5 mai 2020

Demain ne sera plus comme avant

Par Jean-Pierre Brun

Avec le virus qui nous affecte et la crise qui nous infecte, une affirmation revient invariablement dans la bouche de nos hommes politiques et des experts en tout et n’importe quoi commentant l’actualité : « Demain ne sera plus comme avant. »

Formule valise qui permet par exemple aux eurosceptiques d’entrevoir, tel un cachet de paracétamol effervescent, la dissolution de l’euro et la dislocation des pièces mal ajustées de l’Union européenne. Formule valise qui offrirait aux adeptes inconditionnels de celle-ci l’occasion inespérée de renforcer ses structures incontestablement défaillantes.

En sommes-nous si sûrs ?

Avant même la sortie de cette pandémie, catastrophique pour certains, providentielle pour d’autres, se pose la question du financement des mesures économiques qui se bousculent sur le terrain déjà « marmité » de la solidarité nationale. C’est ce qui permet au sage de rappeler un postulat de Frédéric Bastiat, un économiste oublié, mort en 1850 : « L’État providence, c’est la grande fiction pour laquelle on veut vivre aux dépens de tout le monde »… sous réserve que chacun mette la main à la poche, devrait-il préciser en 2020. C’est toute la nuance qui existe entre un « on » parfaitement indéfini et un « chacun » qu’il convient de préciser.

Frédéric Bastiat.

Frédéric Bastiat.

Le confinement permet d’évaluer encore plus spécifiquement l’impact des « territoires perdus de la République » sur le fonctionnement de l’État . Il met en exergue l’inconséquence ou la perversité des adeptes de la victimisation de leur population. La sagesse de nos pères ne proclamait-elle pas que « quand le berger vante les loups, il n’aime pas ses moutons ». Pour que demain ne soit plus comme avant et que la carte de notre pays, avec ses centaines de trous, ne ressemble plus à une tranche d’emmental français, le gouvernement devra prendre enfin conscience des causes profondes de ce mal que résume fort bien le postulat de Rivarol : « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir ».

Pour que demain ne soit plus comme avant, la détermination du pouvoir exécutif devra être sans faille. Une feuille de route, rigoureusement établie, ne saura supporter le moindre écart. Cela évitera à certains de ses porte-parole de devenir la risée populaire et la tête de turc d’humoristes ravis d’une telle aubaine. Ainsi le malheureux Édouard Philippe aurait-il évité, du fait du caractère erratique et besogneux de ses interventions, la réactualisation à ses dépens, d’un titre du journal Le Globe de 1829 : « Monsieur de Polignac est très résolu, mais il ne sait pas à quoi »… Ou encore, et pour les mêmes raisons, de faire les frais d’un constat aigre-doux de Joseph de Maistre concernant le flou qui caractérise les périodes de tension : « La difficulté dans les temps de crise, n’est pas de faire son devoir, mais de le connaître ».

Si l’oisiveté est mère de tous les vices, il est toutefois possible d’affirmer que le confinement ouvre aux esprits curieux des horizons insoupçonnés. Ainsi à papillonner de BFMTV à CNews, de LCI à France Info, on comprend mieux le propos de Pierre Gaxotte affirmant que « La duperie des mots prépare les égarements ». De même à renifler les « fake news », à butiner les titres de la presse dite « mainstream », à boire les paroles du professeur Raoult expert en « buzz », à se régaler du « Sybeth-bashing » on comprend mieux l’affirmation du roumain Emil Cioran : « On n’habite pas un pays, on habite une langue ».

Pour que demain ne soit plus comme avant, cette conversion de l’ensemble des populations à la culture française ne manquera pas d’être prise à bras-le-corps. Sans quoi notre territoire comptera très vite plus d’apatrides que de nationaux, encore que… mais restons politiquement correct.

Pour que demain la France retrouve cette unité perdue au gré des cahots des chantiers de la construction européenne et du tangage et du roulis des « super-porte-conteneurs » de la flotte mondialiste, elle devra s’en remettre à un attelage politique soucieux de l’harmonie et de l’équité indispensables à la santé d’une nation, rigoureux dans le traitement de ses anticorps.

Les auriges du char de l’État ne devront jamais oublier que, comme l’avait excellemment constaté naguère Royer Collard, un vrai roulier de la politique : « Les majorités trompeuses qui se succèdent ne sont que des minorités accidentellement grossies, d’opinions différentes ou même opposées ». Ils adopteront par ailleurs le curieux postulat de Valéry : « Toute politique se fonde sur l’indifférence de la plupart des intéressés, sans laquelle il n’y a plus de politique possible ». Ils n’ignoreront pas pour autant que selon Rivarol, « le peuple donne sa faveur, jamais sa confiance ». On peut toutefois rêver.

Mais puisque demain ne sera plus comme avant, pour tirer les enseignements d’une crise dépassant par ses effets le strict périmètre de la pandémie, que le président Macron n’oublie pas que, selon Platon, « Tout changement est un mal s’il ne supprime pas ce qui est mal ».

Et lui qui prétend incarner l’un des bâtisseurs d’un monde nouveau, qu’il se souvienne que, pour Ernest Renan, « les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé ».

Adeptes ou non du proverbial « Après moi le déluge », nos autorités suprêmes ne devront pas ignorer la rudesse de leur postérité appelée à qualifier l’empreinte qu’elles laisseront dans le livre des grandes heures, ou prétendues telles, de la Démocratie : « L’histoire sera très dure pour ceux qui ont fait semblant de ne pas entendre ». C’est du moins l’opinion d’un prophète, Alexandre Soljenitsyne, qui avait trop longtemps prêché dans le désert sibérien.

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