Pierre Lellouche, dĂ©putĂ© du parti dit « rĂ©publicain » a rĂ©cemment publiĂ© une tribune dans Valeurs Actuelles sur le Brexit et les leçons qu’il nous faudrait tirer selon lui de l’avenir de l’Union EuropĂ©enne.

Pour ce dĂ©putĂ© « rĂ©publicain », ce ne serait pas seulement parce que l’Europe paye son fĂ©dĂ©ralisme, l’incompĂ©tence de sa bureaucratie et de ses institutions, mais aussi parce qu’elle aurait perdu de son substrat gĂ©opolitique. Un coup de balai sous le tapis sur ce qui dĂ©range, ne mange pas de pain.

Quid du substrat ? Ce serait de la faute Ă  l’histoire des peuples europĂ©ens, des consĂ©quences de la sĂ©paration de ces peuples, suite Ă  la guerre froide, au mur de Berlin, Ă  la glaciation des rapports des peuples de l’Ouest avec ceux des peuples de l’Est.

L’Europe s’est construite sur la base de peuples sĂ©parĂ©s, d’une Allemagne divisĂ©e. L’erreur, selon ma comprĂ©hension, serait de ne pas avoir pris en compte que les peuples nouvellement intĂ©grĂ©s (venus de l’Est) n’ont pas la culture soumise des peuples de l’Ouest. Ils ne sont pas prĂšs d’accepter une nouvelle URSS Ă  la sauce marchande et financiĂšre. J’ai presque envie de dire merci aux rĂ©sultats de cette URSS mortifĂšre d’avoir forgĂ© des peuples vaccinĂ©s contre la dictature.

Il confirme que les « pĂšres fondateurs », ceux que Philippe de Villiers appelle « les grands prĂȘtres de l’Europe », avaient voulu une Europe soutenue par 300 000 soldats amĂ©ricains, dans le cadre de la Pax America et sous la protection du parapluie nuclĂ©aire. VoilĂ  donc cette belle Europe, ah ! La belle affaire. L’Europe face Ă  l’URSS reste donc le but premier, y compris et surtout face Ă  la Russie de Vladimir Poutine. Un aveu de taille qui nous fait regarder avec un Ɠil inquiet, la volontĂ© de cette Europe sous l’OTAN et donc sous les ordres des États-Unis, d’encercler la Russie comme si celle-ci Ă©tait encore l’ancienne URSS. Demain, c’est la GĂ©orgie. Combien de temps la Russie acceptera-t-elle de se faire encercler ?

Nous pouvons dĂ©sormais ĂȘtre sĂ»rs que c’est bien la primautĂ© d’une dictature au service des États-Unis, dans le but d’asservir la Russie, qui continue Ă  ĂȘtre le but. La primautĂ© du pouvoir amĂ©ricain, seul et unique, alors mĂȘme que la Russie de Vladimir Poutine appelle Ă  un monde multipolaire.

Le Monde a changĂ© et les pays dit de l’Est, ne rĂ©pondent plus tout Ă  fait aux dirigeants de Bruxelles placĂ©s sous les ordres de l’OTAN. Non pas parce qu’ils ne craindraient pas la Russie, mais parce qu’ils refusent de jouer les supplĂ©tifs d’un pouvoir comme ils l’ont Ă©tĂ© autrefois avec l’URSS.

Le pouvoir de leurs dirigeants est d’essence dĂ©mocratique, bien plus que dans les pays de l’Ouest, bien plus qu’en France dont, souvenons-nous toujours, un Nicolas Sarkozy n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre Ă  la poubelle le rĂ©fĂ©rendum de 2005 pour faire avaler un traitĂ© de Lisbonne identique, mais votĂ© en CongrĂšs avec la complicitĂ© assassine des sĂ©nateurs et des DĂ©putĂ©s. Pierre Lellouche passe dessus sans s’attarder. Il est tout de mĂȘme curieux qu’un dĂ©putĂ© « oublie », en parlant de l’Union europĂ©enne, la part indigne que son parti a prise en se moquant d’un rĂ©fĂ©rendum.

Poursuivons
 Il voit trois dĂ©fis aujourd’hui et dans le futur : la dĂ©mographie africaine ; les mouvements migratoires ; la montĂ©e de l’islamisme.

