3 septembre 2023

La politesse est-elle ringarde ?

Par Jill-Manon Bordellay

À l’heure où les repères de la société vacillent, il semble que la politesse – terme qui vient du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant – regroupe un ensemble de comportements sociaux entre les individus visant à exprimer la reconnaissance d’autrui. La politesse serait peut-être devenue dans nos sociétés contemporaines un concept désuet dont l’ application est surannée.

En effet, il n’est pas rare de voir qu’une personne ne vous tient pas la porte qui tombe sur votre nez à votre passage, de constater des incivilités de toutes sortes allant de l’irrespect à la violence des mots et des actes.. Finalement, ces faits qui sont la manifestation de l’égoïsme peuvent entraîner à plus ou moins court terme des conflits de plus en plus graves dans nos sociétés actuelles.
Pourtant, Arthur Schopenhauer (1788-1860) avec la parabole des « Porcs-épics » souligne l’importance de la politesse qui est censée polir les interactions humaines. Le philosophe du XIXe siècle utilise  l’image des porcs-épics contraints à vivre ensemble pour survivre afin de montrer que ce sont leurs ressemblances qui les blessent. Cette histoire reflète la manière dont les hommes trouvent des défauts en l’autre qu’ils possèdent eux-mêmes, mais rejettent par honte de soi.

La politesse masque l’égoïsme de chacun, cache ainsi l’individu, mais l’aide également à vivre harmonieusement avec les autres. Les bonnes manières favorisent à faire fi des défauts de chacun, comme l’ensemble de règles pour vivre-ensemble. Ainsi la politesse serait une technique pour favoriser une meilleure communication, elle serait utilisée aussi de façon hypocrite et en cela se différencierait  de l’empathie.

« Être poli » revient à jouer astucieusement afin qu’un accord entre les hommes soit possible pour cacher les défauts de chacun, mais reste une nécessité pour s’entendre. La politesse serait  donc un masque souriant, mais utile.

La valse-hésitation des porcs-épics entre le fait de se rapprocher par intérêt et de s’éloigner par l’insupportable présence d’autrui montre toute la difficulté de maintenir la bonne distance avec les autres.

Avec la parabole des porcs-épics, il est écrit : « Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt, ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. »

En effet, si le groupe peut constituer un espace de protection, voire de développement pour ses membres – notamment se protéger du froid par la chaleur collective –, il peut aussi faire apparaître des tensions internes ou collectives : la douleur des piquants qui contraint à s’éloigner des autres, parmi lesquelles l’angoisse est prédominante.

La politesse serait une façon de polir les interactions entre les hommes et de garder la distance essentielle pour qu’une vie sociétale soit possible.

Pour l’exemple, on peut retenir le respect d’Emmanuel Kant (1724-1804) âgé, malade, presque aveugle, tremblant de faiblesse, qui se leva pour accueillir son médecin quelques jours avant sa mort et que son compagnon aida à regagner son fauteuil.  Le philosophe reprenant quelque force dit : “Das Gefühl für Humanität hat mich noch nicht verlassen » (Le sens de l’humanité ne m’a pas encore abandonné).

La discrétion (le fait de masquer l’égoïsme) serait une nécessité pour cacher ses défauts, étant donné que les hommes ne sont pas bons. Selon Kant, l’effort que nous faisons pour être bons, finit par nous rendre bons. Alors n’hésitons à faire l’effort de la politesse pour que l’harmonie dans nos sociétés soit possible afin d’éviter le chaos.

EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

3 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez au 06 77 60 24  99

Partager :