5 juillet 2023

Retour sur les propos choquants de Madame Borne sur le RN « Héritier de Pétain »

Par Michel Festivi

Dans ma précédente chronique sur ce thème, j’avais condamné les allégations inconvenantes et irresponsables de la première ministre, faites sur Radio J, revendiquant une continuation entre Pétain et le RN, ce dernier étant selon elle « un héritier de Pétain », alors que ce parti politique respecte scrupuleusement toutes les règles de la démocratie parlementaire et se présente avec un succès certain, à chaque échéance électorale que connait notre pays, des millions de français votant pour lui, ce qui revenait à les insulter directement.

Pourquoi en permanence relancer cette réduction ad hitlerum, si ce n’est pour tenter de disqualifier et d’humilier un adversaire, qui pourtant s’est constitué près de 30 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, et qu’aujourd’hui ses élus et ses cadres ont pour beaucoup largement moins de cinquante ans, dont le Président actuel est né en 1995, et sa Candidate présidentielle en 1968.

Est-ce digne d’un premier ministre qui devrait avoir la volonté de rassembler les français ? Ah, combien Georges Pompidou nous manque ! « Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les français ne s’aimaient pas et même s’entretuaient ? Et je ne dis pas ça, même s’il y a ici des esprits forts, par calcul politique, je le dis par respect de la France » Palais de l’Elysée, 21 septembre 1972.

J’ai déjà eu l’occasion de rappeler que nos hautes autorités falsifient l’Histoire, que ce soit Emmanuel Macron avec ses considérations indignes et fausses sur le sol algérien qui plus est, au sujet de l’immense œuvre française en Afrique, ou Madame Borne avec lesdites déclarations, dénuées de tout début de commencement de vérité.

Cette infamie politico-historique absolue n’avait d’ailleurs pas suscité beaucoup de tollés de la part des autres formations politiques, qui pour certaines d’entre-elles, comme les LR, en avaient rajouté une couche, n’hésitant pas, une fois de plus, à se prosterner devant le politiquement correct, mais on en a l’habitude.

À moins d’un travestissement volontaire, pour des dirigeants de cette importance c’est gravissime, car qui ne connait pas le passé, ne peut pas comprendre le présent et donc diriger un pays comme la France. Certes Macron aurait « recadré » Madame Borne, sans la nommer, en Conseil des ministres, mais le mal était fait.

Mais puisque l’on nous contraint à rappeler l’Histoire, allons-y.

Je n’avais eu aucune difficulté à démontrer que des gros bataillons d’hommes de gauche de l’époque s’étaient vautrés dans la « Kollaboration » avec délectation, sans parler des communistes qui avaient carrément pactiser avec Hitler, tant cette vérité historique, tous les historiens sérieux la partagent. Cf Madame Borne, une ignominie de plus, -Synthèse Nationale le 29 mai 2023, Eurolibertés du 18 juin 2023-.

En vérité, ce sont des socialistes, beaucoup d’entre-eux en tout cas, qui ont bien été les héritiers directs de Pétain et aussi des nazis, pour paraphraser Madame Borne, même si quelques-uns comme Pierre Brossolette ont sauvé l’honneur.

Car la gauche socialiste en général, et beaucoup d’anciens de la SFIO en particulier, ont été des supporters et des acteurs ardents du régime de Vichy. L’occasion m’est donnée aujourd’hui, de le rappeler de nouveau, -il faut le marteler sans cesse-, grâce à un article du Figaro du 30 juin 2023 sur l’évocation du « Circuit de France » qui avait été organisé du 28 septembre au 4 octobre 1942, en pleine occupation, quelques semaines avant l’irruption des armées de Hitler en zone non occupée, bafouant les conventions d’armistice (11 novembre 1942).

Le Figaro, par cet instructif article, revient sur cet épisode sportif totalement oublié de l’Histoire des français sous l’occupation comme l’aurait écrit Henri Amouroux. Ce texte évoque le journal « La France Socialiste », publication hautement collaborationniste et antisémite, qui avait à la demande des occupants nazis et du régime de Vichy, alors dirigé par Pierre Laval, – (aussi un ancien socialiste de la SFIO) -, organisé cet ersatz de tour de France.

Sous l’égide de l’ancien coureur cycliste Jean Leulliot et ancien bras droit de Jacques Godet avant-guerre, cette épreuve fut mise sur pied car : « Voulu par l’occupant nazi et le régime de Vichy, bâti par l’un des plus zélé journaux collaborationnistes, La France socialiste. Un quotidien lancé en 1940, essentiellement composé de journalistes de gauche ralliés à la collaboration. » nous éclaire David Reyrat, l’auteur de ce remarquable rappel historique.

