Certaines maladies infectieuses peuvent rester a- ou paucisymptomatiques durant de nombreuses annĂ©es avant de provoquer des manifestations cliniques parfois sĂ©vĂšres. Les migrants sont particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  plusieurs maladies infectieuses persistantes, en raison d’une exposition dans leur pays d’origine et de leurs conditions de vie particuliĂšres. Cet article met l’accent sur des maladies parasitaires persistantes souvent nĂ©gligĂ©es, telles que la schistosomiase, la strongyloĂŻdiase et la maladie de Chagas. De plus, en cas de co-infections avec le VIH ou les hĂ©patites B et C, certaines de ces parasitoses persistantes induisent une morbiditĂ© plus grave. Ces aspects sont d’autant plus importants Ă  connaĂźtre que l’ensemble de ces maladies, tant virales que parasitaires, sont particuliĂšrement frĂ©quentes chez les migrants.

 INTRODUCTION

En Suisse, un peu plus de 7% de la population est composĂ©e de migrants originaires de pays extra-europĂ©ens, avec une rĂ©partition Ă  peu prĂšs Ă©gale entre personnes originaires d’Afrique, d’Asie et d’AmĂ©rique. Ces migrants ont des statuts et des conditions de vie trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšnes : certains sont des travailleurs en situations rĂ©guliĂšres, d’autres des demandeurs d’asile, des rĂ©fugiĂ©s politiques, des Ă©tudiants, ou encore des enfants adoptĂ©s. De plus, selon la Commission fĂ©dĂ©rale pour les questions de migration, entre 70 000 et 300 000 migrants vivent en Suisse sans autorisation de sĂ©jour valide.1–3 Dans cet article, le terme «migrant» est utilisĂ© pour parler des personnes originaires des pays extra-europĂ©ens.

Dans les pays occidentaux, non seulement le VIH, les hĂ©patites virales chroniques et la tuberculose, mais aussi certaines maladies parasitaires persistantes sont plus frĂ©quents chez les migrants que les autochtones.2 L’épidĂ©miologie des maladies infectieuses persistantes chez les migrants est influencĂ©e par plusieurs facteurs et mĂ©canismes auxquels il est important d’ĂȘtre sensibilisĂ©, afin de proposer des mesures de prĂ©vention adaptĂ©es Ă  cette population vulnĂ©rable. Le premier mĂ©canisme est liĂ© Ă  l’exposition aux maladies infectieuses dans le pays d’origine avant la migration. Pour les pathologies caractĂ©risĂ©es par de longues pĂ©riodes asymptomatiques, le niveau d’endĂ©micitĂ© au sein de populations migrantes est liĂ© principalement Ă  la prĂ©valence dans les pays d’origine, oĂč ces personnes ont passĂ© une partie de leur vie. Le deuxiĂšme mĂ©canisme est liĂ© Ă  l’exposition lors de voyages dans le pays d’origine pour rendre visite Ă  leur famille et amis (VFR, visiting friends and relatives). Chaque annĂ©e, 50 Ă  80 millions de personnes voyagent des pays caractĂ©risĂ©s par un produit intĂ©rieur brut (PIB) Ă©levĂ© vers des pays Ă  bas PIB ; 25 Ă  40% de ces voyageurs sont des migrants qui retournent dans leur pays d’origine pour rendre visite Ă  leur famille et amis.4,5

Pour divers motifs, les voyageurs VFR ont un risque augmenté de contracter certaines maladies infectieuses en comparaison avec les autres touristes : ces personnes ont plus de contacts étroits avec les populations locales, ils séjournent plus souvent dans des zones rurales éloignées, avec des durées de séjour plus longues. De plus, ils bénéficient plus rarement de consultations médicales pour préparer leur séjour, voyagent souvent « à la derniÚre minute » et sont souvent insuffisamment vaccinés.5

Un troisiĂšme mĂ©canisme dĂ©coule des conditions de vie Ă  l’origine de risques sanitaires spĂ©cifiques chez les migrants. Dans les pays occidentaux, une proportion plus importante de migrants que d’autochtones est concernĂ©e par les dĂ©terminants sociaux nĂ©gatifs sur la santĂ© : un environnement psychosocial difficile, une limitation de l’accĂšs aux soins, la promiscuitĂ©, la prĂ©caritĂ©, un logement insalubre, de mauvaises conditions de travail, la prostitution et des comportements Ă  risque inappropriĂ©s.4 Plusieurs exemples de maladies infectieuses persistantes, qui affectent en particulier les migrants, sont classĂ©s dans la figure 1, en fonction de trois facteurs et mĂ©canismes qui influencent leur Ă©pidĂ©miologie.

Pour lire la suite de cet article publié sur le site Les Observateurs.ch, cliquez ici.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.