Natacha Polony, Ă©crivain et journaliste, est dĂ©sormais la directrice de la rĂ©daction de l’hebdomadaire Marianne, autrefois dirigĂ© par Jean-François Kahn. Lionel Baland l’a interrogĂ©e pour EurolibertĂ©s.

Marianne

Avez-vous eu à subir la censure au sein des divers médias auxquels vous avez contribué ?

Non, je n’ai jamais Ă©tĂ© victime de censure, jamais. J’ai toujours pu, lĂ  oĂč j’étais, Ă©crire ce que je voulais et si j’avais l’impression de ne pas avoir suffisamment de libertĂ©, je partais. Je ne peux pas considĂ©rer que j’ai Ă©tĂ© censurĂ©e et je ne me suis jamais plainte de cela, dans la mesure oĂč j’ai bĂ©nĂ©ficiĂ© du fait que les propos que je tenais Ă©taient audibles et pouvaient ĂȘtre Ă©coutĂ©s par des auditeurs qui les apprĂ©ciaient. Je pense que nous sommes face Ă  des mĂ©dias qui fonctionnent Ă  l’audimat. Donc, c’est finalement l’onction du peuple des auditeurs qui permet justement de dĂ©passer les diffĂ©rentes frayeurs.

La censure existe assez peu dans les mĂ©dias. Il existe beaucoup d’autocensure, mais pas de la censure. Je n’ai jamais eu un rĂ©dacteur en chef qui m’a interdit d’écrire ce que je voulais. J’ai bĂ©nĂ©ficiĂ© ensuite, lorsque j’avais une certaine notoriĂ©tĂ©, d’une libertĂ© absolue. J’ai passĂ© sept ans Ă  rĂ©diger une chronique au Figaro et j’écrivais ce que je voulais. Personne ne m’a jamais critiquĂ©e. Pourtant, mes chroniques n’étaient pas forcĂ©ment dans la ligne du Figaro.

Je pense surtout que ce qui tue les mĂ©dias, c’est l’autocensure et l’entre-soi, c’est le fait que les journalistes parlent aux autres journalistes et font attention Ă  ce que les autres journalistes vont penser d’eux quand ils Ă©crivent.

Si les journalistes reprenaient leur libertĂ© et en usaient, car la libertĂ© s’use quand on ne s’en sert pas, eh bien le lien pourrait se recrĂ©er avec le peuple.

Avez-vous plus de libertĂ© chez Marianne qu’ailleurs ?

Chez Marianne, je dirige la rĂ©daction et donc c’est moi qui dĂ©cide ce qu’on Ă©crit. Je pense que certaines Unes que nous avons faites sont une preuve de libertĂ©. Par exemple, sur le rapport de la Cour des comptes sur la Fondation Louis Vuitton et la façon dont cette fondation a utilisĂ© sous prĂ©texte de mĂ©cĂ©nat l’argent public.

D’ailleurs cela n’a Ă©tĂ© repris par aucun de nos confrĂšres. Pourtant, c’était un scoop. Justement parce que nous avons la libertĂ© d’écrire cela. Nous avons de la chance, dans un sens, dans notre malheur : nous n’avons pas de publicitĂ© et donc, on ne peut pas nous la retirer. Les annonceurs ne peuvent pas exercer ce chantage sur nous.

De mĂȘme, nous avons fait la une sur Lactalis et son Ă©vasion fiscale, sur les problĂšmes de salmonelles,
 Vous voyez, la libertĂ© existe. Elle n’existe pas partout. On ne peut pas toujours l’exercer forcĂ©ment, mais Ă  Marianne justement nous Ɠuvrons, non seulement pour une libertĂ© vis-Ă -vis des grands groupes industriels, mais aussi pour soutenir ceux qui font du bien au pays tout en nous confrontant Ă  ceux dont nous estimons qu’ils font du tort au pays et en les affrontant. Et puis, nous essayons aussi de dire le plus honnĂȘtement possible ce qui est ; nous avons Ă©tĂ© attaquĂ©s par nos confrĂšres lorsque nous avons osĂ© parler de l’immigration.