Car ce critérium cycliste composé de 6 étapes sur 6 jours, qui a passé puis repassé la ligne de démarcation, était à l’évidence une opération de pure propagande comme le relate Etienne Bonamy, l’auteur du roman, Les Forcés de la route, (En Exergue Editions) qui sert de trame à cet article.

6 équipes de 12 coureurs y participèrent, et malgré les conditions dantesques de cette course, du fait du climat et des circonstances de l’époque, parfaitement bien relatés par l’article, le public fut au rendez-vous, au départ et à l’arrivée de chacune des étapes, le suivi de la course n’étant pas permis.

Une photo illustrant l’article, prise le jour du départ le 28 septembre 1942, dévoile la banderole, largement déployée : « La France Socialiste, le circuit français, départ ». Car l’intérêt de tout cela réside dans le choix de l’organisateur. Qu’était-ce donc que « La France Socialiste » ? Ce journal bien oublié aujourd’hui, et à l’évidence inconnu de Madame Borne, fut avec les allemands et les autorités de Vichy, le maitre d’œuvre de cette compétition.

En réalité, ce quotidien fondé dès le 30 juin 1940, se dénommait initialement : « La France au Travail », il ne s’intitulera « La France Socialiste », que le 10 novembre 1941. « La France au travail » rassemblait des rédacteurs assez divers, d’anciens communistes et des excités de l’antisémitisme. Mais à partir du 10 novembre 1941, « La France Socialiste », sous total contrôle nazi, comme toutes les publications de l’occupation, surtout en zone occupée, va accueillir essentiellement des hommes de gauche ralliés à la collaboration comme Eugène Frot, plusieurs fois député et ministre sous l’égide de l’union des gauches ; Gabriel Lafaye, député et ministre SFIO ; Paul Rives ancien député SFIO ; Hubert Lagardelle, marxiste dès 1896 et admirateur de Jules Guesde ; Claude Jamet, très marqué à gauche et fidèle d’entre les fidèles de Léon Blum, secrétaire fédéral de la SFIO, membre du Front populaire et du comité de vigilance des intellectuels antifascistes ; Pierre Hamp, socialiste et dreyfusard ; René Château, ancien député, radical-socialiste, initié au Grand Orient de France, membre de la ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen.

« La France socialiste », outre cette fine équipe, réunissait aussi comme chroniqueurs, des anciens députés socialistes amis de Paul Faure, numéro deux de la SFIO, député et ministre du Front populaire comme : Roger Lefèvre, Alexandre Rauzy ou Fernand Roucayrol, tous députés SFIO du Front populaire. Dès lors on peut sans répandre de la poudre de perlimpinpin, comme n’a pas peur de le faire Madame Borne, affirmer haut et fort, que la collaboration avec les allemands a compté d’innombrables hommes de gauche, dont beaucoup venaient des rangs de la SFIO, donc des héritiers du parti socialiste d’aujourd’hui. Car on doit prendre la SFIO comme « un bloc », telle qu’elle est, et ne pas la saucissonner en fonction de ses petits arrangements personnels, ou politiciens.

Au même moment, la Résistance était animée par de nombreuses personnalités de droite et d’extrême droite comme l’a magistralement démontré Alain Griotteray, lui-même très jeune résistant, dans son livre : 1940, la droite était au rendez-vous. Qui furent les premiers résistants, publié chez Robert Laffont en 1985.

Eh oui, que cela plaise ou non, la gauche radicale-socialiste, les socialistes, ont très largement collaboré avec l’occupant nazi et le régime de Vichy, Madame Borne devrait le méditer ardemment.

Le parti socialiste, le parti radical-socialiste, sont donc, d’une manière ou d’une autre, des héritiers de Pétain. Il suffit aussi de décompter ceux qui ont voté, le 10 juillet 1940, pour la remise des pleins pouvoirs au Maréchal.

Si besoin était de le tambouriner encore, un ouvrage remarquable et incontestable le certifie aussi. Ce livre c’est celui de Monsieur Simon Epstein, spécialiste de l’antisémitisme, historien, qui a enseigné à l’Université de Jérusalem, docteur en science politique. Il a intitulé cet essai : Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, publié chez Albin Michel, collection Bibliothèque Histoire en 2008, je recommande vivement sa lecture à Madame Borne et accessoirement à Monsieur Macron, ainsi qu’à Monsieur Marleix qui a repris l’antienne à l’unisson en critiquant Emmanuel Macron pour avoir « recadré » sa première ministre, alors que l’on aurait aimé qu’il ait la hauteur de vue de Georges Pompidou, mais n’est pas homme d’Etat qui veut.

