Il y eut la Renaissance. Il y eut la RĂ©volution. Il y a, dĂ©sormais, le fascisme et le communisme. Le XXe siĂšcle aura façonnĂ©, pour longtemps, le nouveau visage de l’histoire des idĂ©es en lui donnant, tel Janus, une apparence binaire. C’est bien simple, les idĂ©es du Mal sont portĂ©es par le fascisme, celles du Bien par le communisme. L’affaire est entendue.

Paul SĂ©rant

Paul SĂ©rant

Certes, d’aucuns objecteront que l’un et l’autre ont Ă©tĂ© refoulĂ©s dans les poubelles de l’histoire. Pourtant, symboliquement, le langage courant continue de charrier ces anciennes rĂ©fĂ©rences, preuve qu’elles ont marquĂ© durablement et universellement de leur empreinte idĂ©ologique les mentalitĂ©s, de 1930 Ă  nos jours. Grosso modo, tout ce qui se situe Ă  la droite de la droite rĂ©publicaine et parlementaire, est taxĂ© de fascisme, donc rĂ©pudiĂ© et dĂ©monisĂ© d’emblĂ©e quand ceux qui se rĂ©clament des grands ancĂȘtres du communisme ou du socialisme utopique sont bienveillamment classĂ©s Ă  gauche, c’est-Ă -dire soumis Ă  un rĂ©gime de grande tolĂ©rance sous bĂ©nĂ©fice d’inventaire. Pour le dire autrement et rapidement, s’opposer au « grand remplacement » est de nature fasciste, agressive et belligĂšne, tandis que vanter les bienfaits de l’ouverture et du mĂ©tissage est automatiquement couvert du sceau pacificateur de l’humanisme et d’une anthropologie inclusive.

On s’est aperçu, Ă  l’usage de ce manichĂ©isme quelque peu simplificateur pour ne pas dire simpliste, qu’il conduisait tout dĂ©bat critique dans l’impasse de l’invective – au mieux – ou de l’ostracisme – au pire. Ce faisant, s’il n’a jamais masquĂ© la dimension antifasciste du communisme et de ses avatars, Ă  tout le moins et logiquement s’est-il systĂ©matiquement refusĂ© d’apprĂ©hender le fascisme pour ce qu’il a Ă©tĂ©, en France en tout cas, soit une esthĂ©tique, voire un « romantisme ».

L’on saura grĂ© aux Ă©ditions Pierre-Guillaume de Roux d’avoir eu le courage de rĂ©Ă©diter Le Romantisme fasciste de Paul SĂ©rant – dont Alain de Benoist dresse la bibliographie en fin de volume –, agrĂ©mentĂ© d’une Ă©clairante prĂ©face de l’historien Olivier Dard et augmentĂ© d’une brĂšve mais sublime « Introduction Ă  l’histoire de la littĂ©rature ‘‘fasciste’’ » de Jean Turlais, critique littĂ©raire – il fut l’un des fondateurs de La Table ronde –, milicien repenti ayant hĂ©roĂŻquement trouvĂ© la mort en 1945 alors qu’il combattait dans la 2e DB en Alsace.

Le Romantisme fasciste de Paul SĂ©rant (Éditions Pierre-Guillaume de Roux).

Le Romantisme fasciste de Paul SĂ©rant (Éditions Pierre-Guillaume de Roux).

Sous-titrĂ© « Étude sur l’Ɠuvre politique de quelques Ă©crivains français », Le Romantisme fasciste brosse le portrait littĂ©raire de six destinĂ©es individuelles ayant cru jusqu’aux vaccins des cruelles dĂ©sillusions, Ă  l’avĂšnement prochain du fascisme qui promettait de recouvrir l’Europe de son aube immense et rouge, salubre, salvatrice et rĂ©gĂ©nĂ©ratrice. Brasillach, Bonnard, CĂ©line, ChĂąteaubriant, Drieu La Rochelle et Rebatet, tous collaborationnistes Ă  des degrĂ©s divers, sont allĂšgrement convoquĂ©s, non Ă  la barre d’un Ă©niĂšme tribunal politique, mais au vernissage de soufre, de fougue et de fiĂšvre d’une exposition, unique en son genre, de leur Ă©popĂ©e intellectuelle, politique, littĂ©raire et journalistique.

Nul mieux que ce sextuor[1], n’aura su personnifier ce fascisme Ă  la française[2], soit, comme l’écrit si justement Jean Turlais, « une conception subjective du monde et de la vie, une morale. C’est surtout une esthĂ©tique. Il rĂ©side tout entier dans une certaine attitude de l’homme, une certaine maniĂšre de regarder les choses. »

Et cette « maniĂšre de regarder les choses » est sublimĂ©e par une vision romantique que Brasillach associe Ă  l’énergie de la jeunesse. Dans ÉlĂ©ments, François Bousquet insiste particuliĂšrement sur ce point, tout en mettant en exergue les limites aporĂ©tiques d’une idiosyncrasie qui s’avĂ©rera aussi Ă©vanescente que tragique : « le fascisme romantique a Ă©tĂ© le grand mythe de la jeunesse, bien plus que le communisme. Raison pour laquelle c’est un objet politique qui a mal vieilli. Car la jeunesse n’a pas seulement Ă©tĂ© la condition nĂ©cessaire du fascisme, elle en a Ă©tĂ© la condition suffisante. De cause efficiente, la voici donc Ă©levĂ©e au rang de cause finale. »

Notes

(1) Excepté Céline, individualiste antidémocrate et anticommuniste bien plus monomaniaque et obsessionnel que fasciné par une quelconque aurore nouvelle.

(2) Drieu La Rochelle dĂ©fendra l’origine culturellement française du fascisme : « pas une idĂ©e du fascisme qui n’ait Ă©tĂ© tracĂ©e par un Ă©crivain français des derniers cinquante ans. Seulement, les idĂ©es françaises ne pouvaient plus passer dans la rĂ©alitĂ©. De sorte que les Italiens, les Allemands, qui ont sorti l’idĂ©e et l’acte en mĂȘme, sont bien les crĂ©ateurs de la politique du siĂšcle », La Gerbe, 14 novembre 1940.

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