L’image posthume du « bon roi Henri » fait oublier que ce roi fut, de son vivant, fort impopulaire, tout comme son ministre le duc de Sully. Celui-ci, qui Ă©tait protestant, ce qui Ă©tait normal pour un vieux compagnon du roi de Navarre, est connu pour son fameux adage : « Labourage et pĂąturage sont les deux mamelles de la France », qui prĂ©figure un slogan non moins cĂ©lĂšbre : « La terre ne ment pas. »

Sully, en effet, tenait l’industrie en suspicion, ce qui mĂ©rite d’ĂȘtre soulignĂ© car les lecteurs inattentifs de l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme de Weber tiennent pour acquis que les catholiques seraient indolents et arriĂ©rĂ©s, tandis que les protestants, actifs et Ă©clairĂ©s, auraient apportĂ© au monde Ă  peu prĂšs tout ce qu’il lui fallait pour entrer enfin dans la modernitĂ©.

C’est Henri IV lui-mĂȘme qui favorisa l’industrie ou, pour mieux dire, s’y intĂ©ressa. Et il semble que ni les longues annĂ©es qu’il avait passĂ©es Ă  guerroyer, ni sa qualitĂ© de protestant plus ou moins repenti ne l’avaient rendu compĂ©tent en Ă©conomie, car il prit toutes les mesures nĂ©cessaires pour ruiner ce qu’il souhaitait dĂ©velopper. Les recettes pour y parvenir sont connues et toujours en usage : contrĂŽle des prix et des salaires, obligation d’adhĂ©rer Ă  des corporations, et enfin mesures protectionnistes dont le principal effet fut de stimuler la contrebande. DĂšs la mort du roi, des rĂ©voltes Ă©clatĂšrent pour rĂ©clamer la libertĂ© du travail, revendication qui sera aussi au menu des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de 1614.

Henri IV, qui se convertit deux fois, se maria aussi deux fois. Ce qui n’est pas Ă©tonnant pour ce « vert galant » qui souhaitait que chaque paysan puisse mettre « la poule au pot tous les dimanches », et faisait lui-mĂȘme passer Ă  la casserole toutes les poules qui passaient Ă  sa portĂ©e. Son mariage (stĂ©rile) avec Marguerite de Valois ayant Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© nul, il Ă©pousa en 1599 Marie de MĂ©dicis. Nouvelle mĂ©salliance pour la famille royale, et commise pour la mĂȘme raison que la premiĂšre : l’argent. Ce qui valut Ă  la nouvelle reine le surnom de « la banquiĂšre ».

Mais cette mĂ©salliance de raison avait failli ĂȘtre remplacĂ©e par une autre, commandĂ©e par la passion : Henri IV avait Ă©tĂ© sur le point d’épouser sa maĂźtresse, Gabrielle d’EstrĂ©es, qui lui avait donnĂ© un fils naturel, le duc de VendĂŽme (celui qu’il plaça plus tard sur le siĂšge Ă©piscopal de Metz). Mais Gabrielle d’EstrĂ©es Ă©tait morte, sans quoi celui que les ligueurs avaient surnommĂ© « le grand bĂątard de France » (qui vĂ©cut jusqu’en 1665), lĂ©gitimĂ© par ce mariage, aurait bien pu devenir roi.

En tout cas, il fut fait duc et pair en 1598, Ă  la grande fureur de la reine et aussi du dauphin. Une derniĂšre Ă©tape fut franchie quand le duc de VendĂŽme et ses frĂšres furent lĂ©gitimĂ©s en 1610. Par cet acte, les bĂątards du roi prenaient le pas sur les pairs. Car, en 1560, Catherine de MĂ©dicis avait donnĂ© aux princes du sang la prĂ©sĂ©ance sur les pairs de France, ce qui Ă©tait un moyen comme un autre de faire oublier l’origine Ă©lective de la monarchie.

Cette lĂ©gitimation avait pour but de garantir l’avenir de ces enfants, car, en 1610, Henri IV s’apprĂȘtait Ă  livrer de nouveau la France aux hasards de la guerre. Il en fut empĂȘchĂ©, comme on le sait.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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