Il est rare que la disparition d’un Ă©crivain suscite pareille unanimitĂ©. Des plus influents reprĂ©sentants de l’État, aux Français les plus moyens, Michel Serres incarnait un optimisme inoxydable, permettant Ă  l’insomniaque, tordu par l’angoisse des lendemains incertains, de retrouver un sommeil de bĂ©bĂ©. Incontestablement les livres de Michel Serres auraient mĂ©ritĂ© un remboursement par la SĂ©curitĂ© Sociale, pour avoir contribuĂ© au comblement du trou comptable des antidĂ©presseurs.

Michel Serres.

Michel Serres.

Auxiliaire efficace des psychanalystes, freudiens, lacaniens, doltoĂŻdes ou autres, il dĂ©tendait son auditoire en lui donnant l’impression d’ĂȘtre subitement plus intelligent que la veille puisque, grĂące aux dĂ©cryptages lumineux du maĂźtre, il comprenait les concepts les plus obscurs.

Selon le principe que lorsque tout semble aller mal, en rĂ©alitĂ© tout va bien, Michel Serres devenait un auxiliaire Ă  tout gouvernement embourbĂ© dans ces marĂ©cages infranchissa­bles qui entravent inexorablement la marche du progrĂšs vers ces horizons prometteurs. Est-ce bien utile de rappeler que l’horizon est une ligne imaginaire qui recule lorsqu’on croit s’en approcher.

Par exemple, Michel Serres, de son accent du terroir a rassurĂ© les Ă©ducateurs de toute nature sur les bienfaits des tablettes et autres smartphones dans l’éducation des enfants. Mais que dire de la prĂ©dominance de leur utilisation ludique et de leur impact nĂ©gatif sur leur sociabilisation. Qu’importe, n’est-ce pas Ă  ce prix que des parents, encore dubitatifs, se sont sentis rassĂ©rĂ©nĂ©s.

De mĂȘme n’hĂ©sitait-il pas Ă  affirmer que jamais la planĂšte n’avait Ă©tĂ© aussi proche de la paix. Dormez-en paix, braves gens, de ce sommeil artificiel que les anesthĂ©sistes de la politique dĂ©clenchent avant les opĂ©rations les plus lourdes. Je ne sais pourquoi, il me revient soudainement le tube de 1935 des collĂ©giens de Ray Ventura « Tout va trĂšs bien, Madame la Marquise ».

En y rĂ©flĂ©chissant bien certaines de ses chroniques auraient pu tout aussi bien relever de ce que, dans les domaines militaires tactiques, depuis 1915 date de leur officialisation, les Ă©tats-majors qualifient d’opĂ©rations de camouflage. Michel Serres, chef de section de camouflage, lui qui avait servi dans « la Royale », un comble !

Et si, pour nos hommes politiques, le philosophe n’avait Ă©tĂ© que l’incarnation de cette lampe de poche qui permet de focaliser le regard vers une surface Ă©clairĂ©e restreinte pour mieux laisser subsister l’obscuritĂ© ambiante. La pile machin ne s’use que si l’on s’en Serres ! (il fallait oser la faire, mais je n’ai mĂȘme pas honte).

AcadĂ©micien français, Serres Ă©tait un dĂ©fenseur opiniĂątre de notre langue. Il est regrettable que dans les louanges qui lui ont Ă©tĂ© tressĂ©es, aucun de nos dirigeants n’ait eu l’audace de le citer sur ce sujet, lui qui s’insurgeait contre une pĂ©nĂ©tration linguistique mortifĂšre : « Il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation ».

Pour les rendre encore prĂ©sentables, la classe politique s’entĂȘte Ă  rapetasser les guenilles d’une Union EuropĂ©enne et d’une Ve RĂ©publique nĂ©cessiteuses. Elle devrait s’inspirer des prĂ©ceptes de Pierre Dac et de Michel Serres. Pour le premier « Rien ne sert de penser, faut rĂ©flĂ©chir avant ». Pour le second « Penser c’est inventer, pas imiter, ni copier. »

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Brun

NĂ© Ă  Souk Ahras, Jean-Pierre Brun a sillonnĂ© l’AlgĂ©rie. Il a rejoint l’ArmĂ©e SecrĂšte et s’est retrouvĂ© Ă  Paris au sein de l’OAS MĂ©tro Jeunes
 Il est l'auteur de plusieurs livres aux Ă©ditions Dualpha.

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