Avez-vous lu L’art de perdre, l’ouvrage d’Alice Zeniter « multicouronné » en 2017 ?

On ne peut que se rĂ©jouir du succĂšs de cette petite-fille de harki. Son parcours universitaire brillant (École Normale SupĂ©rieure) confirme que, aux Ăąmes bien nĂ©es, l’ascenseur social continue d’ouvrir ses grilles


L’art de perdre, l’ouvrage d’Alice Zeniter.

L’art de perdre, l’ouvrage d’Alice Zeniter.

Si l’ombre de Sylvie ThĂ©nault, la trĂšs militante historienne de la violence ordinaire dans l’AlgĂ©rie coloniale, imprĂšgne quelque peu la trame du rĂ©cit, il n’en demeure pas moins que la dĂ©monstration effectuĂ©e par l’auteur est non seulement irrĂ©futable mais plus encore, cinglante. Car si l’on ne peut dĂ©cemment qualifier d’art la technique qui a permis Ă  la France de perdre l’AlgĂ©rie, l’histoire de l’AlgĂ©rie d’aujourd’hui doit Ă©normĂ©ment Ă  cet art de perdre qui demande lui-mĂȘme une pratique quotidienne opiniĂątre.

Les moudjahidins de la guerre de libĂ©ration ont naĂŻvement perdu leurs illusions en constatant que leurs chefs les avaient privĂ©s d’une libertĂ© dont ils n’avaient d’ailleurs rien fait d’autre que fantasmer la signification. La Liberté ! Wa chkoun ? Qu’est-ce que c’est ?

Les Ă©lites intellectuelles ont savamment perdu les clĂ©s de cette dĂ©mocratie dont la seule expĂ©rience qu’ils en avaient Ă©tait celle de cette France qu’ils avaient rejetĂ©e. N’était-ce pas Ferhat Abbas qui demandait malicieusement quelques semaines aprĂšs l’indĂ©pendance, quel Ă©tait le mot arabe qui signifiait « anticonstitutionnellement » ?

Leurs compagnons de route, les porteurs de valises et autres pieds-rouges ont pour leur part servilement perdu une occasion de se taire lorsqu’ils ont quĂ©mandĂ© quelque reconnaissance auprĂšs de ceux dont ils avaient Ă©tĂ© les complices et qui dĂ©sormais les considĂ©raient au mieux comme des idiots utiles, au pire comme des renĂ©gats Ă  leur pays, la France.

Les paysans ont individuellement perdu le goĂ»t du travail collectif de la terre, victimes d’une rĂ©volution agraire socialiste donc inepte. Elle a ruinĂ© l’agriculture algĂ©rienne en moins de temps qu’il ne faut Ă  un nuage de sauterelles pour dĂ©vaster un champ de blĂ© dur des Hauts Plateaux.

Les fonctionnaires vertueux de l’économie du pays ont comptablement perdu tout espoir de contribuer au dĂ©veloppement du pays par le rĂ©investissement de la manne pĂ©trochimique. Ils ont assistĂ© bien au contraire Ă  l’épanouissement d’une Ă©conomie parallĂšle (le « trabendo ») et Ă  l’engraissement de particuliers pour lesquels le droit algĂ©rien ignore la notion mĂȘme de « l’enrichissement sans cause ».

Les gĂ©nĂ©rations de l’aprĂšs-guerre ont filialement perdu leurs illusions en dĂ©couvrant qu’à leur sortie du systĂšme scolaire et universitaire s’ouvrait devant eux le tunnel bĂ©ant de ce vertigineux « No future » importĂ© des USA pour la circonstance.

Amande sur le makroud (c’est en AlgĂ©rie l’équivalent de la cerise sur le gĂąteau), les autoritĂ©s viennent d’annoncer que les chutes de production du pĂ©trole et de son prix condamnaient l’État Ă  emprunter « à fond la caisse », sous peine de ne pouvoir faire face Ă  ses engagements. Quand on sait que le pays est tributaire de l’étranger pour 90 % de sa consommation intĂ©rieure, on peut trembler dans les familles algĂ©riennes, de Dunkerque jusqu’à Tamanrasset.

Et pendant ce temps, les barbus, mortifiĂ©s par leur Ă©chec des annĂ©es quatre-vingt-dix, sont persuadĂ©s de possĂ©der dĂ©sormais la maĂźtrise de ce fameux Art de gagner et le non moins fameux « SĂ©same » d’Ali qui, laissant leurs adversaires babas, leur ouvrirait les portes du pouvoir islamique.

Inch’Allah ! diront les uns. Mektoub ! diront les autres. Rien n’est moins sĂ»r que l’incertain, conclura le sage.

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