Si la « dĂ©rive autoritaire » de la Hongrie se confirmait, certains groupes politiques majoritaires du Parlement europĂ©en envisageraient d’enclencher la procĂ©dure de suspension d’un État membre prĂ©vue par les traitĂ©s, a rĂ©cemment averti le porte-parole du Parti populaire europĂ©en (Groupe dĂ©mocrate-chrĂ©tien oĂč siĂšgent les dĂ©putĂ©s LR).

Qu’est-il une fois encore reprochĂ© Ă  la Hongrie ? Elle a adoptĂ© cette semaine une loi visant Ă  fermer l’UniversitĂ© d’Europe centrale, fondĂ©e par le sulfureux milliardaire amĂ©ricain George Soros. Le gouvernement du Premier ministre, Viktor OrbĂĄn, considĂšre Ă  juste titre et depuis longtemps, l’établissement comme un bastion hostile du libĂ©ralisme. Rappelons au passage que les financements de Georges Soros en faveur, d’« universitĂ©s » de « mouvements dĂ©mocratiques », d’« associations » diverses, visĂšrent pour l’essentiel Ă  soutenir tous les types de « rĂ©volutions orange », Ă  saper systĂ©matiquement l’image de la Russie, Ă  combattre toute forme de culture nationale implantĂ©e sur ses terres historiques et toute forme d’appartenance et d’identification des individus, des rĂ©gions, des peuples. Le « libĂ©ralisme » prĂŽnĂ© par les structures Soros, n’est certainement pas un alliĂ© d’identitĂ©s europĂ©ennes respectĂ©es et apaisĂ©es. L’histoire, les identitĂ©s le gĂȘnent, il les exĂšcre.

Cette universitĂ© de Budapest fondĂ©e par le millionnaire George Soros, appelĂ©e Ă  ĂȘtre fermĂ©e en raison de ses comportements souvent dĂ©stabilisateurs et subversifs Ă  l’égard du pays hĂŽte, aurait dĂ©jĂ  reçu un certain nombre d’offres d’autres États europĂ©ens prĂȘts Ă  accueillir ses facultĂ©s.

Au sein d’un Parlement europĂ©en indignĂ©, comme il l’est trĂšs souvent, mais Ă  gĂ©omĂ©trie variable, le prĂ©sident du PPE, Manfred Weber a dĂ©claré : « Les libertĂ©s de pensĂ©e, de recherche et d’expression sont fondamentales pour notre identitĂ© europĂ©enne. Le PPE les dĂ©fendra Ă  tout prix ». Certes, ceci est bien vrai !
 Mais quid de la dĂ©fense des peuples, des identitĂ©s, des cultures europĂ©ennes, sans lesquelles il est illusoire de prĂ©tendre vouloir dĂ©fendre les libertĂ©s fondamentales ?

Les reprĂ©sentants du PPE ont ainsi condamnĂ© le parti Fidesz, Union civique hongroise, affiliĂ© au PPE au niveau europĂ©en et la discussion sur le parti hongrois sera Ă  l’ordre du jour de la prochaine rĂ©union du PPE, le 29 avril.

Une dĂ©putĂ©e europĂ©enne prĂ©cise que « le PPE discutera en interne et suivra le rĂ©sultat de l’évaluation de la Commission europĂ©enne sur la lĂ©galitĂ© de la derniĂšre loi hongroise ». Par ailleurs, le groupe PPE a prĂ©cisĂ© qu’adopter des sanctions contre Budapest Ă©tait toujours une option. « Si la Hongrie ne rĂšgle pas la situation, nous pourrions dĂ©clencher l’article 7 » (1), a-t-il Ă©tĂ© dit. Ainsi donc, les donneurs de leçon dĂ©mo-centristes, n’hĂ©sitent-ils plus Ă  avoir recours Ă  la menace, alors mĂȘme que l’évaluation tant attendue, Ă©manera d’un organe bureaucratique non Ă©lu, la Commission europĂ©enne, contrairement au gouvernement en place en Hongrie.

Les Hongrois veulent-ils encore bénéficier des fonds européens ?

