Henri IV avait passĂ© trente-cinq ans de sa vie Ă  guerroyer, et non sans talent. En 1598, le traitĂ© de Vervins mit fin aux guerres extĂ©rieures. Toutefois, en 1600, le roi s’offrit une petite guerre qui lui permit de chiper au duc de Savoie ses possessions au-delĂ  du RhĂŽne : la Bresse, le Bugey et le pays de Gex.

Puis l’occasion se prĂ©senta de reprendre la guerre contre l’Autriche, mets plus dĂ©lectable, pour un roi de France, que n’importe quelle poule au pot. En 1609, les duchĂ©s de ClĂšves et de Juliers Ă©tant devenus vacants, l’empereur, leur suzerain, dĂ©sirait leur donner des titulaires catholiques. Mais Henri IV estima prĂ©fĂ©rable de les attribuer Ă  des protestants. Il fit donc de grands prĂ©paratifs militaires financĂ©s, comme de juste, par un alourdissement des impĂŽts.

VoilĂ  qui n’était pour corriger l’impopularitĂ© du roi. La reine Ă©tait furieuse de la lĂ©gitimation des bĂątards de son mari, l’édit de Nantes Ă©tait loin de donner toute satisfaction, et les bruits de bottes et ferraille rĂ©veillĂšrent les suspicions des anciens ligueurs : bref, personne n’aimait plus Henri IV. C’est alors qu’un dĂ©sĂ©quilibrĂ© nommĂ© Ravaillac le poignarda dans son carrosse, le 14 mai 1610.

Ce mot de « dĂ©sĂ©quilibré » sert aujourd’hui Ă  qualifier les auteurs de crimes dont on ne veut pas nommer les motifs. Or, dans les crimes politiques, la personnalitĂ© du meurtrier est moins intĂ©ressante que la maniĂšre dont on le juge. Tout d’abord, les gardes durent empĂȘcher des hommes armĂ©s de tuer Ravaillac sur-le-champ.

Le duc d’Epernon cria : « Ne le tuez pas ! » et l’emmena Ă  l’hĂŽtel de Retz, oĂč il passa deux jours, puis Ă  l’hĂŽtel d’Epernon, d’oĂč il fut enfin transfĂ©rĂ© Ă  la Conciergerie. LĂ , le procĂšs, bouclĂ© en dix jours, conclut que le meurtrier avait agi seul. Promptitude si remarquable qu’on peut se demander si le but n’était pas de le faire taire, en dĂ©pit des moyens qu’on avait de le faire parler.

Il y eut une vingtaine de complots contre Henri IV. Ravaillac n’avait pas cachĂ© son intention de tuer le roi, qu’il avait tentĂ© plusieurs fois de rencontrer. S’était-on servi de lui ? Deux fois, dans les premiers jours de mai, la nouvelle de la mort du roi fut propagĂ©e. S’agissait-il de tentatives avortĂ©es ?

Ni l’hostilitĂ© du clergĂ©, ni celle du parlement, ni les dissensions au sein mĂȘme du conseil du roi n’avaient pu flĂ©chir la volontĂ© de celui-ci. Les canons Ă©taient dĂ©jĂ  en route. C’est que la guerre n’était pas le seul jeu favori du roi, grand lecteur de roman de chevalerie (c’est l’époque de la parution de Don Quichotte).

À cinquante-sept ans, il en pinçait pour Charlotte de Montmorency, ĂągĂ©e de seize ans. Il l’avait fait marier au prince de CondĂ©, premier prince du sang. Mais, loin de se montrer complaisant, ce mari avait trouvĂ© refuge en province, oĂč le vieux roi avait suivi sa belle sous plusieurs dĂ©guisements ! Le duc avait fini par se mettre sous la protection du roi d’Espagne Ă  Bruxelles.

À la mort du roi, CondĂ© rentra en France, oĂč il fut comblĂ© de grĂąces par la rĂ©gente. Qui avait Ă©tĂ© couronnĂ©e le 13 mai, veille mĂȘme de la mort du roi.

Les catholiques, les Habsbourg, la reine
 en somme, tout le monde pouvait souhaiter la mort du roi. Mais, avec ou sans complot, Ravaillac a sauvĂ© la France et l’Europe d’une nouvelle guerre.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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