Jean-François Kahn, lorsqu’il Ă©tait Ă  la tĂȘte de Marianne, a dĂ» affronter des problĂšmes financiers Ă  la suite du manque de publicitĂ©. Il existe donc une forme de censure exercĂ©e par des acteurs financiers qui refusent de donner de la publicitĂ© Ă  Marianne.

Ce n’est pas de la censure, mais une forme d’étouffoir qui est liĂ©e au modĂšle Ă©conomique de la presse. Mais Jean-François Kahn a prouvĂ© qu’il pouvait faire vivre un journal sans la publicitĂ©. Il l’a fait et Marianne a rĂ©ussi. C’est quelque chose, en effet, d’exceptionnel. C’est trĂšs difficile, mais il faut maintenir cette libertĂ©. Ce qui fait la force d’un mĂ©dia, ce sont ses lecteurs. On est indĂ©pendant de la publicitĂ© lorsqu’on a des lecteurs. C’est ce qui arrivĂ© Ă  Marianne lorsque Jean-François Kahn a rĂ©ussi Ă  l’imposer dans le paysage mĂ©diatique. Peut-ĂȘtre Marianne a-t-elle, Ă  un moment donnĂ©, perdu un peu de ses lecteurs et de son identitĂ©, n’a pas su prĂ©server cette ligne qu’avait voulu mettre en place Jean-François Kahn.

J’estime que mon rĂŽle est que Marianne redevienne cette espĂšce d’OVNI du paysage mĂ©diatique, avec Ă  la fois une libertĂ© de ton et de pensĂ©e. Je considĂšre qu’il y a un public pour cela et nous voulons nous adresser Ă  ces personnes.

La censure judiciaire existe aussi, par exemple Ă  l’encontre d’écrivains tels qu’Éric Zemmour et d’autres, qui ont des dĂ©mĂȘlĂ©s avec la justice.

C’est en effet un combat pied Ă  pied, qui est portĂ© aujourd’hui par des associations sur le plan judiciaire. Il y a aussi un combat Ă  mener. On voit que Georges Bensoussan, par exemple, a Ă©tĂ© traĂźnĂ© devant les tribunaux (cliquez ici).

C’est absolument scandaleux. Il a Ă©tĂ© blanchi. Il a Ă©tĂ© relaxĂ©. Tant mieux. Mais en effet, c’est Ă©prouvant et c’est une forme de combat que doivent conduire des associations. C’est une pression qui est exercĂ©e et certains osent l’affronter.

L’exemple de Georges Bensoussan est un des plus parlant qui soit car c’est un historien dont le travail prouve Ă  quel point il est absolument insoupçonnable de quoi que ce soit. Je pense que tous les mĂ©dias doivent le soutenir.

Elisabeth Sabbatich-Wolff a Ă©tĂ© condamnĂ©e en Autriche, pour avoir dĂ©clarĂ© devant un parterre restreint de personnes que Mahomet peut ĂȘtre qualifiĂ© de pĂ©dophile car il a eu une relation sexuelle avec AĂŻcha lorsque celle-ci avait neuf ou dix ans. Cette dĂ©cision judiciaire a Ă©tĂ© confirmĂ©e Ă  divers niveaux de l’appareil judiciaire autrichien et finalement par la Cour EuropĂ©enne des Droits de l’Homme, dont sont membres la quasi-totalitĂ© des États du continent europĂ©en. Nous sommes donc face Ă  une Ă©volution judiciaire. (cliquez ici).

Le rĂŽle de la Cour EuropĂ©enne des Droits de l’Homme relĂšve d’une question de bataille culturelle. Nous devons mener la bataille culturelle. Nous devons nous opposer Ă  des instances mondialistes qui essayent de nous imposer une vision du monde.

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