ© du Sahara occidental. Craignant une revendication qui fasse tache d’huile sur ce territoire, le consul du Maroc en Espagne ne cache pas son opposition au projet de Catalogne indĂ©pendante.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.