En 1506, les Ă©tats gĂ©nĂ©raux de Tours dĂ©cernĂšrent Ă  Louis XII le titre de « pĂšre du peuple ». Qu’avait-il fait pour mĂ©riter cet honneur ? Tout le contraire de ses prĂ©dĂ©cesseurs. Il avait notamment fait baisser d’un quart le montant de la taille.

Avant mĂȘme cet acte qui parut si original aux contemporains (et qui laisse rĂȘveur le citoyen d’aujourd’hui), il s’était signalĂ© par sa magnanimitĂ©, dĂ©clarant : « Le roi ne venge pas les injures faites au duc d’OrlĂ©ans. »

Il maintint par exemple son vieil adversaire La TrĂ©moĂŻlle dans toutes ses dignitĂ©s, en lui recommandant de se montrer aussi loyal envers lui qu’envers son prĂ©dĂ©cesseur.

Il faut rappeler que Louis XI, qui Ă©tait un sacrĂ© farceur, lui avait fait Ă©pouser en 1476 sa fille Jeanne, qui Ă©tait manifestement inapte Ă  lui donner une descendance. Il aurait glissĂ© Ă  l’un de ses confidents : « Les enfants qu’ils auront ensemble ne leur coĂ»teront point cher Ă  nourrir. »

Travailler à l’extinction de sa propre dynastie, de la part d’un roi qui avait vu mourir cinq de ses huit enfants et ne laissait qu’un seul fils, est une chose assez curieuse.

Quoi qu’il en soit, ce mariage fut reçu par le duc d’OrlĂ©ans comme un affront et, Ă  peine montĂ© sur le trĂŽne, Louis XII fit annuler ce mariage, restĂ© en effet stĂ©rile au bout de douze ans, pour Ă©pouser Anne de Bretagne (1499). Celle-ci demeurait seule duchesse de Bretagne et le traitĂ© prĂ©servait l’indĂ©pendance du duchĂ© (qui devait revenir au deuxiĂšme enfant, mĂąle ou femelle). VoilĂ  qui illustre la volontĂ© du nouveau roi de cesser d’empiĂ©ter sur les droits de ses vassaux (ça ne durera pas : le traitĂ© sera foulĂ© aux pieds ensuite). Le roi exigea des juges une parfaite impartialitĂ©, ce dont on peut dĂ©duire qu’elle manquait auparavant. Enfin, il disciplina l’armĂ©e qui, si supĂ©rieure qu’elle fĂ»t Ă  l’armĂ©e fĂ©odale, se croyait permise de piller les paysans. Ça valait bien un petit merci.

Mais, on s’en doute, les Ă©tats ne s’étaient pas rĂ©unis rien que pour ça. Il s’agissait de valider le traitĂ© de Blois, signĂ© deux ans plus tĂŽt, en vue du mariage de Claude, fille unique du roi. Et avec qui, s’il vous plaĂźt ? Avec l’archiduc Charles, qui n’était autre que le futur Charles Quint. Or, ce traitĂ© accordait une dot qui comprenait les duchĂ©s de Milan et de Bretagne, Ă  peine acquis, GĂȘnes, Asti, la Bourgogne fraĂźchement dĂ©robĂ©e aux Habsbourg eux-mĂȘmes, et mĂȘme le comtĂ© de Blois !

Ce qui apparaĂźt comme un dĂ©membrement du royaume, une victoire posthume de Charles le TĂ©mĂ©raire, un retour Ă  une situation analogue Ă  celle qui avait provoquĂ© la guerre de Cent Ans, le roi l’envisageait d’un cƓur lĂ©ger. On en conclut que la prĂ©valence de la souverainetĂ© sur la suzerainetĂ© Ă©tait, pour le deuxiĂšme successeur de Louis XI, loin d’ĂȘtre encore une Ă©vidence. Ni pour le duc de Valois, hĂ©ritier de la couronne, qui a lui aussi signĂ© le traitĂ©.

Toutefois, le roi s’étant rendu compte que ce mariage n’était pas une bonne idĂ©e, fit appel aux Ă©tats gĂ©nĂ©raux pour dĂ©noncer le traitĂ© et conclure le mariage de la fille du roi avec le duc de Valois (le futur François Ier). Ce qu’ils firent. Et le chanoine Bricot, chargĂ© de s’adresser au roi, loin de dĂ©rouler la longue suite de dolĂ©ances portĂ©e d’habitude par les États GĂ©nĂ©raux, profita de l’occasion pour le prier d’accepter le titre de « pĂšre du peuple ».

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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