Le 7 janvier 1957 alors que le terrorisme ensanglante le territoire algĂ©rien et que les bombes explosent dans Alger, devant les insuffisances de moyens dont dispose la police, le gĂ©nĂ©ral Massu, commandant la 10e division parachutiste, est placĂ© Ă  la tĂȘte des forces de l’armĂ©e et de la police Ă  Alger.

Commence alors la « Bataille d’Alger » qui, menĂ©e « avec des mĂ©thodes qui s’embarrassent peu des garanties lĂ©gales normalement accordĂ©es Ă  des prisonniers », va aboutir au dĂ©mantĂšlement de l’organisation terroriste.

La fin justifierait-elle les moyens ? Une situation exceptionnelle imposerait-elle le recours Ă  des juridictions d’exception ? Des informations concernant ces pratiques ne manquent pas de troubler un monde d’intellectuels qui dĂ©fend avant tout la justice et prĂŽne le respect des droits de l’individu avant toute considĂ©ration de salut public.

La question retrouve toute son acuitĂ© en 1960 quand sont constituĂ©es, pour neutraliser et juger les rebelles de l’AlgĂ©rie française, les polices parallĂšles, le Haut Tribunal militaire, la Cour Militaire de Justice, la Cour de SĂ»retĂ© de l’État et rĂ©tablie, le 4 juin de la mĂȘme annĂ©e 1960, la peine de mort pour raison politique abolie depuis 1848. (Curieusement les intellectuels prĂ©citĂ©s ne trouvent rien Ă  redire Ă  ces initiatives pourtant Ă  la marge de la Constitution).

La Bataille d'Alger. Un policier abattu par un tueur du FLN.

La Bataille d’Alger. Un policier abattu par un tueur du FLN.

Avec l’attentat contre Charlie hebdo les compositeurs islamistes dĂ©livrent au public les premiĂšres mesures de leur « Concerto pour un massacre » dont les mouvements se succĂšdent dans une dramaturgie pour le moins incontrĂŽlable.

Une rafale de questions « interpellent » l’opinion publique. La police dispose-t-elle de moyens suffisants ? Les juges ont-ils pleinement conscience du contexte spĂ©cifique dans lequel ils doivent trancher ? Pire, le pouvoir judiciaire ne serait-il pas devenu le pouvoir de juges idĂ©ologues ? Mais il ne s’agit surtout pas de succomber au piĂšge de l’amalgame.

Pourtant, le 30 aoĂ»t 2012, la sĂ©natrice socialiste Samia Ghali, Ă©lue dans les Bouches du RhĂŽne, avait dĂ©jĂ  prĂ©conisĂ©, pour rĂ©tablir la paix dans les zones de non droit, le recours Ă  l’armĂ©e et le rĂ©tablissement du service militaire. Cela ne vous rappelle rien ?

Aujourd’hui des Ă©lus, chaque jour plus nombreux et de toute appartenance, souhaitent que, compte-tenu de l’aggravation de la situation, le monde protĂ©iforme des islamistes radicaux soit dĂ©sormais passible de tribunaux d‘exception. On parle mĂȘme d’internement administratif comme aux heures les plus sombres de notre histoire. Bigre !

Cerise amĂšre sur le gĂąteau, on apprend par un sondage publiĂ© le 21 juin 2016 que 54 % des Français considĂšrent comme justifiĂ© qu’un policier envoie des dĂ©charges Ă©lectriques sur une personne soupçonnĂ©e d’avoir posĂ© une bombe prĂȘte Ă  exploser. À l’écoute de cette information « inattendue », Bigeard a dĂ» faire un saut carpĂ© dans l’au-delĂ  pour retomber sur le rĂąble du non-violent gĂ©nĂ©ral de la BollardiĂšre naguĂšre contempteur de la « Bataille d’Alger » et des mĂ©thodes employĂ©es.

Non, dĂ©cidĂ©ment, l’Histoire ne se rĂ©pĂšte pas. Elle se contente de repasser les plats.

Mais qu’importe ! Ce dĂ©bat est aujourd’hui on ne peut plus virtuel ! En effet, comment nos maĂźtres bruxellois au sein de la Cour EuropĂ©enne de Justice pourraient-ils ne pas sanctionner de telles Ă©lucubrations aussi rĂ©galiennes qu’hexagonales ? À moins que
 Non, n’insistez pas, je n’en dirai pas plus.

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