30 septembre 2019

Entretien avec Ursula Stenzel

Par Lionel Baland

Ursula Stenzel est une élue du FPÖ, le parti patriotique autrichien, à Vienne. Lionel Baland l’a interrogée pour Eurolibertés.

Vous avez siégé en tant que député européen du Parti social-chrétien autrichien ÖVP et avez été présidente de ce parti dans un des arrondissements de Vienne. Pourquoi avez-vous ensuite figuré, en 2015, en tant que candidate indépendante sur la liste du FPÖ pour le Conseil municipal de Vienne/Parlement de l’État de Vienne(1), ce qui vous a permis d’être élue ?

Mon passage de l’ÖVP au FPÖ a été motivé par la prétendue crise des réfugiés de 2015, qui m’a fait douter de la détermination de l’ÖVP et du Parti Populaire Européen (PPE) – dont l’ÖVP est membre – à s’opposer à cette « invasion sans armes ». Cette impression m’est venue après une conversation avec Elmar Brok – membre du Parti démocrate-chrétien allemand CDU –, le président de longue date du comité de politique étrangère du Parlement européen, que j’ai contacté par téléphone au cours de cette crise extrêmement difficile en Europe et qui a mentionné les soi-disant hotspots – centres de premier accueil – comme étant le seul moyen possible, alors que cette mesure est toujours actuellement un échec. Précisons que l’accord conclu ultérieurement avec la Turquie ne fonctionne pas.

Avant votre entrée en politique, vous avez occupé d’importantes fonctions journalistiques : vous avez été rédactrice et présentatrice à l’ORF, la radiotélédiffusion publique autrichienne. L’objectivité des médias publics et privés a-t-elle évoluée ces dernières années ?

L’objectivité n’a pas évolué positivement, mais a reculé. En effet, la « colorisation politique subjective » de l’information, allant dans le sens des idées de certains partis, a pris le dessus au sein de la radiotélédiffusion publique, mais aussi dans les médias privés. Les deux partis du système, les sociaux-chrétiens et les sociaux-démocrates, respectivement noirs – devenus ensuite turquoises – et rouges, influent depuis longtemps sur le paysage audiovisuel. Lors des débats électoraux, le principe du « tous contre tous » est utilisé afin d’engendrer la confusion et sert les partis du système.

Affiche du FPÖ à VIenne lors des élections de 2015. HC Strache et Ursula Stenzel.

Affiche du FPÖ à Vienne lors des élections de 2015. HC Strache et Ursula Stenzel.

La branche maternelle de votre famille est issue du judaïsme et votre arrière-grand-père était rabbin à Vienne. Cette situation a-t-elle eu un impact négatif sur vos relations avec le FPÖ et sur votre participation aux activités de ce parti, présenté parfois par ses opposants comme étant défavorable aux personnes de cette religion ?

Mon ascendance maternelle juive, dont je suis très fière, n’a eu aucun impact négatif au sein du FPÖ sur ma personne et mes activités politiques. En outre, j’ai été éduquée et socialisée d’un point de vue chrétien car ma mère est convertie au catholicisme.

La capitale autrichienne, souvent surnommée « Vienne la rouge », est une ville de type social-démocrate (SPÖ). Pensez-vous, qu’à l’avenir, une coalition entre les patriotes du FPÖ et les sociaux-chrétiens de l’ÖVP pourrait exercer la direction de cette cité ? Une telle alliance ne serait-elle pas en contradiction avec l’esprit de « Vienne la rouge » ? D’autre part, une future coalition du FPÖ et du SPÖ est-elle envisageable à Vienne ?

Je ne suis pas prophète, mais, pour l’instant, il semble que le SPÖ et l’ÖVP flirtent ensemble et espèrent voir se réaliser une chute du FPÖ. Il est à souhaiter que le FPÖ, malgré tous les efforts des opposants politiques pour l’affaiblir avec l’affaire de la vidéo d’Ibiza et d’autres accusations contre l’ex-vice-chancelier et président du parti Heinz-Christian Strache, puisse se maintenir, ne serait-ce que pour mettre à jour divers scandales de dons et de décisions en matière d’occupation des sols tournant autour de la gestion de la majorité SPÖ-écologiste actuelle. Les Viennois le mérite.

En Autriche, des élections législatives ont lieu le 29 septembre 2019. Quelle coalition désirez-vous voir se constituer à la suite de ce scrutin ? Pensez-vous que le FPÖ pourrait également s’allier avec des partis autres que l’ÖVP afin de gouverner le pays ?

De nombreux Autrichiens salueraient une nouvelle coalition ÖVP-FPÖ, car le précédent gouvernement avait, grâce au FPÖ, introduit de bonnes mesures et le chancelier de l’époque, Sebastian Kurz, a dissous cette coalition sans aucune nécessité, car il désirait se débarrasser du ministre FPÖ de l’Intérieur Herbert Kickl. Une coalition regroupant l’ÖVP, les écologistes et les libéraux de NEOS pourrait ne pas résister au temps et tomber si elle rencontrait des difficultés. Mais la parole est aux électeurs.

Vous avez participé au rassemblement commémoratif, de cette année 2019, de la bataille de Vienne – qui avait vu en 1683 les Ottomans être défaits aux portes de la cité –, en tant que membre de l’Union des universitaires de Vienne [Wiener Akademikerbund] – un think tank conservateur –, qui a coorganisé cet événement, et avez prononcé un discours. Pourquoi êtes-vous accusée d’avoir fait cause commune avec les Identitaires, alors que, bien que présents, ceux-ci n’ont pas utilisé leurs symboles habituels ? Comment expliquez-vous le fait que l’organe de presse à grand tirage Kronen Zeitung a publié une photo au sein de laquelle vous figurez devant des symboles Identitaires ?(2)

Je me suis rendue à cette commémoration à l’invitation de l’Union des universitaires de Vienne et je ne savais vraiment pas que les Identitaires y prenaient aussi part. Les drapeaux qui ont été portés étaient ceux aux armoiries de Vienne. Cette photo est, selon moi, un montage et un faux.

Notes

(1) Vienne est une ville et également un des États autrichiens.

(2) https://imgl.krone.at/scaled/1992439/vf4107d/full

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