Six mois, il va falloir encore tenir six mois jusqu’à l’expiration du mandat d’un PrĂ©sident contestĂ© sinon dĂ©testĂ©, sans aucune garantie de vivre, au bout, l’ivresse d’une vĂ©ritable libĂ©ration nationale. Jamais dans l’histoire de la RĂ©publique française, chef de l’État n’avait Ă©tĂ© autant rejetĂ© par une majoritĂ© de citoyens.

De sondages en sondages – mĂȘme si, parfois, il faut les prendre avec des pincettes – la cote de popularitĂ© de François Hollande s’effondrait, Ă  un point tel que ses « amis » ont exercĂ© les pressions suffisantes pour l’amener Ă  renoncer Ă  se porter candidat Ă  un deuxiĂšme mandat. D’ailleurs, pouvait-il prendre le risque d’une course dans des primaires oĂč il risquait d’ĂȘtre devancĂ© par l’un de ses anciens ministres, suprĂȘme humiliation avant une dĂ©faite inĂ©luctable au soir du dimanche 23 avril 2017 ?

Le 7e PrĂ©sident de la Ve RĂ©publique s’est flinguĂ© lui-mĂȘme. Le personnage, apparemment, n’était pas taillĂ© pour la fonction, mĂȘme si l’allure physique, critiquable, ne constitue pas le reproche principal (encore que, souvenons-nous de l’attitude grotesque du personnage le jour de sa premiĂšre visite Ă  la ChanceliĂšre allemande, lorsqu’il passait en revue la garde d’honneur de la Bundeswehr, ou de son discours prononcĂ© sous la pluie, Ă  l’üle de Sein ! Ce n’était pas lĂ  l’attitude d’un VRAI chef de l’État
).

Odieux le personnage ? Nous savons depuis le discours d’un certain MarĂ©chal de France, que les Français « ont la mĂ©moire courte ». Rappelons-nous alors le message peu galant, mais public de François Hollande lorsqu’il « rĂ©pudia » la favorite qui se vengea, d’ailleurs, avec fĂ©rocitĂ© ou encore de sa dĂ©cision de se joindre Ă  l’embargo « punissant » la Russie pour l’annexion de la CrimĂ©e qui n’eut pour effet que de priver nos chantiers navals de nouveaux marchĂ©s militaires crĂ©dibles, et nos agriculteurs de juteuses exportations.

Odieuse la dĂ©cision de ne pas sanctionner Dame SĂ©golĂšne pour ses inqualifiables propos sur le tyrannique rĂ©gime cubain, odieux aussi le mĂ©pris affichĂ© d’une majoritĂ© de Français excĂ©dĂ©s par « l’affaire LĂ©onarda ».

Et que dire du feu vert donnĂ© Ă  une proposition de loi liberticide livrant aux juges les opposants Ă  l’avortement ? (On aurait pu supposer, dans un geste d’équitĂ©, pareille mesure pour ses partisans, non ?).

Oui, odieuses toutes ces attitudes auxquelles il faudrait ajouter des manquements graves ou des erreurs de jugement dans la gestion des crises, comme celle de la lutte antiterroriste : le 14 juillet de cette annĂ©e, la compagnie de CRS qui manquait sur la promenade des Anglais Ă©tait Ă  Avignon oĂč, paraĂźt-il, François festoyait avec la nouvelle favorite en compagnie du directeur d’un festival rĂ©puté 

Et, autre polĂ©mique, nous pourrions ajouter la question de savoir pourquoi les militaires affectĂ©s Ă  la protection de la capitale dont une petite escouade patrouillait Ă  proximitĂ© du Bataclan, ont refusĂ© leur coopĂ©ration Ă  la police au prĂ©texte que les soldats ne pouvaient intervenir sans ordres ou se dĂ©partir de leurs armes automatiques dont les « bleus » sont chichement dotĂ©s ? (EnquĂȘte parlementaire).

Les assassinats ciblĂ©s commis au siĂšge de Charlie Hebdo n’auraient donc finalement servi qu’à faire mousser l’ÉlysĂ©e sur le plan international, avec son dĂ©filĂ© parisien de chefs d’États ou de gouvernements ? Des mesures avaient Ă©tĂ© prises, certes, comme l’application de l’état d’urgence, mais pas Ă  la hauteur des menaces comme nous le constaterons en novembre 2015.

Le ministre de l’intĂ©rieur au sĂ©rieux et sĂ©vĂšre look d’un notaire de province, devenu depuis quelques heures le nouveau Chef du gouvernement, aurait-il mal apprĂ©ciĂ© la menace en ne faisant pas appel Ă  son collĂšgue de la dĂ©fense pour coordonner l’usage de l’ouverture du feu avec leurs troupes respectives ? Toujours est-il que celui qui nomme les hommes, les Ă©value et les jauge, est le responsable suprĂȘme. Pas les exĂ©cutants.

Si le PrĂ©sident amĂ©ricain Reagan, excellent communiquant, qui ne passait pas pour un gestionnaire affairĂ©, a si bien rĂ©ussi dans ses deux mandats, c’est qu’il avait su bien s’entourer. Et puis, est-ce bien le rĂŽle d’un homme d’État de s’épancher dans la presse, de livrer ses Ă©tats d’ñme, de porter des jugements cruels sur ses subordonnĂ©s ou, pire, de rĂ©vĂ©ler quelques petits secrets sur la gravitĂ© de certains choix ?

Est-il bon pour l’image de marque du locataire provisoire du Faubourg Saint-HonorĂ©, de se faire photographier nuitamment, sur un scooter, se rendant chez sa maĂźtresse Ă  deux pas du Palais de l’ÉlysĂ©e ? Grotesque encore !

Grotesque restera dans l’histoire, hĂ©las pour lui, l’image de cet homme, pourtant trĂšs intelligent, brillamment diplĂŽmĂ©, plus Ă  l’aise pour naviguer entre les courants parsemĂ©s d’écueils du Parti Socialiste qu’à la barre du navire de l’État.

Le suffrage universel est redoutable. Il nous donne la possibilitĂ©, apparente, de choisir celui qui sera couronnĂ© roi, sans que nous sachions Ă  l’avance la soliditĂ© de ses convictions, la maĂźtrise de ses nerfs, la hauteur et la profondeur de sa vision de l’avenir. Nous ne jugeons que des bateleurs d’estrades.

Cette Ă©lection prĂ©sidentielle a tout d’une sorte de concours de « Miss France » qui serait politique, un Ă©puisant show mĂ©diatique Ă©talĂ© sur plusieurs mois Ă  l’issue duquel le « bon » numĂ©ro serait tiré 

Enfin consolons-nous, en l’espace de deux ou trois semaines un trio nĂ©gatif d’hommes publics a Ă©tĂ© dĂ©gagé : Sarkozy va pouvoir retourner Ă  ses confĂ©rences, JuppĂ© se consacrer Ă  sa belle ville de Bordeaux et Hollande jouir des ors de la RĂ©publique pendant, environ, 200 jours, une interminable agonie.

Se parant des vertus et des avantages de la constitution, Il peut dire encore comme Madame Du Barry qui s’adressait sur l’échafaud Ă  son exĂ©cuteur : « Encore un instant Monsieur le bourreau. »

Et Madame Trierweiler, en sonnant le glas de son quinquennat, pourrait lui prĂȘter le titre de son ouvrage, « Merci pour ce moment » 

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