L’histoire de France prĂ©sente toujours les ennemis du roi et, en l’occurrence, ceux de Richelieu, comme des traĂźtres. On oublie toujours que les « complots » (car toute opposition est sĂ©ditieuse) ont parfois d’autres motifs que l’intĂ©rĂȘt, la bĂȘtise et la mĂ©chancetĂ©. Trois « qualitĂ©s » dont les souverains ne sont, du reste, pas exempts.

 

Les complots qui avaient visĂ© Richelieu, notamment lors de la journĂ©e des dupes de 1630, avaient eu pour but d’empĂȘcher le cardinal d’entraĂźner la France dans une guerre de Trente Ans qui, sans l’intervention française, n’aurait pas durĂ© si longtemps. Qui s’est agitĂ© durant la Fronde ? La noblesse et le parlement, autrement dit, ceux qui font les guerres, et ceux qui les paient. N’avaient-ils vraiment pas leur mot Ă  dire ? N’était-il pas Ă©trange qu’un prince de l’Église entre en guerre au cĂŽtĂ© des princes protestants en rĂ©volte contre l’empereur, au moment mĂȘme oĂč celui-ci Ă©tait en butte aux attaques ottomanes ? Et que se serait-il passĂ© si cette digue avait cĂ©dé ? N’oublions pas qu’à l’époque, l’empire et la France avaient une frontiĂšre commune.

Quoi qu’il en soit, la France avait fini par imposer Ă  l’empereur le traitĂ© de Westphalie, qui stipulait que la couronne impĂ©riale resterait Ă©lective et consacrait le principe cujus regio, ejus religio.

Mais les principes ne sont pas tout. Le traitĂ© permettait aussi Ă  la France de conserver ses larcins passĂ©s : les trois Ă©vĂȘchĂ©s, parce qu’ils parlaient français ; et une partie de l’Alsace, bien qu’elle parlĂąt allemand. En outre, les dispositions concernant une Allemagne plus morcelĂ©e et donc plus vulnĂ©rable que jamais Ă©taient placĂ©es sous la garantie des puissances signataires. VoilĂ  qui donnera au roi de France, toujours plein d’une tendre sollicitude envers ses voisins, l’occasion de se mĂȘler des affaires de l’empire sous prĂ©texte de dĂ©fendre les « libertĂ©s germaniques ». On ne rit pas !

Les germes des prochaines guerres sont ainsi semĂ©s. Et comme le parlement est dorĂ©navant muselĂ© et que les Ă©tats gĂ©nĂ©raux sont tombĂ©s dans l’oubli, plus rien ne freinera l’appĂ©tit fiscal de l’état pour financer tout ça. Il ne faudra pas moins de quatre guerres pour dĂ©faire ce que, tout de mĂȘme, le traitĂ© de Westphalie consacrait : la France Ă©tait devenue la premiĂšre puissance d’Europe.

Du moins le fut-elle aprĂšs le traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es, qui ne fut signĂ© avec l’Espagne que dix ans plus tard, en 1659. L’une des clauses en Ă©tait que le roi de France Ă©pouserait l’infante d’Espagne. Ce qui sera, lĂ  encore, l’occasion d’une nouvelle guerre.

Et le roi, dans tout ça ? Pendant que Mazarin nĂ©gocie les traitĂ©s, il grandit en Ăąge, en taille et en orgueil. En 1655, il s’irrite d’apprendre que le parlement ergote sur les Ă©dits qu’il a enregistrĂ©s trois semaines plus tĂŽt. Il dĂ©boule en pleine sĂ©ance, en tenue de chasse, et gronde les magistrats en ces termes : « Chacun sait combien vos assemblĂ©es ont excitĂ© de troubles dans mon État. » On a rĂ©sumĂ© cette sortie par la formule : « L’État, c’est moi », mais on aurait peut-ĂȘtre dĂ» la rĂ©sumer ainsi : « L’État, c’est Ă  moi ! » Et, comme tous les enfants gĂątĂ©s, Louis XIV n’aime pas prĂȘter ses jouets.

Louis XIV.

Louis XIV.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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