Il est devenu courant, depuis quelques annĂ©es, de psychiatriser les agissements des islamistes d’importation – c’est-Ă -dire ceux abondamment dĂ©versĂ©s par les courants migratoires encouragĂ©s et entretenus par les États europĂ©ens – non pas pour les stigmatiser mais, au contraire, pour les excuser et justifier aux yeux d’une opinion publique mĂ©fiante, des comportements de nature criminelle qui encourraient, en situation normale, un procĂšs suivi d’une condamnation pĂ©nale.

Management de la sauvagerie publié en 2004 et écrit par Abu Bakr Naji (Ars Magna).

Management de la sauvagerie publié en 2004 et écrit par Abu Bakr Naji (Ars Magna).

De la sorte, et prĂ©cisĂ©ment pour ne pas « amalgamer » l’auteur dudit comportement rĂ©prĂ©hensible avec le reste de la population musulmane dormante, le systĂšme politico-judiciaire prĂ©fĂšre l’isoler, quitte Ă  le dĂ©clarer irresponsable pĂ©nalement, et expliquer qu’il a Ă©tĂ© en proie Ă  une crise de delirium tremens ou autre manifestation d’une quelconque pathologie mentale.

En d’autres termes, il s’agit de dissocier toute entreprise criminelle pourtant commise au nom de l’islam et par des islamistes, d’une doctrine politique abusivement ravalĂ©e au rang de religion, au motif qu’elle serait pratiquĂ©e dans la paix et la tolĂ©rance par l’ensemble des mahomĂ©tans.

Cette dissociation permet aussitĂŽt la disculpation de ces derniers et, partant, interdit par avance toute discussion tendant Ă  Ă©mettre une critique, si lĂ©gĂšre soit-elle, sur le bien-fondĂ© d’une assertion rĂ©pĂ©tĂ©e en boucle sans aucune nuance et sur la base de « preuves » sujettes Ă  caution, aux termes de laquelle, en substance : « L’islam ne permet pas que l’on tue ; elle est une religion de paix et d’amour. »

Abu Bakr Naji.

Abu Bakr Naji.

La lecture instructive du Management de la sauvagerie publiĂ© en 2004 et Ă©crit par Abu Bakr Naji, alors chef de la propagande du rĂ©seau Al QaĂźda[1], serait Ă  mĂȘme, pour peu qu’ils s’en donnent la peine, de contribuer Ă  inflĂ©chir les jugements hĂątifs et paresseux des candides, sauf Ă  prĂ©ciser que l’ouvrage ne suffit pas Ă  soi seul et que la frĂ©quentation de livres – Ă  commencer par le Coran, lui-mĂȘme – complĂ©mentaires sur le sujet est aussi bien recommandĂ©e.

citation Abu Bakr Naji

C’est que Management de la sauvagerie : l’étape la plus critique que franchira l’Oumma – selon son titre complet – est avant tout un livre de stratĂ©gie militaire djihadiste, directement inspirĂ© de l’expĂ©rience des djihadistes d’Afghanistan, du Pakistan et d’autres thĂ©Ăątres d’opĂ©rations, notamment en Irak. En outre, le lecteur y verra que les djihadistes sont loin d’ĂȘtre « des aliĂ©nĂ©s mentaux ou des ĂȘtres primaires incapables de comprendre les subtilitĂ©s propres Ă  l’ĂȘtre humain » comme le souligne trĂšs justement Jean-Marc Lafon, blogueur hĂ©bergĂ© par MĂ©diapart (27 fĂ©vrier 2015).

Abu Bakr Naji commence par dĂ©finir la « sauvagerie » comme Ă©tant cet Ă©tat de chaos prĂ©cĂ©dant l’étape ultime de rĂ©tablissement du califat islamique.

Dans l’avertissement Ă  l’édition de 2007 publiĂ©e aux Éditions de Paris, il est prĂ©cisĂ© que la sauvagerie est la rĂ©sultante nĂ©cessaire – d’oĂč le sous-titre de « l’étape la plus critique » que doit franchir l’Oumma[2] – « d’une guerre planĂ©taire et terroriste ». « En propageant partout la peur, la mort, la haine, en frappant les alliĂ©s – musulmans et non-musulmans – des infidĂšles, en ruinant les Ă©conomies des puissances occidentales, se mettra en place une barbarie [
] que les djihadistes auront Ă  gĂ©rer. Et c’est de cette gestion (ce management en anglais), Ă©tape indispensable, qu’émergera le califat, la victoire d’Allah, le rĂšgne de l’Oumma. Les actions terroristes tous azimuts, explique – et veut dĂ©montrer – Abu Bakr Naji, crĂ©eront un tel sentiment d’insĂ©curitĂ© que des rĂ©gions entiĂšres, des rĂ©gions ‘‘barbares’’, des rĂ©gions ‘‘sauvages’’, seront abandonnĂ©es aux djihadistes qui s’appliqueront alors Ă  les gĂ©rer, appelĂ©s Ă  le faire – suppliĂ©s de le faire – par les populations (musulmanes mais aussi non-musulmanes) hĂ©bĂ©tĂ©es de terreur et avides d’un retour Ă  l’ordre. Une fois l’ordre islamique, l’ordre de la charia, rĂ©tabli, la marche vers le califat coulera de source ».

L’on voudra bien nous pardonner cette longue citation qui a le mĂ©rite de dĂ©finir clairement ce terme de « sauvagerie » Ă©galement substituable par celui de « barbarie » dans la traduction anglaise.

Son emploi, quasiment en contrepoint, qui lui confĂšre presque une valeur d’antithĂšse, est, en effet, conceptuellement incomprĂ©hensible, si l’on ne garde pas en tĂȘte ce qui constitue l’idĂ©e directrice du livre, Ă  savoir que la praxis islamiste – le djihadisme, Ă  proprement parler – est toute entiĂšre tournĂ©e vers la dĂ©stabilisation de l’ordre social et Ă©tatique occidental par le biais de l’ultra-violence terroriste.

 

Notes

[1] NĂ© en 1961, surnommĂ© « l’Egyptien », cet « auteur » collectif ou individualisĂ© Ă©crira sous d’autres pseudonymes comme celui de Mohammad Hassan Khalil al-Hakim alias AbuJihad al-Masri, des essais destinĂ©s Ă  fournir une assise thĂ©orique au djihadisme de combat. Il sera tuĂ© le 31 octobre 2008 par un drone amĂ©ricain au Waziristan (Nord-Pakistan), en octobre 2008.

[2] Dans l’islam qui ne reconnait aucune nation territoriale et historique, l’Oumma, soit la « communautĂ© des croyants » est la seule rĂ©alitĂ© temporelle et spirituelle qui soit.

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A propos de l'auteur

Aristide Leucate

Journaliste et essayiste, apporte rĂ©guliĂšrement sa contribution Ă  la presse d’information et d’opinion, de L’Action française 2000 Ă  Boulevard Voltaire. Conjuguant militantisme et rĂ©flexion politiques, il exerce des responsabilitĂ©s au sein d’un parti politique national. Il est l’auteur de trois essais (DĂ©tournement d’hĂ©ritages, prĂ©face de Pierre Hillard et La souverainetĂ© dans la nation, prĂ©face de Philippe Randa). et Dictionnaire du Grand Épuisement français et europĂ©en (PrĂ©face de Pierre Le Vigan).

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