Dans une rĂ©cente chronique, Richard Dessens s’interrogeait sur le sens que recouvre le mot « dĂ©mocratique » tel qu’il est le plus souvent utilisĂ©, notamment dans le domaine de l’information et de la communication.

Pour ma part, l’expĂ©rience aidant, il m’arrive, selon mon humeur, d’aller l’extraire du placard des accessoires « farces et attrapes » ou de l’armoire de substances vĂ©nĂ©neuses Ă  mettre hors de portĂ©e de politiciens aussi ambitieux que dĂ©pourvus de scrupules.

Le 5 juillet 1962, ma province natale devenait cette RĂ©publique algĂ©rienne dĂ©mocratique et populaire qu’elle est encore.

À ce jour, l’AlgĂ©rien dont l’humour inaltĂ©rable est plus que jamais la politesse du dĂ©sespoir, ne manque pas de rappeler qu’il faut croire « bessif » en des lendemains meilleurs et en un avenir enfin dĂ©gagĂ© puisque, comme chacun le sait, « l’horizon dĂ©mocratique est une ligne imaginaire qui recule quand tu avances ».

Si l’Enfer est pavĂ© de bonnes intentions, le planisphĂšre est cloutĂ© de rĂ©publiques aussi dĂ©mocratiques que populaires.

Enfer pave bonnes intentions,

L’Afrique constitue un parc naturel de dĂ©mocraties flamboyantes, aux greffes sauvages les plus inattendues. Qui pouvait imaginer la mĂ©tamorphose constitutionnelle de la RĂ©publique centrafricaine, Ă©laguĂ©e par un pĂ©piniĂ©riste autodidacte, le capitaine Bokassa devenu, Ă  grands coups de machette faut-il le prĂ©ciser, un trĂšs original empereur-diamantaire. Et que dire de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo Ă  la ramure enchevĂȘtrĂ©e, torturĂ©e, taillĂ©e dans le vif par un arboriculteur amateur passionnĂ©, garçon-boucher de formation, le trĂšs crĂ©atif Mobutu.

À l’autre bout du monde, le Kampuchea dĂ©mocratique du botaniste Pol Pot ne manquait pas d’originalitĂ©. Cet Ă©cologiste philanthrope qui voulait le bonheur des Cambodgiens, malgrĂ© eux, avait repris Ă  son compte le constat irrĂ©futable de Jean-Louis Auguste Commerson prĂ©conisant la construction des villes Ă  la campagne oĂč la chlorophylle est la plus vivifiante. L’incomprĂ©hension de citadins butĂ©s refusant de reconnaĂźtre les bienfaits d’une telle hygiĂšne sylvestre, devait coĂ»ter la vie Ă  un million et demi d’entre eux.

En Europe, l’exemple le plus savoureux de ces savantes greffes fruitiĂšres reste la RĂ©publique DĂ©mocratique Allemande. Ses secrets ont longtemps Ă©tĂ© jalousement gardĂ©s par les pĂ©piniĂ©ristes et les distillateurs de la Stasi dont les subtilitĂ©s des schnaps au mĂ©thanol et des vodkas au glycol n’étaient plus Ă  vanter.

Les dĂ©lices conjuguĂ©s d’une dĂ©mocratie charpentĂ©e et d’un liant populaire particuliĂšrement long en bouche, suscitĂšrent une telle convoitise chez leurs voisins de la RFA, que les autoritĂ©s de Berlin-Est durent Ă©difier un mur mitoyen pour se protĂ©ger de leur intrusion.

En AmĂ©rique latine, rĂ©gion oĂč la culture intensive du coup d’État prĂ©domine, la prudence des prĂ©tendants au pouvoir les incite parfois Ă  une prĂ©caution sĂ©mantique que justifie peut-ĂȘtre l’Ɠil prĂ©dateur du pygargue amĂ©ricain aussi acĂ©rĂ© que son bec. C’est ainsi que la RĂ©publique VĂ©nĂ©zuĂ©lienne des Chavez et Maduro, malgrĂ© les apparences, ne s’affiche ni dĂ©mocratique, ni populaire. Elle se contente benoĂźtement d’ĂȘtre bolivarienne. Ça ne mange ni cachapas, ni empanadas (lĂ -bas la baguette de pain est introuvable) mais ça rassure.

La RĂ©publique populaire dĂ©mocratique de CorĂ©e constitue encore aujourd’hui l’avatar le plus abouti de cette dĂ©mocratie que redoutait Platon. Pour l’AthĂ©nien Ă  l’humour dĂ©capant mais difficilement comprĂ©hensible, elle ne pouvait que glisser vers la dĂ©magogie, clĂ© de toutes les portes ouvrant sur la tyrannie (espĂ©rons que Kim Jong ne lira pas cette chronique, sinon nous ne serions pas Ă  l’abri de ses missiles).

VoilĂ  pourquoi, lorsque j’entends le qualificatif « dĂ©mocratique », je reste prudemment confinĂ©, avant mĂȘme d’avoir pris connaissance des recommandations d’Édouard Macron et d’Emmanuel Philippe et du jugement impartial de Salomon.

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