15 février 2017

Des malheurs de François Fillon et de notre avenir

Par Nicolas Bonnal

 

On laissera à certains admirateurs la responsabilité de propos conspiratifs en faveur de Fillon. On pense ce qu’on veut du néo-FN (c’était quoi l’ancien FN ? Le point de détail et la nostalgie de la milice ?), mais le néo-FN ne se soumet pas encore à Castries et aux Bilderbergs. Le néo-FN ne menace pas le risque bénin en médecine qui s’étendra à toute la médecine. Il semble que la campagne de François Fillon a explosé grâce aux patrons qui ont vu qu’Alain Juppé n’était plus le bon candidat : trop âgé et haut landais

Je cite Marine Le Pen qui établit les liens entre Macron-Soros-Rothschild et Castries-Fillon-Bilderbergs : « Sur tous les sujets de fond, ils sont bien d’accord. Ils s’inscrivent dans l’UE, la soumission aux traités, la politique d’austérité, ils refusent les frontières nationales, le patriotisme économique, la moindre forme de protectionnisme, ils veulent gagner de la compétitivité en effondrant les salaires, ils sont tous les deux pour la suppression de la durée légale du travail […], pour la destruction d’un système de protection sociale auquel les Français sont extrêmement attachés. »

À l’âge du démentiel pape argentin qui a réussi à vider la place saint-Pierre, François Fillon s’affiche tout de go catholique. Les familles bourgeoises et catholiques sont depuis longtemps rentrées à la niche (elles ne sont pas très révolutionnaires) et elles se soumettent à Fillon, qui leur garantira une baisse des remboursements médicaux pour rassurer les marchés – en attendant la disparition du cash façon hindoue pour rassurer les banksters. Mais elles s’en moquent, les familles bobo-cathos, en général bien fortunées. Elles ont un parc immobilier et ne se préoccupent pas de la manière dont on croquera ce qui reste de Français à 1 000 ou 1 500 euros par mois.

Des problèmes avec la justice ? Mais elles sont rassurées par la bêtise de Fillon, comme elles étaient rassurées par la bêtise de Bayrou (dixit Michel Houellebecq). On change de guignol pour suivre la même politique et ça suffit. Relisez Léon Bloy ou Bernanos pour en rire.

Enfin, Fillon n’est pas Trump. Trump incarne malgré tout la rébellion. Fillon incarne la continuité de la soumission à la française ; le néo-Français n’est jamais rassasié d’en reprendre plein le QI. Il en redemande, c’est sa nature de bourgeois ou de petit-bourgeois. On cite Céline encore : « Tout ça plus décidé que jamais à ne jamais céder un pouce de ses Fermes, de ses Privilèges de traite des blancs par guerre et paix jusqu’au dernier soubresaut du dernier paumé d’indigène. Et les Français sont bien contents, parfaitement d’accord, enthousiastes.

Une telle connerie dépasse l’homme. Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Diable nous appréhende, que le Destin s’accomplit. »

Quand on patauge dans ce marais depuis si longtemps, on peut le dire : Courage, Fillon !

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