par Olivier Bault.

Vu la panoplie des laurĂ©ats de ces derniĂšres annĂ©es, y compris Emmanuel Macron en 2018, le choix du prĂ©sident roumain Klaus Iohannis comme laurĂ©at du prix Charlemagne 2020 n’était pas une surprise. C’est un eurofĂ©dĂ©raliste et un progressiste comme Macron, mĂȘme s’il appartient en thĂ©orie Ă  la droite roumaine. En Roumanie, c’est la gauche qui a fait le choix du conservatisme social et la droite le choix du progressisme libertaire cher Ă  Bruxelles. Le prix Charlemagne est un prix allemand crĂ©Ă© Ă  Aix-la-Chapelle aprĂšs la DeuxiĂšme Guerre mondiale, et il est dĂ©cernĂ© Ă  des personnes ou institutions « se distinguant en raison de leur contribution exceptionnelle pour l’unitĂ© de l’Europe ou de l’union de ses Etats. »

Pour expliquer le choix du prĂ©sident roumain, le jury d’Aix-la-Chapelle a remarquĂ© que, « alors que d’autres Etats membres adoptent des attitudes nationales-conservatrices ou mĂȘme populistes de droite vis-Ă -vis de l’Union europĂ©enne, Klaus Iohannis [
] a fait Ă©pouser Ă  la Roumanie une politique pro-europĂ©enne ». Plus loin, il est dit que Iohannis aurait aussi favorisĂ© la coopĂ©ration entre Etats membres. Une affirmation assez discutable, mais ce qui fait le plus tiquer dans l’explication du jury, c’est la mention des mĂ©rites du prĂ©sident roumain pour « la protection des minoritĂ©s et la diversitĂ© culturelle. »

Il se trouve que ce grand protecteur des minoritĂ©s vient justement de recevoir une amende de la part du conseil national anti-discrimination (CNDC) roumain. C’était le 20 mai, la veille du jour oĂč le prix Charlemagne lui aurait Ă©tĂ© remis lors d’une cĂ©rĂ©monie Ă  Aix-la-Chapelle s’il n’y avait pas eu cette saletĂ© de coronavirus. Il faut croire que, pour les europhiles qui dĂ©cernent le prix Charlemagne, jouer la carte nationaliste est chose louable lorsque c’est le fait d’un des leurs contre les « populistes de droite. »

Ainsi, puisqu’un « populiste de droite » gouverne en Hongrie, taper sur la minoritĂ© hongroise de Roumanie n’enlĂšverait rien au mĂ©rite de protecteur des minoritĂ©s. Car si c’est dĂ©jĂ  depuis 2015 que le prĂ©sident roumain contribue activement Ă  la dĂ©tĂ©rioration des relations des minoritĂ©s hongroises dans le cadre de son combat politique contre son ennemi de gauche, le parti PSD, alliĂ© au principal parti de la minoritĂ© hongroise, avec sa dĂ©claration du 29 avril dernier il a clairement dĂ©passĂ© les bornes de ce qui est normalement admis dans l’Europe de ce dĂ©but du XXIe siĂšcle. Dans cette dĂ©claration, Iohannis a en effet accusĂ© le PSD de comploter avec les Hongrois pour cĂ©der la Transylvanie Ă  la Hongrie, en commençant sa dĂ©claration par un retentissant « Bonjour, PSD » dit en langue hongroise, et il a demandĂ© au prĂ©sident du PSD Marcel Ciolacu : « Que vous a promis le leader de Budapest, Viktor OrbĂĄn, en Ă©change de cet accord ? ».

Le CNDC roumain a considĂ©rĂ© que ces accusations inventĂ©es de toutes piĂšces « constituent un acte de discrimination et violent le droit Ă  la dignitĂ© sur la base de l’appartenance ethnique / nationale ». A noter que cette minoritĂ© hongroise de Roumanie, aprĂšs ĂȘtre devenue bien malgrĂ© elle la cible d’un prĂ©sident adulĂ© Ă  Bruxelles mais jouant la carte nationaliste pour servir ses intĂ©rĂȘts politiques dans son pays, a lancĂ© une initiative citoyenne europĂ©enne « pour l’égalitĂ© des rĂ©gions et la soutenabilitĂ© des cultures rĂ©gionales ». Une initiative que l’on peut soutenir sur le site www.regionsnationales.eu.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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