Monsieur le Président,

L’un de vos prĂ©dĂ©cesseurs, François Mitterrand, dont on connaĂźt davantage l’intelligence que les vertus, a pu dire : « AprĂšs Chirac, n’importe qui peut ĂȘtre prĂ©sident de la RĂ©publique », et celui-lĂ  dont vous fĂ»tes ministre, a largement fait valoir le propos. Cela cependant devait vous servir, car effectivement, aprĂšs Monsieur Hollande, les Français ne savaient plus Ă  quel Saint se vouer.

 

Emmanuel Macron, le 14 juillet 2017.

Emmanuel Macron, le 14 juillet 2017.

Or si peut-ĂȘtre vous n’ĂȘtes pas un saint, les Ă©lecteurs ont jugĂ© que vous n’aviez pas eu le temps de vous corrompre en traitant des affaires hollandiennes. Ils vous ont donc fait confiance, un peu comme on espĂšre le gros lot en jouant Ă  la Loterie.

Vous avez fait d’emblĂ©e quelques erreurs de jeunesse, semble-t-il, mais vous ĂȘtes Ă  l’ñge ou l’on peut encore apprendre. Et puis, le mensonge politique est un Ă©lĂ©ment pratique, sinon moral, de la stratĂ©gie rĂ©publicaine.

Ainsi, avez-vous assurĂ© au prĂ©sident actuel de l’AlgĂ©rie, que nous avions commis, en le colonisant, un crime contre l’humanitĂ©. Pourtant, tout le monde sait, sauf les marxistes, qu’en occupant la colonie turque du Maghreb en 1830, nous avions rĂ©ussi, lĂ  ou avait Ă©chouĂ© Charles-Quint, Ă  dĂ©truire ce nid de forbans qui, depuis deux siĂšcles avait castrĂ© des milliers de jeunes ChrĂ©tiens, razziĂ©s sur nos cĂŽtes mĂ©diterranĂ©ennes, et jetĂ© des milliers de jeunes filles dans les harems de l’islam. Mais si j’en crois quantitĂ© de bons rĂ©publicains, l’islam est compatible avec les valeurs de la RĂ©publique. Ce qui est parfaitement vrai, Ă  condition que la rĂ©publique soit islamique.

Je crois cependant que si vous ĂȘtes obligĂ© de ruser avec la chienlit islamophile, vous n’ĂȘtes point dupe de vos propos de circonstance, et que peut-ĂȘtre, un jour proche, vous Ă©tant libĂ©rĂ© de ces capitulards, pourrez-vous, Ă  l’exemple des juifs qui ne cessent de rĂ©clamer rĂ©paration pour l’holocauste de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, rĂ©clamer Ă  « L’organisation de la CoopĂ©ration Islamique », les dommages affĂ©rents Ă  l’immensitĂ© des crimes mahomĂ©tans. Il est en effet, dans l’inhumanitĂ©, assez peu d’entreprises monstrueuses de cette envergure.

Vous avez commis ensuite une deuxiĂšme erreur en « recadrant » le gĂ©nĂ©ral de Villiers qui, justement, n’était pas sorti de son cadre ! Cependant, vous avez assez vite reconnu que vous aviez cĂ©dĂ© Ă  un mouvement d’humeur, et vous avez su prononcer ensuite un Ă©loge de ce gĂ©nĂ©ral qui avait eu l’extrĂȘme correction de ne point dĂ©missionner le 14 juillet, afin de ne point entacher gravement la cĂ©rĂ©monie. Les Français ont ainsi pu reconnaĂźtre que vous Ă©tiez capable de vous reprendre. Dont acte !

Mais ce qui motive cette seconde lettre, Monsieur le PrĂ©sident, c’est que le ministre Christophe Castaner vous a immĂ©diatement dĂ©savouĂ© en accusant de dĂ©loyautĂ© le gĂ©nĂ©ral de Villiers. Certes, Monsieur Castaner n’est qu’une Ă©minente ganache, dont le visage de Ganelon peut laisser supposer des infamies hĂ©rĂ©ditaires, ce qui attĂ©nuerait sa responsabilitĂ©, mais enfin ! comme il est le porte-parole du gouvernement, et que vous l’avez nommĂ© Ă  cette tache, ça fait dĂ©sordre. Sans doute peut-on mettre plutĂŽt cette erreur sur le compte de votre Premier ministre, qui tient beaucoup plus du bĂ©casseau que de l’aigle. Mais celui-lĂ  non plus vous n’aurez aucune difficultĂ© Ă  le remplacer aprĂšs usage, par un opportuniste de mĂȘme niveau.