Si son parti n’est en rien responsable de la dĂ©mographie africaine, il n’en est pas de mĂȘme pour le reste ! Ce sont bien les dĂ©cisions des dirigeants et acteurs politiques majeurs comme Nicolas Sarkozy et Alain JuppĂ© Ă  l’époque tous deux aux affaires, qui ont provoquĂ© le chaos en Lybie. Ce sont bien ces dirigeants qui, au lieu de calmer le jeu au Moyen-Orient, ont impliquĂ© la France dans un conflit qui a, aujourd’hui, des rĂ©percussions Ă  travers les attentats terroristes. Les responsables socialistes avec François Hollande, ont aggravĂ© la situation en cherchant Ă  bombarder la Syrie.

Pierre Lellouche Ă©crit sans creuser les responsabilitĂ©s sur le fait que l’Europe et le Moyen-Orient forment dĂ©sormais un seul et unique thĂ©Ăątre gĂ©opolitique. À qui la faute Monsieur Lellouche si le monde musulman est durablement dĂ©stabilisĂ© par le totalitarisme islamique ?

  • Qui a fait assassiner les dictateurs nationalistes qui tenaient leurs peuples en main ?
  • Qui a fait croire que la dĂ©mocratie occidentale pouvait s’exporter dans des pays musulmans oĂč la force est naturellement la loi de Dieu depuis la nuit des temps et particuliĂšrement depuis Mahomet ?
  • Utopie d’incultes politico-religieuse ou volontĂ© de mettre la main sur les ressources pĂ©troliĂšres ?

Pierre Lellouche craint un effondrement de l’Union europĂ©enne et considĂšre que ce n’est pas moins d’Europe qu’il faudrait, mais encore plus et Ă  la carte. Une sorte de nouvelle Europe rĂ©duite Ă  des États prĂȘts Ă  se « fĂ©dĂ©raliser » sur des bases fiscales, sociales, et Ă©conomiques. Donc, une « nouvelle Europe » du commerce, des banques et de la finance, mais en plus petit, en Ă©vacuant les rĂ©calcitrants en quelque sorte. Ils deviendront des États liĂ©s par une union douaniĂšre et quelques traitĂ©s dans un deuxiĂšme cercle voire, un troisiĂšme.

En clair, ce dĂ©putĂ© fait comme si son parti n’était en rien responsable comme nous l’avons vu.

Comme si, depuis quarante ans, lui et ses amis n’avaient pas votĂ©, approuvĂ©, sollicitĂ©, applaudi l’élargissement de l’Europe, quasi validĂ© l’entrĂ©e de la Turquie, et apprĂ©ciĂ© cette Union europĂ©enne sous domination amĂ©ricaine. Pierre Lellouche aurait-il oubliĂ© la volontĂ© de Nicolas Sarkozy d’intĂ©grer le commandement de l’OTAN ?

Comme si, lui et ses amis de droite et de gauche ayant partagĂ© le pouvoir depuis quarante ans, ne faisaient que prendre acte d’une situation oĂč ils ne seraient en rien responsables et encore moins coupables.

Que conclure devant cette rĂ©action effarante ? Ce n’est pas moi, c’est l’autre. VoilĂ  des femmes et des hommes qui ont Ă©tĂ© Ă©lus depuis des annĂ©es par le peuple de France, et qui affirment trĂšs tranquillement qu’en tant qu’élus du peuple, ils n’ont jamais Ă©tĂ© acteurs de rien, ne savaient rien
 Par contre, aprĂšs coup, ils s’autorisent Ă  donner des leçons de maintien au petit peuple.

Si l’Union europĂ©enne doit s’effondrer, il est inutile de vouloir reconstruire la mĂȘme Europe en plus petit. Ce qu’il faut, c’est une Europe des Nations qui inclue la Russie sur la base d’un partenariat clair et des Ă©changes pacifiques. Bien loin de cette Europe aux ordres de l’AmĂ©rique et de l’OTAN. Loin de sa volontĂ© d’hĂ©gĂ©monie sur l’ensemble de l’Europe.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’une femme, oĂč d’un homme, qui dise NON Ă  cette Europe ! Qui puisse dire NON Ă  l’OTAN, et surtout OUI Ă  l’Europe des cultures aux racines judĂ©o-chrĂ©tiennes. Une Europe des nations souveraines et indĂ©pendantes.

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Philippe Randa,
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