Au dire des lobbies pro-bruxellois, la Hongrie aurait ces derniers jours, multipliĂ© les provocations en lançant notamment son initiative « Let’s Stop Brussels » (« ArrĂȘtons Bruxelles »). On ne peut ĂȘtre qu’étonnĂ© de cette rĂ©action des lobbies mondialistes, alors que les autoritĂ©s hongroises, Ă©lues par leur peuple, se disent eurosceptiques et partisanes d’une autre Europe, d’une Europe des peuples et des nations, respectueuse des identitĂ©s et combattant l’invasion du continent europĂ©en.

De plus, les Hongrois ont rĂ©cemment reçu, de la part de leurs autoritĂ©s, un questionnaire sur l’Europe, jugĂ© « trĂšs orienté » par Bruxelles, quelques jours seulement aprĂšs la rĂ©union des dirigeants europĂ©ens Ă  Rome pour cĂ©lĂ©brer le 60e anniversaire de l’UE.

Jean-Claude Juncker, le PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne jusqu’en 2019, a qualifiĂ© le questionnaire de « biaisé ». Par ailleurs, selon la dĂ©putĂ©e europĂ©enne roumaine Siegfried Muresan, la vraie question que ce questionnaire aurait dĂ» poser aux Hongrois Ă©tait de savoir s’ils voulaient continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier des avantages de l’UE, comme la libertĂ© de s’installer dans toute Europe, de voyager en toute libertĂ©, de travailler ou d’étudier quand ils le souhaitent et de recevoir des milliards d’euros de financements europĂ©ens.

Cette remarque est tout aussi « fondĂ©e » que celle qui consisterait Ă  demander aux agriculteurs français s’ils seraient en droit de continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier de la PAC – Politique agricole commune – si le Front national venait Ă  gagner l’élection prĂ©sidentielle en France, ou bien si la Roumanie ne devrait pas commencer Ă  rembourser une part substantielle des importants fonds structurels europĂ©ens dont elle bĂ©nĂ©ficie, eu Ă©gard au niveau de corruption jamais atteint dans le pays ?

Le porte-parole du PPE a aussi rappelĂ© qu’à plus de dix ans de l’adhĂ©sion de la Hongrie dans l’UE, il Ă©tait maintenant plus que temps que le pays participe activement au dĂ©bat sur l’avenir de l’UE. « Les gens veulent des hommes politiques capables de rĂ©former l’Europe afin que l’UE rĂ©ponde aux inquiĂ©tudes des citoyens ». Nous sommes d’accord avec cette remarque de bon sens et si l’on souhaite ardemment que l’Europe ne sombre pas et ne soit divisĂ©e et emportĂ©e par le jeu des alliances qui se dessinent, il est urgent que le dĂ©bat sur son avenir procĂšde aussi et largement des inquiĂ©tudes lĂ©gitimes d’EuropĂ©ens de plus en plus nombreux Ă  revendiquer le respect de leur civilisation et Ă  refuser une globalisation-financiarisation excessive s’appuyant sur une immigration non europĂ©enne hors contrĂŽle. C’est Ă  ce prix que la relance d’un dialogue prometteur entre les deux visions de l’Europe deviendra de nouveau possible.

Note

(1) Rappelons que l’article 7 est considĂ©rĂ© comme une « bombe nuclĂ©aire », un Ă©lĂ©ment dissuasif qui ne devrait jamais ĂȘtre utilisĂ©. C’est la raison pour laquelle l’UE a introduit le mĂ©canisme d’« État de droit » sous lequel se trouve actuellement la Pologne.

L’article 7 du traitĂ© de Lisbonne, n’a jamais Ă©tĂ© utilisĂ© jusqu’à prĂ©sent, a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© dans le but de prĂ©server les valeurs fondamentales de l’UE telles que la dĂ©mocratie, la libertĂ©, les droits de l’Homme et l’État de droit. Si l’UE constate « une violation grave et persistante » de ces valeurs, elle peut dĂ©clencher l’article 7 et suspendre les droits du pays au sein de l’UE, tels que son droit de vote au Conseil ou l’accĂšs au marchĂ© unique.

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