Tout le monde a parlĂ© de surprise totale, de sidĂ©ration, parce qu’on ne veut pas croire au RĂ©el, parce que toutes les « zĂ©lites » et les mĂ©dias sont hors sol (sauf en Angleterre oĂč les deux options Ă©taient assez bien reprĂ©sentĂ©es, ce qui est exceptionnel ramenĂ© Ă  la bien-pensance mĂ©diatique gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans nombre de pays europĂ©ens au point oĂč l’on pourrait parler de pavlovisme mĂ©diatique et oĂč les journalistes pourront bientĂŽt ĂȘtre remplacĂ©s par des perroquets, tant ils sont rĂ©pĂ©titifs).

Jamais il n’y a eu un tel matraquage politico-mĂ©diatique fait de menaces, de pressions, de catastrophisme. Il faudra illustrer et exemplifier ce phĂ©nomĂšne connu, mais poussĂ© ici Ă  un paroxysme non encore atteint sur d’autres enjeux. Et le point le plus remarquable rĂ©side dans le fait que malgrĂ© ce rouleau compresseur politico-mĂ©diatique une majoritĂ© d’électeurs anglais ont rĂ©sistĂ© et ne se sont pas laissĂ©s impressionner. Cet aspect est tellement important que je pense que mĂȘme en Suisse, habituĂ©e pourtant Ă  une dĂ©mocratie directe participative au quotidien, la rĂ©sistance n’aurait pas Ă©tĂ© aussi forte. On a, en effet, vu rĂ©cemment les Ă©lecteurs se laisser influencer par une campagne massive et mĂȘme parfois mensongĂšre de la part des autoritĂ©s et des mĂ©dias, cela Ă  propos de votations populaires sur les migrants et les criminels Ă©trangers, par exemple.

Cela montre que le sentiment patriotique et l’attachement Ă  la souverainetĂ© nationale sont plus forts en Grande-Bretagne que dans bien d’autres pays. Sentiment encore renforcĂ© par le fait que le Brexit pourra avoir certaines consĂ©quences Ă©conomiques nĂ©gatives, du moins dans un premier temps. Les principes politiques et citoyens passent avant le confort matĂ©riel. Une vraie leçon Ă  l’heure de l’économisme et du mondialisme des dirigeants europĂ©ens non Ă©lus et de plus en plus autoritaires.

Soulignons l’attitude tranchĂ©e et non ambiguĂ« de la RĂ©information, Ă©galement de notre site LesObervateurs.ch en particulier : nous avons souhaitĂ© depuis des annĂ©es non seulement des rĂ©fĂ©rendums dans les pays europĂ©ens, mais clairement l’effondrement de cette UE qui n’a rien Ă  voir avec une Europe qui existe depuis longtemps et qu’il faut renforcer dans tous les domaines, mais de maniĂšre dĂ©mocratique, avec l’accord des peuples et en respectant au maximum les souverainetĂ©s nationales. À cette condition, l’Europe peut devenir une grande puissance modĂšle et de rĂ©fĂ©rence, non dĂ©testĂ©e par de plus en plus de pays.

Toutefois, Ă  ce propos, le plus difficile sera d’entreprendre cette reconstruction, aprĂšs la destruction et le dĂ©voiement actuel, avec des personnalitĂ©s nouvelles, susceptibles d’enthousiasmer les peuples, car les autoritĂ©s et la bureaucratie actuelles feront tout pour rester en place et garder un pouvoir illĂ©gitime, quitte Ă  faire semblant de s’adapter aux nouvelles exigences. LĂ , il y a un vrai danger : rĂ©cupĂ©rer ce rejet pour garder le pouvoir et des privilĂšges scandaleux.

Certains osent : il faut plus d’Europe et pas moins pour rĂ©soudre les problĂšmes ! Autre chant du cygne.

Passons sur les arguments dĂ©biles rĂ©pĂ©tĂ©s en boucle par de prĂ©tendus spĂ©cialistes : les gens ont votĂ© avec les tripes, populisme, xĂ©nophobie, racisme, Ă©goĂŻsmes, souverainisme europhobe, rĂ©actions Ă©motionnelles, etc. Et la liste des dĂ©nigrements du peuple va s’étendre ces prochains jours, Ă  l’infini. Or, les traĂźtres envers les identitĂ©s, les intĂ©rĂȘts nationaux et les Ă©lĂ©ments historiques fondateurs des nations ne sont pas Ă  chercher du cĂŽtĂ© des couches populaires patriotes ; celles-ci sont tout Ă  fait prĂȘtes Ă  conjuguer l’attachement au national avec une ouverture au supra-national. Faudrait-il encore qu’il soit autre qu’un mondialisme dĂ©bridé ; ce supra-national que personne ne conteste dans la mesure oĂč il ne fait pas fi des bases nationales qu’il devra respecter au plus profond d’elles-mĂȘmes.

En bref, les peuples d’Europe, avec les particularitĂ©s de chacun, doivent passer avant des Ă©lites autoproclamĂ©es, non Ă©lues, trop souvent incompĂ©tentes, qui prĂ©tendent faire le bonheur des peuples contre eux-mĂȘmes. Populisme que tout cela diront ces « zĂ©lites » une nouvelles fois. Sauf que plus personne n’y croit et qu’on attend maintenant les discours de nouvelles personnalitĂ©s et de nouveaux responsables politiques capables de comprendre les peuples et leurs singularitĂ©s pour leur montrer la force, la puissance, l’originalitĂ© et la beautĂ© d’un projet europĂ©en qui part de ces peuples pour les amener plus loin, vers un ensemble qu’ils peuvent comprendre, accepter et mĂȘme soutenir avec enthousiasme.

Les peuples sont plus intelligents qu’on ne le pense. Il n’y a que des « zĂ©lites » hors sol pour les mĂ©priser. Les Anglais nous ont montrĂ© le chemin. Il ne reste plus qu’à les suivre


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