N’ayant ni internet ni la tĂ©lĂ©, je reçois un SMS matinal. Les Anglais sortent de l’Europe, dit-on. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© qu’ils y restent ou bien qu’ils sortent de l’Otan.

Je connais ce systĂšme et, plus je le connais, plus je le respecte. Car pour se maintenir, on voit bien qu’il ne recule plus devant rien : exĂ©cutions (Ă  quand le feu au parlement europĂ©en ?) attentats, menaces d’attentats, guerre continentale contre les Russes, terrorisme financier
 On va voir Ă  quelle sauce les Ă©lecteurs anglais se feront manger. Puis Ă  quelle sauce nous nous ferons manger, nous. Nous quitterons Charybde pour tomber dans le nĂ©ant de l’autre monstre bien connu.

Ne jamais oublier une chose : dans ce systÚme, le mécontentement populaire sert des desseins et des agendas bien précis qui se retournent contre les peuples. Ces Anglais qui rùlent, ces Espagnols, ces Italiens, ces Français qui rùlent, eh bien ! dites-vous que les banksters et les politiques vont se les aligner un jour.

On les mijotera aux petits obus, disait CĂ©line.

Les Anglais sont sortis. Pourquoi Ă©taient-ils entrĂ©s ? De Gaulle ne nous avait-il pas prĂ©venus que le vieux pays nuisible nommĂ© Angleterre n’était plus qu’un « satellite amĂ©ricain » ? Aujourd’hui qu’il a imposĂ© sa langue et son satanĂ© libĂ©ralisme avec des agents rĂ©pugnants comme Britan ou Sutherland, sans oublier son satanĂ© atlantisme Ă  l’Europe, on quitterait en douce le navire ??? Quand coule-t-il, ce navire, avec nous dedans ?

Vite, camarades, achetez de l’or, un bateau, et naviguez vers la Patagonie en direction des rĂȘves de notre ami Jean Raspail (car en Asie aussi ça va pĂ©ter, demandez Ă  Hillary Clinton) ! Et faites sauter le GPS.

De Gaulle donc. Voici ce qu’il dit des Anglais et de leur Europe en 1963 : « Ce que veulent les Anglo-saxons, c’est une Europe sans frontiĂšres ; l’Europe des AmĂ©ricains, l’Europe des multinationales. Une Europe qui serait placĂ©e sous une inexorable hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine. Une Europe oĂč chaque pays europĂ©en perdrait son Ăąme. » (1)

De Gaulle prĂ©voit le destin rĂ©ifiĂ© et bureaucratique de cette « grande surface » grise en gestation : « Si l’Europe des peuples est confiĂ©e Ă  quelques organismes technocratiques, l’Europe sera limitĂ©e et sans avenir. Ce sont les AmĂ©ricains qui en profiteront pour imposer leur hĂ©gĂ©monie  »

Il concluait logiquement : « L’Europe ne doit pas avoir d’alliĂ©s. Elle doit ĂȘtre indĂ©pendante. »

Le Brexit ne me plaĂźt donc pas pour les raisons suivantes :

– Les rats quittent le navire aprĂšs l’avoir sabotĂ©, comme dans un bon de film de commando britannique (oĂč l’on ne fait pas la guerre, seulement du sabotage). James Bond dĂ©bande.

– Ne croyez pas que la France relĂšvera la tĂȘte l’an prochain avec Alain JuppĂ© au pouvoir. Imaginez comment les marchĂ©s puniraient une sortie française ! Je ne veux pas dire par lĂ  que je ne le dĂ©sire pas ; je veux dire par lĂ  que nous ne sommes pas prĂȘts ; on n’est pas au temps du citoyen-gĂ©nĂ©ral Bonaparte. On a eu PoincarĂ©-Mollet depuis.

– La guerre continue contre la Russie car, disait toujours De Gaulle, cette idĂ©e europĂ©enne a progressĂ© grĂące Ă  la menace russe ! La menace russe disparue, on la recrĂ©e pour favoriser cette New Europe baltico-polonaise et le pouvoir amĂ©ricain !

– L’important reste la dĂ©sintĂ©gration de l’Empire amĂ©ricain (pas des États-Unis bien sĂ»r). LĂ , Donald Trump, vrai ami de l’Europe des peuples, peut nous aider, si on n’organise pas son assassinat ou un assassinat pour le culpabiliser lui et son Ă©lectorat.

Note

  • C’était de Gaulle, Tome I, pp. 366-367.
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