Comme son titre l’indique parfaitement, Simon Epstein relate la vie croisée de très nombreuses personnalités politiques françaises, à savoir ceux qui furent des héraults de l’antiracisme et de l’antisémitisme dans les années 1920/1930 et qui ensuite s’engagèrent fermement dans la collaboration ; et ceux qui furent au contraire des antisémites parfois ardents entre 1920 et 1930, et qui ensuite appartinrent à des mouvements résistants incontestables, souvent parmi les tous premiers, sans attendre l’attaque par le Reich de l’URSS, le 22 juin 1941.

Parmi les collaborateurs patentés, on y retrouve, René Belin syndicaliste à la CGT et futur ministre du travail de Pétain (cosignataire du statut des juifs d’octobre 1940) ; François Chasseigne, communiste de la première heure, député du Front populaire, membre de la SFIO en 1937, puis ministre sous Pétain ; Marcel Peyrouton, de la gauche républicaine, nommé ambassadeur par Léon Blum en Argentine, puis ministre de l’intérieur sous Pétain (c’est lui qui supprimera le décret Crémieux et qui radiera Jean Moulin de la préfectorale) ; René Bousquet, fils de radical socialiste et radical socialiste lui-même, qui deviendra le Chef de la Police de Pierre Laval. Ce grand ami de François Mitterrand après-guerre, organisera côté français, la rafle du Vel d’hiv ; Max Bonnafous, militant socialiste, battu par Philippe Henriot aux législatives de 1936 qui deviendra secrétaire d’état puis ministre sous Pétain. Sans compter des dizaines d’autres, comme Gaston Bergery, militant du parti radical, directeur du cabinet d’Edouard Herriot, il deviendra sous Pétain ambassadeur de France à Moscou, puis en Turquie, où il entretiendra d’excellents rapports avec un certain Franz Von Papen, ambassadeur d’Hitler à Ankara.

Pour les autres, les antisémites des années 1920/1930 devenus ensuite des grandes figures de la Résistance, Simon Epstein précise que : « Leur poids dans la Résistance, dépasse largement celui des anciens de la SFIO et du parti radical, les deux autres composantes du Front populaire de 1936. Leur poids s’accroît encore si l’on se place avant le 22 juin 1941 » page 391.

Simon Epstein cite pêle-mêle ces résistants de la première heure que furent : Georges Loustaunau-Lacau ancien cagoulard et son bras droit Marie-Madeleine Fourcade à la cagoule et dans la Résistance ; Georges Groussard ancien cagoulard ; Paul Dungler camelot du Roi ; Paul Armbuster journaliste à l’Action française ; Le colonel Rémy d’Action française ; Louis de la Bardonnie, d’Action française ; Maurice Dutheil de La Rochère maurrassien ; Claude Arnould, catholique de tradition ; Hélie de Saint Marc, dont le père était d’Action française, et qui reviendra par miracle de Mathausen ; Henri Martin, cagoulard d’envergure ; Aristide Corre Camelot du Roi et cagoulard ; André Brouillard dit Pierre Nord, de droite et conservateur ; le colonel Raymond du Jonchay d’Action française ; Henri Romans-Petit, originaire d’un milieu royaliste, etc, etc, sans compter des dizaines et des dizaines d’autres de même obédience énumérés par Simon Epstein. L’historien Jean Paul Cointet a pu écrire parlant de l’entourage de de Gaulle en juillet 1940 : « On y rencontre alors en majorité, des patriotes de droite, germanophobes mais antiparlementaires, séduits par les régimes autoritaires, parfois antisémites, plusieurs sont d’anciens cagoulards… » In Jean Paul Cointet, La France Libre, PUF, 1975, page 12. N’oublions pas par exemple que Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin a été membre des camelots du Roi et s’est engagé dans la France Libre dès juin 1940. Il avait fondé à Bordeaux, le cercle Charles Maurras, souhaitant même au début de la guerre que Léon Blum soit fusillé.

Comme journaux socialistes de la collaboration, on peut encore citer, L’Effort, crée en août 1940 par Paul Rives et Charles Spinasse, qui fut député et ministre de la SFIO, ou encore Le Rouge et le Bleu, fondé en 1941 à Paris par le même Charles Spinasse, tous ces socialistes, tous ces radicaux-socialistes votèrent comme un seul homme l’attribution des pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Madame Borne, arrêtez donc d’asséner des contre-vérités absolues et apprenez l’Histoire de France s’il vous plait avant de parler, ou taisez-vous.

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