J’ai tout Ă  fait conscience, Monsieur le PrĂ©sident, que pour accĂ©der au Pouvoir dans l’intĂ©rĂȘt du pays, il vous a fallu admettre quelques compromissions, comme d’offrir des siĂšges (heureusement Ă©jectables !) Ă  quelques politiciens combinards qu’il vous fallait neutraliser.

Je ne doute pas que, dans un second temps, vous ayez le souci de vous en dĂ©barrasser, afin de rendre sa dignitĂ© Ă  la fonction ministĂ©rielle. Il est d’ailleurs remarquable, que la justice, qui si longtemps ne voulut point s’apercevoir des trafics Ă©lectoraux, se soit rĂ©veillĂ©e dĂšs votre candidature, et cela jusqu’à amener la dĂ©mission de quelques notables qui ne vous servaient qu’avec l’intention de se servir. J’admire la Providence qui vous assiste. On savait certes qu’elle Ă©crit tout droit par des chemins courbes. Mais qu’elle vous gouverne ne diminue point vos qualitĂ©s propres : quand on n’est pas Jupiter, il faut se faire semblable si l’on peut, Ă  « L’Ulysse aux mille ruses » 

Ceci dit, je pense que la ganache susnommĂ©e, qui fit preuve d’imbĂ©cillitĂ© dans l’arrivisme, doit ĂȘtre, elle, recadrĂ©e d’urgence. Et comme en rĂ©publique les compĂ©tences naissent de la fonction, ce qui est le contraire dans la sociĂ©tĂ© laborieuse, il me semble qu’un poste de dĂ©lĂ©guĂ© culturel en terre AdĂ©lie, conviendrait Ă  son recyclage : les manchots ont besoin d’un proche Ă©chaudĂ© pour Ă©voluer.

Je me permets, Monsieur le PrĂ©sident, d’ajouter une remarque sur le dossier des restrictions budgĂ©taires Ă  notre armĂ©e qui ont provoquĂ© quelques remous. Madame le Ministre des armĂ©es, qui est subtile, nous a assurĂ©s que les 850 millions d’économies n’auront aucun impact en 2017 sur le fonctionnement de notre armĂ©e : cela signifie, Ă  mon sens, que si l’on manque de cartouches, l’on pourra toujours monter Ă  l’assaut Ă  la baĂŻonnette avec la mĂȘme efficacitĂ©. Moi, je n’ai pas appris cela Ă  Saint-Maixent. En sus, voila qu’avec des moyens non rĂ©duits, le gĂ©nĂ©ral Desportes vient d’affirmer que nous Ă©tions « en train de perdre la guerre au Sahel. »

Mais, bien sĂ»r, pour justifier le « dĂ©sengagement » que pourrait nous imposer le manque d’armes, il suffira de dire, que nous Ă©tions en train d’y commettre le crime colonial contre l’humanitĂ©.

Croyant vous ĂȘtre utile en vous disant ce que je crois percevoir des rĂ©actions populaires autour de moi, je vous prie de croire, Monsieur le PrĂ©sident, Ă  mes sentiments dĂ©fĂ©rents et dĂ©vouĂ©s.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Alexis Arette

PrĂ©sident FĂ©dĂ©ral de la Jeunesse Agricole catholique a 18 ans, titulaire de nombreux prix de poĂ©sie, Combattant vo­lon­taire en Indochine. EmprisonnĂ© pour cause d’« AlgĂ©rie Française », il le sera Ă  nouveau, en tant que PrĂ©sident National de la FĂ©dĂ©ration Française de l’Agriculture, pour s’opposer Ă  la mise en ser­vi­tude des paysans français. Auteur de nombreux livres d'histoire, de poĂ©sie et sur la religion.

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