1 décembre 2018

Poule au pot, cocotte à la casserole

Par Pierre de Laubier

L’image posthume du « bon roi Henri » fait oublier que ce roi fut, de son vivant, fort impopulaire, tout comme son ministre le duc de Sully. Celui-ci, qui était protestant, ce qui était normal pour un vieux compagnon du roi de Navarre, est connu pour son fameux adage : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France », qui préfigure un slogan non moins célèbre : « La terre ne ment pas. »

Sully, en effet, tenait l’industrie en suspicion, ce qui mérite d’être souligné car les lecteurs inattentifs de l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme de Weber tiennent pour acquis que les catholiques seraient indolents et arriérés, tandis que les protestants, actifs et éclairés, auraient apporté au monde à peu près tout ce qu’il lui fallait pour entrer enfin dans la modernité.

C’est Henri IV lui-même qui favorisa l’industrie ou, pour mieux dire, s’y intéressa. Et il semble que ni les longues années qu’il avait passées à guerroyer, ni sa qualité de protestant plus ou moins repenti ne l’avaient rendu compétent en économie, car il prit toutes les mesures nécessaires pour ruiner ce qu’il souhaitait développer. Les recettes pour y parvenir sont connues et toujours en usage : contrôle des prix et des salaires, obligation d’adhérer à des corporations, et enfin mesures protectionnistes dont le principal effet fut de stimuler la contrebande. Dès la mort du roi, des révoltes éclatèrent pour réclamer la liberté du travail, revendication qui sera aussi au menu des états généraux de 1614.

Henri IV, qui se convertit deux fois, se maria aussi deux fois. Ce qui n’est pas étonnant pour ce « vert galant » qui souhaitait que chaque paysan puisse mettre « la poule au pot tous les dimanches », et faisait lui-même passer à la casserole toutes les poules qui passaient à sa portée. Son mariage (stérile) avec Marguerite de Valois ayant été déclaré nul, il épousa en 1599 Marie de Médicis. Nouvelle mésalliance pour la famille royale, et commise pour la même raison que la première : l’argent. Ce qui valut à la nouvelle reine le surnom de « la banquière ».

Mais cette mésalliance de raison avait failli être remplacée par une autre, commandée par la passion : Henri IV avait été sur le point d’épouser sa maîtresse, Gabrielle d’Estrées, qui lui avait donné un fils naturel, le duc de Vendôme (celui qu’il plaça plus tard sur le siège épiscopal de Metz). Mais Gabrielle d’Estrées était morte, sans quoi celui que les ligueurs avaient surnommé « le grand bâtard de France » (qui vécut jusqu’en 1665), légitimé par ce mariage, aurait bien pu devenir roi.

En tout cas, il fut fait duc et pair en 1598, à la grande fureur de la reine et aussi du dauphin. Une dernière étape fut franchie quand le duc de Vendôme et ses frères furent légitimés en 1610. Par cet acte, les bâtards du roi prenaient le pas sur les pairs. Car, en 1560, Catherine de Médicis avait donné aux princes du sang la préséance sur les pairs de France, ce qui était un moyen comme un autre de faire oublier l’origine élective de la monarchie.

Cette légitimation avait pour but de garantir l’avenir de ces enfants, car, en 1610, Henri IV s’apprêtait à livrer de nouveau la France aux hasards de la guerre. Il en fut empêché, comme on le sait.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusées chaque semaine dans l’émission « Synthèse » sur Radio Libertés.

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