S’il est un ouvrage traitant de la guerre d’AlgĂ©rie qu’il convient de distinguer pour son originalitĂ© c’est bien celui de Paul Margolis. Avec cette simplicitĂ©, cette sincĂ©ritĂ© qui caractĂ©risent les gens sans complexes, il nous narre ce que furent ses tribulations de jeune homme idĂ©aliste se dĂ©battant dans les sautes et les rafales du vent de la dĂ©colonisation. DĂ©tail important que le lecteur dĂ©couvre au long des pages : l’auteur a noirci trĂšs tĂŽt des carnets de notes devenus au grĂ© des Ă©vĂ©nements un vĂ©ritable journal de marche.

"Sept ans avec les Harkis" de Paul Margolis, Alias Boualam (Éd. Dualpha).

« Sept ans avec les Harkis » de Paul Margolis, Alias Boualam (Éd. Dualpha).

Ouvrage original sur une carriĂšre atypique, c’est le moins que l’on puisse dire. VĂ©ritable FrĂ©goli au patriotisme exacerbĂ© par les lĂąchetĂ©s et les compromissions des « importants » de son temps, Paul Margolis n’a cessĂ© de courir sous des uniformes variĂ©s aprĂšs une maĂźtresse bien capricieuse : la gloire des armes. Elle lui a trop souvent posĂ© des lapins, d’ailleurs plus souvent de garenne que d’élevage.

Chasseur d’Afrique, puis spahi marocain, il essaye de percer les piĂšges du labyrinthe souvent mortel qui conduit Ă  la fin du protectorat. Frais Ă©moulu de l’École de police d’Ifrane, il est versĂ© dans la Police chĂ©rifienne. C’est pour lui l’occasion de goĂ»ter aux parfums trop subtils de l’indĂ©pendance dans l’interdĂ©pendance.

Rapatrié dans la métropole de sa petite enfance, il se voit affecté comme officier de police adjoint dans des quartiers déjà mis en coupe réglée par des proxénÚtes et trafiquants nord-africains qui ne vont pas tarder à louer leurs sévices aux indépendantistes de toute obédience.

C’est alors qu’il prend conscience qu’une chasse implacable des terroristes n’est pas la meilleure façon d’ĂȘtre dans les petits papiers de sa hiĂ©rarchie. Celle-ci est rendue trĂšs prudente du fait d’une politique gouvernementale incertaine et d’une presse d’opinion particuliĂšrement bienveillante Ă  l’égard du gibier traquĂ©. C’est encore pour lui l’occasion de dĂ©couvrir parmi ses chefs, des suppĂŽts avĂ©rĂ©s de la rĂ©bellion, laissant volontairement au vestiaire leur faucille et leur marteau pour ne pas blesser de malheureux forçats de la faim algĂ©riens.

ÉcƓurĂ© par le laxisme ambiant, le jeune Margolis obtient sa mutation en AlgĂ©rie. Il dĂ©barque Ă  Constantine en janvier 1958 avant d’ĂȘtre affectĂ© Ă  Biskra, aux portes du dĂ©sert. Toujours Ă  la marge des consignes reçues, chien policier reconverti en cochon truffier, il renifle volontiers les souilles rebelles et s’attire curieusement la sympathie de familles musulmanes mises en coupe rĂ©glĂ©e par leurs « libĂ©rateurs » autoproclamĂ©s. Il vit quotidiennement les pires horreurs du FLN infligĂ©es aux populations musulmanes, au point de conclure que l’ALN ne fait rien d’autre que de lutter contre son propre peuple.

La police n’offre dĂ©cidĂ©ment pas les moyens les plus efficaces pour venir Ă  bout de la rĂ©bellion. Nouveau changement de dĂ©cor Ă  vue sur la vaste scĂšne des opĂ©rations : Il abandonne de nouveau le costume contre le treillis d’un commando de chasse. Il fouille alors les coins les plus pourris du secteur de Constantine pour lever des rebelles dĂ©jĂ  sur la dĂ©fensive, au profit des lĂ©gionnaires et des parachutistes qui achĂšvent le travail. Son engagement arrivant Ă  son terme, il se reconvertit comme sergent dans un Groupe Mobile de SĂ©curitĂ© pour ĂȘtre encore plus prĂšs des populations musulmanes qu’il a appris Ă  aimer passionnĂ©ment. PassionnĂ©ment, oui ! Paul Margolis ne fait, semble-t-il, jamais les choses Ă  moitiĂ©.

Le sĂ©isme de mars 1962 fracasse cet idĂ©al fraternel qu’il croyait avoir frĂŽlĂ© sinon atteint.

« Si tu crois en ton destin, si tu crois aux lendemains, alors faut pas hĂ©siter, prends ton sac et viens sauter  » C’est ce que nous chantions en ce dĂ©but des annĂ©es soixante. Oui, nous allions sauter, mais pour rouler-bouler dans quoi ? C’est ce que nous ne savions pas. Paul Margolis pas plus que nous.

Sept ans avec les harkis, Paul Margolis (Dualpha, 529 pages, 37 euros). Pour commander de livre, cliquez ici.

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